‹ Des races humainesChapitre 4 sur 7 · PI. I. PI. II · texte numérisé non relu

PI. I. PI. II

Dans celle division se rangent les races Mongole de M. Cuvier, Hyperboréenne et Mongole de M. Duméril ; Basanée de M. Yirey ; les espèces Mongolique de Desmoulins , Scythique, Sinique, Hyperboréenne de M. Bory-de-Saint-Vincent.

Cette race jaune habite surtout l’Asie, les parties les plus septentrionales de l’Ancien et du Nouveau Monde , la Chine et les îles de la mer des Indes qui avoisinent cet empire.

Caractères physiques de la race jaune. Taille généralement médiocre, cinq pieds environ ; corps généralement robuste; cheveux rares et durs; barbe bornée à la lèvre supérieure et quelquefois disséminée au menton par petits flocons ; teint d’un jaune brun - suie ou olive plus ou moins foncé ; visage aplati, large aux pommettes, étroit au menton ; dents incisivés toujours verticales ; yeux noirs, écartés ; paupières très obliques, peu ouvertes et bridées; nez aplati et écrasé , à peine proéminent sur la face , et quelquefois de niveau avec la sailliedes joues ; oreilles grandes et très détachées ; mains et pieds bien faits et d’une proportion bien plus petite que chez les Européens.

Dans tous les individus de cette espèce, la tête, généralement sphérique , se comprime tin peu en lo-

DES RACES HUMAINES. 3g

sange ; la face, élargie comme un disque ,esl presque circulaire à cause de l’élargissement transversal du menton et de la projection latérale des pommettes ; le contour du visage n’est rentré qu’à la hauteur des jeux par une véritable convergence des tempes vers le sommet du crâne.

Vu par en haut, le crâne est carrément aplati comme un hémisphère comprimé à peu près également de quatre côtés \ vue de profil, la face occupe à proportion, d’avant en arrière, moins d’espace que dans aucune autre tête ; les arcades des sourcils n’ont presquepas de saillie. Le bord nasal de l’os maxillaire, au lieu de s’échancrer au dessous de sa jonction avec les ospropresdu nez, s’élève directement vers le front en formant tout au plus une légère convexité. Il en résulte que la partie la plus saillante de ce bord est d’environ un tiers, moins distante du bord temporal de l’os jugai, que dans une tête d’Européen ou même de Nègre. Chez tous les Nègres, en effet, le bord nasal articulaire de l’os maxillaire forme constamment un angle avec le bord nasal libre qui j est aussi ordinairement plus ou moins échancré. Cet aplatissement de la partie nasale de la race jaune fait que l’éminence malaire ne se trouve que sur un plan très peu postérieur au plan tangent à l’arc antérieur des dents incisives supérieures ; et comme le panneau que l’os des joues donne à l’arcade zygomatique est plus prolongé en arrière , il s’en suit que le jugai occupe au moins un quart plus d’espace d’arrière en avant dans la race jaune. Le crâne du Hottentot est, au contraire, le

plus allongé qui existe, allongement qui dépend surtout de la proéminence de l’occipital . Enfin la face antérieure de la symphyse du maxillaire inférieur est oblique du haut en bas et d’arrière en avant , il en résulte une proéminence variable du menton , ce qui n’arrive jamais chez aucun Nègre. Vue de face, la tête d’un individu de cette race offre une sorte de losange dont le plus grand élargissement est au dessous du travers des yeux. Les tempes rentrent progressivement en montant à partir de la portion zygomatique du jugal, si élargie en dehors que plus de moitié de sa largeur se présente de face. La symphyse maxillaire ou l’arcade maxillaire répondant aux incisives d’en bas est très élargie. L’intervalle osseux des orbites n’excède pas beaucoup ce qu’il est dans les Européens.

Ces caractères de la tête osseuse se prononcent bien davantage sur le vivant. Le nez, quoique aplati du Mongol, a, au plus les deux tiers del’épatement du Boschiman et du Hottentot; ses lèvres, quoique grosses, ne proéminent pas comme celles du Nègre ; au lieu que dans son profil les lèvres forment la partie la plus saillante de la face , elle sont au contraire rentrées dans une sorte de concavité qui se dessine depuis le nez jusqu’au menton, toujours saillant dans le Mongol , tandis qu’il est effacé ou même nul dans Boschiman. Cet intervalle dans le Nègre et le Hottentot est occupé par une sorte de grouin. Leurs yeux, ‘obliquement fendus parallèlement aux sourcils, n’ont pas l’angle interne élargi et arrondi comme dans le 'Boschiman. Enfin leur front étroit s’aplatit en arrière

des sourcilsjusgu’aux vertex , tandis que ïes Hottentots et les Bosch ira a ris"", et même la plupart des Nègres n’offrent cet aplatissement qu’au-delà du front qui est plus ou moins arrondi au-dessus des sourcils.

