‹ Des races humaines, ou éléments d'ethnographieChapitre 21 sur 42 · H AM E A U M É RID10NÀ L · texte numérisé non relu

H AM E A U M É RID10NÀ L

présentent une grande variété de caractères et rappellent souvent la race jaune; leur teint, souvent jaune ou olivâtre, n’est jamais aussi rouge que ceux des Indiens du nord; leur tête est ordinairement moins allongée, leur nez moins proéminent , leurs yeux fréquemment obliques. C’est à ce rameau qu’appartiennent les peuples de la race rouge qui ont atteint le plus de civilisation.

Le plus remarquable et le plus nombreux de ces peuples sont les Astcques, reste des fondateurs de l’ancien empire du Mexique, dont il a déjà été parlé ci-dessus, lesquels forment encore la majeure partie de la population du Mexique et s’étendent jusque dans le Guatimala. Parmi les autres peuples voisins, nous citerons les Otomites , les T arasques , les Zapotèques et les Mustèques , au nord de l’isthme de Téhuantepec; les Ch a pan ègu es , les Jlayas et les Quiches, entre les isthmes de Téhuantepec et de Panama, lesquels ont, comme les Àstèques , été soumis par les Espagnols, tandis que les Mosquitos > près

RACE ROUGE

de la baie de ce nom, et d’autres peuplades moins importantes, telles que les Lacandones y les Chois y les Jocas ou Xicagues, les CkanguèneSy etc., sont demeurées indépendantes.

Les Indiens qui habitent au sud de l’équateur ont fait, dans ces derniers temps, le sujet d’une étude particulière de la part de M. Alcide d’Qrbigny, qui réduit leurs nombreuses peuplades à trente-neuf peuples principaux, qu’il distribue dans sept groupes, que nous considérerons comme des familles, en les désignant par les dénominations de quichuenney d’ antisienne y d’ arciucardenney de pampéenney de chiquitéenne y de moxéenne et de guciranienne /

1 M. d’Orbigny distingue parmi les Indiens de l’Amérique méridionale trois races : Y ando - péruvienne , la pampéenne et la brasilio ~ guaranienne , dont les deux premières sont subdivisées chacune en trois rameaux, savoir : l’ando-péruvienne , en rameaux péruvien , antisien et araucanien; et la pampéenne, en rameaux pampéen, chiquitéen et moxéen . La manière dont j’ai envisagé le

RAMEAU MERIDIONAL

Los trois premières de ces familles ont pour caractère commun un teint brun olivâtre, plus ou moins foncé, la taille petite, le front peu élevé ou fuyant, les yeux horizontaux, jamais bridés à l’angle extérieur.

La famille ciiilcliucnne a le teint foncé, des formes massives, la face large, ovale, le nez long , aquilin , élargi à la base , les pommettes non saillantes , les traits prononcés , la physionomie sérieuse , réfléchie et triste. Elle habite les parties orientales de la Bolivie, du Pérou et du Quito, et a été entièrement soumise par les Espagnols, qui l’ont convertie au christianisme. Elle se compose des Quichuas des Aymaras , des

genre humain ne me permettant pas de considérer ces divisions comme des races et des rameaux , je n’ai pu faire usage des premières, et j’ai considéré les secondes comme des familles. J’ai cru aussi ne pas devoir me servir dans leur dénomination des mots tirés du Pérou et du Bi ’ésii, parce que ces mots s’appliquent davantage maintenant à des considérations politiques et géographiques qu’à des considérations ethnographiques.

RACE ROUGE

Atacamas et des Changos. Les premiers étaient déjà le peuple principal de l’ancien empire des Incas , et forment encore prés de la moitié de la population indienne de l’Amérique méridionale.

La famille anfisienne se compose des Yuracares y des Mocétenës , des Tacanas , des Maropas et des Apolistas . Elle habite les Andes de la Bolivie ; elle est moins importante que la précédente : son teint est plus clair, ses formes sont moins massives, et ses traits plus efféminés.

La famille ar au canton ne se compose des Aucas ou Araucaniens et des Fuégiens ou Pécherais . Les premiers , qui habitent dans les Andes vers les confins du Chili et de la Patagonie, sont un peuple belliqueux, célèbre par ses guerres continuelles avec les Espagnols. Ils bâtissent des maisons, et peuvent être considérés comme les plus policés de ceux des Indiens de l’Amérique méridionale qui ont conservé leur indépendance.

RAMEAU MERIDIONAL

Les Fuégiens, qui errent dans les îles de la Terre-de-Feu et sur les cotes méridionales de la Patagonie, sous un climat très-rigoureux, ne forment que de faibles peuplades fort abruties , et vivant du produit de leurs pêches.

Les trois familles pampéenne , chiqui téenne et moæéerme , ont la taille souvent très-élevée, le front bombé, non fuyant; les yeux horizontaux, quelquefois bridés à leur angle extérieur. Elles habitent les immenses plaines ou pampas situées au pied du revers oriental des Andes ; elles élèvent une grande quantité de chevaux : aussi les hommes y sont -ils presque toujours à cheval, comme ceux qui errent dans les steppes de l’Asie.

La première de ces familles, qui est la plus importante, et s’étend depuis le détroit de Magellan jusqu’au nord du Picolmayo, a le teint d’un hrun olivâtre ou marron foncé, la taille très-grande, une constitution robuste, le nez court, Irès-épaté, les narines larges, ouvertes, la bouche très-grande, les lèvres

RACE ROUGE

grosses, la face large et aplatie, les pommettes saillantes, les traits prononcés, la physionomie froide, souvent féroce. Elle renferme les Patagons ou Téhuelches , sur la taille gigantesque desquels on a débité beaucoup de fables; les Puelches , nation belliqueuse qui a souvent fait éprouver de grandes pertes aux établissements des Européens dans le voisinage du Rio -Colorado; les Charmas > les Mo cobis ou Tobas , les Mataguayos , les Abipones et les Lenguas .

La famille cltiquitéeime a le teint brun olivâtre clair, la taille moyenne, les formes médiocrement robustes , la face circulaire pleine, le nez court, peu épaté, la bouche moyenne, les lèvres minces, les pommettes non saillantes, les traits efféminés, la figure enjouée, vive et gaie. Elle habite dans le sud-est de la Bolivie; une portion a embrassé le christianisme et s’est soumise aux Espagnols, mais la plus grande partie est indépendante. Ses différents peuples sont : les Samucus , les Ghiquitos , les Saravecas, les

RAMEAU MÉRIDIONAL

Qtukês , les Curuminacas y les Covarécas , les Cm rives , les Tapiis , les Paiconécas et les Corabecas.

La famille moxeenne a le teint brun olivâtre peu foncé, la taille moyenne, les formes robustes, le nez court, peu large, la bouche médiocre, les lèvres et les pommettes peu saillantes, la face ovale circulaire, la physionomie douce, un peu enjouée. Elle habite vers les confins de la Bolivie , du Pérou et du Brésil , et se compose des Moxos , des Chapacuras , des Itonamas > des Cani chaînas , des Movimas , des Cayuvavas > des Paca su ta ras et des Itenes.

Les caractères de la famille guaramienne sont : un teint jaunâtre mélangé d’un peu de rouge, une taille moyenne, des formes très-massives, un front peu bombé, non fuyant, la face circulaire pleine, des yeux obliques, relevés â leur angle extérieur; un nez court et étroit, des narines étroites, une bouche moyenne, des lèvres minces, des pommettes peu saillantes, une face circulaire

RACE ROUGE

Page 1