DE LA RACE ROUGE
Caractères généraux. Les peuples de la race rouge, plus connus sous le nom d5 Indiens d’Amérique, se rapprochent de la race jaune par leurs cheveux généralement noirs ? rudes et gros, par leur barbe rare, par leur teint, qui varie du jaune au rouge
On appelle aussi cette race américaine , parce qu’elle formait presque toute la population de l’Amérique lorsque les Européens s’établirent dans cette partie de la terre; mais cette dénomination est actuellement sujette à induire en erreur, attendu que les Européens , qui forment maintenant la majeure partie de la population de l’Amérique , et surtout les Anglais des États-Unis, ont, pour ainsi dire, accaparé le nom à’ Américains , et désignent généralement les peuples de la race rouge par le nom à’ Indiens , qui leur a été donné par les Espagnols , lorsqu’ils abordèrent en Amérique, à la fin du 15.e siècle, sous la conduite de Christophe Colomb, parce qu’ils croyaient arriver dans l’Inde des anciens. Du reste, la dénomination de race rouge est aussi fort défectueuse; car une grande
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de cuivre; mais, d’un autre coté, leur nez très-saillant, leurs yeux grands et ouverts, rappellent la race blanche. Leur front est très-déprimé, mais la partie postérieure de leur crâne est plus volumineuse, les orbites de leurs yeux plus larges que dans aucune autre race, et M. Flourens a observé dans leur peau un appareil particulier qui est le siège de la couleur, et qui ne se trouve pas dans la race blanche. Ces peuples sont en
partie des peuples rangés dans cette race n’ont absolument rien de rouge dans leur couleur, et peut-être que les Européens n’auraient pas pensé à donner le nom de peaux rouges aux Indiens du nord , qui sont les plus cuivrés, sans l’habitude qu’ont ces peuples de se peindre en rouge. J’ai cru toutefois devoir continuer à me servir de la dénomination de race rouge, d’abord parce qu’elle s’associe mieux que toute autre avec celles de races blanche, jaune, brune et noire, ensuite parce que toutes les autres qui ont été proposées ne me paraissent pas meilleures, et enfui parce que je ne puis voir dans ce groupe qu’une de ces associations imparfaites qu’on laisse dans les classifications naturelles, en attendant qu’on puisse leur substituer quelque chose de meilleur.
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général hospitaliers et généreux , mais cruels , implacables dans leurs ressentiments, et se faisant la guerre pour les motifs les plus frivoles. Deux d’entre eux, les Astèques ou anciens Mexicains , et les Quichuens ou anciens Péruviens, avaient fondé des empires considérables et atteint un certain degré de civilisation, bien inférieure toutefois à celle des Européens; mais depuis la destruction de ces empires par les Espagnols au commencement du 16.e siècle, les Indiens qui se sont soumis aux Européens s’élèvent rarement au-dessus de la qualité de cultivateurs ou d’artisans, tandis que ceux qui ont conservé leur indépendance sont en général des peuplades sauvages qui errent dans les forêts et les savanes , vivent des produits de leurs chasses et de leurs pêches, tiennent leurs femmes dans le plus grand état d’abjection, et les chargent de tous les ouvrages pénibles. Certaines tribus font des sacrifices humains à leurs idoles et dévorent leurs prisonniers. 11 est a remarquer que les Indiens, qui étaient
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déjà fixes et cultivateurs lors de l’arrivée des Espagnols, ont été promptement soumis par ceux-ci; mais que depuis lors on n’est pour ainsi dire plus parvenu à en soumettre , ceux qui 11e pouvaient arrêter les progrès des Européens préférant en général se retirer dans de nouvelles solitudes plutôt que de prendre les usages des peuples policés. Du reste, la population indienne, du moins celle des peuples restés sauvages , paraît diminuer journellement, surtout dans le nord, et ce résultat semble devoir être attribué aux ravages de la petite vérole et à la passion de ces peuples pour l’eau-de-vie, plus encore qu’à leurs guerres continuelles.1