Cette tête ainsi conformée est constamment, dans toute l’espèce , d’une grosseur disproportionnée au corps qui la porte (1).

Variété Indo-S inique , Desmoulins; Sinique , Boryde

Saint-Vincent.

Cette variété se rencontre dans la partie centrale et méridionale de l’Asie et dans les îles qui avoisinent la côte asiatique. Elle se compose des peuples appelés Coréens, Japonais, Chinois, Tonkinois, Cochinchinois , Siamois , et des hommes qui peuplent l’empire du Birman.

Caractères physiques. — Les Birmans et les Siamois, qui sont les plus grands de toute l'espèce , ont de cinq pieds deux et trois pouces à cinq pieds cinq pouces. Tête présentant un losange plus allongé verticalement que chez les autres variétés de la race jaune; visage large et élevé à la hauteur des joues ;

(i) Sans qu’ils en aient plus d’esprit , ajoute Desmoulins , à qui nous sommes redevables de presque tous ces détails anatomiques.

se rétrécissant tout-à-coup à la hauteur des yeux, front se terminant presqu’autant en pointe que le menton; nez droit et assez bien caréné par en haut, court et arrondi par le bout ; yeux relevés obliquement, fendus en amande, à ouverture plus grande chez les femmes et d’une vivacité extrême ; iris noir, conjonctive jaune; saillie des pommettes creusant un peu les joues , ce qui fait paraître plus grande la bouche dont les lèvres sont grosses et pâles; mamelles tombant dès l’âge de 17 et 18 ans jusqu’au nombril ; pli du coude, chez les Birmanes, regardant en dehors, ce qui paraît dépendre de l’habitude de renverser les bras; formes générales d’ailleurs belles et régulières quoique disposées à l’embonpoint ; intensité de la couleur de la peau variable selon les peuples, moins foncée chez les Cochinchinois que chez les Siamois, brune olivâtre chez les Tonkinois , etc. ; cheveux ayant presque la force du crin, et s’implantant plus bas dans cette variété que dans le reste de la race , à un pouce environ des sourcils.

D’après le récit de La Binachère, missionnaire français, il paraît qu’une altération de la peau , des cheveux et des poils, en tout semblable à l'albinisme, serait assez fréquente chez les Tonkinois et les Cochinchinois, affection qui durerait toute la vie sans autre inconvénient , et qui pourrait d’ailleurs se développer spontanément chez les adultes nés avec tous les attributs de leur espèce.

Les femmes de cette variété sont pubères de très bonne heure et prodigieusement fécondes ; celle fé-

condité est-elle due au régime ichthyophage auquel se livrent ces peuples (1)?

Caractères moraux et intellectuels. — Mœurs , usages, coutumes, etc. —Dans l’immensité des peuples qui forment cette variété de la race jaune, nous ne pouvons que présenter un type , et ce type nous le prendrons dans la nation Chinoise. ,

Le caractère dominant de ce peuple est l’afFection de famille , l’horreur pour les mésalliances , et la haine pour les étrangers. On sait que, pour se préserver des agressions de ceux-ci, les Chinois construisirent des travaux gigantesques^entre autres, la grande muraille si célèbre qu’ils croyaient destinée à couvrir le nord de leur empire. Ce peuple ne fut jamais pas-

(i) Là où , par le vice des institutions politiques , la population moins nombreuse peut suivre le penchant de cet instinct vraiment aquatique , elle se rassemble tout entière sur le rivage de la mer et des fleuves. Dans l’empire des Birmans , au Pégu, au royaume de Siam, peu d’habitations sont distantes de plus de cent verges des grands fleuves qui traversent cette belle contrée, ou des rivières affluentes. Aussi n’y a-t-il d’autres grandes routes que les fleuves.