' L’origine des Indiens d’Amérique et la détermination de leurs rapports avec les races bien prononcées sont des questions qui ont beaucoup occupé les ethnographes , sans qu’ils soient parvenus à une solution satisfaisante. Car, si l’on n’a pu rapporter les Indiens à l’une des autres races, ni meme y voir le résultat du mélange de ces dernières, on 11’a pas pu davantage y reconnaître un type bien déterminé. D’un autre coté, les grandes
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Division en rameaux. Comme on est à peu près dépourvu de renseignements sur l’histoire des Indiens antérieurement au I5.c siècle, on ne connaît pas leur filiation. D’un autre côté , le nombre de leurs langues est si considérable , que M. Balbi en comptait
différences que présentent leurs diverses peuplades annoncent le résultat de nombreux croisements, tandis que l’état de civilisation qu’avaient atteint les Astèques et les Quichuens, lorsque les Européens y abordèrent, dans le 15.e siècle; l’opinion traditionnelle généralement reçue parmi eux que les fondateurs de leurs empires étaient venus du dehors; l’existence, dans d’autres parties de l’Amérique septentrionale, de ruines qui annoncent une civilisation au moins aussi avancée que celle des Astèques et des Quichuens, et dont les sauvages qui habitaient sur les lieux, à l’arrivée des Européens, n’avaient aucun souvenir, sont autant de circonstances qui annoncent que des hommes civilisés se sont introduits en Amérique , dans les temps anciens, et y ont trouvé une ou plusieurs races moins aptes à la civilisation, qu’ils ont en partie soumis à leur pouvoir, mais avec lesquelles ils se sont mêlés, ce qui leur a fait perdre leurs caractères particuliers et les a mis dans le cas de voir successivement
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plus de quatre cents, si peu étudiées, que la plupart n’avaient pu être réunies en familles. Enfin, les distinctions naturelles sont extrêmement variables, de sorte que l’on s’entend encore moins sur la classification de ces peuples que sur celle des autres races. Tou-
restreindre leur pouvoir politique et leur aptitude pour la civilisation. Si Ton se demande ensuite à quelle race appartenaient ces hommes civilisés , on pourra remarquer en premier lieu que les Indiens d’Amérique se rapprochent plus , en général , des peuples de la race jaune que de ceux des races blanche et noire ; et , en second lieu , que les traditions des Astèques, d’accord avec les monuments, annoncent que les conquérants sont venus du nord , direction dans laquelle l’Amérique est à peu près en contact avec l’Asie; de sorte qu’il est fort probable que ces conquérants appartenaient à la race jaune. Quant à la population que ceux-ci auraient trouvé en Amérique, il est probable qu’elle appartenait à un ou à plusieurs types différents de ceux qui existent maintenant dans les autres parties de la terre , et que ces types, comme les types inférieurs en général, ont une grande tendance à se modifier et à s’éteindre, lorsqu’ils sont mis en rapport avec les types supérieurs.
Du reste, on seni que ce que je dis de l’inaptitude des
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lefois, les Indiens qui habitent au nord du golfe du Mexique paraissant se distinguer d’une manière générale de ceux qui habitent plus au midi, nous partirons de cette circonstance pour admettre deux rameaux, l’un septentrional, l’autre méridional .
Les peuples du rameau méridional
peuples de la race rouge pour la civilisation est, comme toutes les règles générales, sujet à quelques exceptions; mais on sait, ainsi que je l’ai déjà fait remarquer, que des exceptions ne détruisent pas des règles générales. Et qu’est-ce, en effet, que des établissements de quelques milliers d’individus, quand il s’agit d’une race qui en renferme des millions? Au surplus, il y a de ces exceptions qui, si elles étaient bien examinées, n’en seraient peut-être plus. Qui nous dit, par exemple, que la civilisation qu’ont atteint les Chérokees n’est pas due à l’influence du sang blanc, qui se serait introduit dans les veines de cette petite peuplade , en contact avec les Européens depuis plus de deux siècles. Quant aux établissements des missionnaires , ils confirment la règle générale plus qu’ils ne la détruisent; car on voit que ces établissements tombent dès que l’on en retire les missionnaires européens.