C’est à ce même instinct que là aussi où, par des raisons contraires et peut-être aussi par l’influence plus prépondérante du régime ichthyophage , la terre manque à la population, celleci campe sur l’embouchure des fleuves et au milieu des ports , ■* dans des jonques , ou même dans des maisons bâties sur des radeaux. Ces habitations sont fixées contre les flots par des pilotis de bambous , comme les tentes du Kalmouk et du Mongol le sont par des piquets contre la violence des vents et de la neige.

teur , rarement chasseur, et concentra presque toutes ses occupations vers l’agriculture, qu’il plaça sous la sauve-garde des lois, pour laquelle il consacra des fêtes nationales, et à laquelle, tous les ans, l’empereur rend un solennel hommage. Il est extrêmement attaché au sol natal , a les voyages en exécration , et les individus qui sortent de leur pays n’y peuvent plus rentrer.

Les Indo-Siniques sont généralement doux , civils, complimenteurs^ hypocrites, rampants, brocanteurs, avides de gain. Leur nourriture est très frugale et se compose presque entièrement de riz et de poissons. Ils sont pêcheurs par excellence. Leurs vêtements sont presque toujours en soie. Sobres et réglés , ils ne font presque jamais usage de liqueurs fortes,* le thé est leur boisson favorite. L’amour des parfums est poussé chez eux jusqu’à la fureur. Ils ne brillent pas par le courage et ont été de tous temps de fort mauvais soldats. Primitivement, ils se servaient de l’arc,

Par une autre conformité avec la race Mongoliquc , ccs campements aquatiques sont aussi mobiles que ceux des nomades du désert. Selon la convenance de la saison de la pèche ou de la récolte du riz, suivant l'exigence de la moisson ou celle de la sécurité contre l’ennemi, des villes aquatiques de vingt à trente mille habitants se déplacent de plusieurs lieues. Telle ville aujourd’hui maritime , peut être , un mois après , à vingt lieues dans les terres j et , phénomène bien digne de remarque ! ces populations aquatiques jouissent d’une meilleure santé et d’une vie plus longue que celles qui habitent la terre. ( Desmoucins, Histoire naturelle des Races humaines.

du bouclier et de casques; depuis longtemps ils les ont remplacés par des armes à feu, dont l’invention remonte, dit on, chez les Chinois, à une époque très éloignée.

La civilisation de ces peuples remonte à une antiquité très reculee , mais elle est stationnaire. Industrieux , marchands habiles , ils se sont exercés dans tous les arts , ils ont entrepris tous les négoces. Alors que les peuples d’Occident vivaient encore dans la plus profonde ignorance et dans la barbarie, ces peuples construisaient des palais somptueux, plantaient des jardins magnifiques , se servaient de la boussole, avaient inventé l’imprimerie et la poudré à canon.

Cet état stationnaire de la civilisation Indo-Sinique paraît tenir, d’une part, à l'affection de famille et du sol natal qui concentre dans un patriotisme étroit les sentiments et les besoins, de l’autre, au langage monosyllabique qui embarrasse l'expression de la pensée écrite dans un dédale de signes plus ou moins absurdes , dont la connaissance ne peut s’acquérir qu’après une étude longue et difficile (i). Les innom*

(i) Toutes les langues polies de ces peuples , quoique essentiellement différentes entre elles pour les mots , offrent cependant une certaine analogie qui ne permet pas de les décrire isolément Presque tous les principes généraux sur lesquels la

grammaire chinoise est fondée , trouvent leur application dans les grammaires des autres idiomes. Ainsi , sauf un petit nombre d’exceptions, toutes ces langues abondent extraordinairement

DES RACES HUMAINBS.

brables puérilités de l’étiquette , les ordonnances sévères qui règlent les moindres actions des individus, doivent aussi avoir de l’influence sur l’état stationnaire de la civilisation de ces peuples (1).

on monosyllabes, ont , dans certains cas, une construction exactement inverse. Les mots , pris séparément , sont invariables dans leur forme, et n’admettent aucune inflexion. Les rapports des noms , les modifications des temps et des personnes des verbes , les relations de temps et de lieu , la nature des propositions positives , optatives et conditionnelles , se déduisent de la position des mots , ou se marquent par des mots séparés avant ou après le thème du nom ou du verbe. Beaucoup de mots peuvent être pris successivement comme substantifs , comme adjectifs, comme verbes, quelquefois même comme particules. Toutes ces langues ont un système d’intonation plus ou moins compliqué, moyennant lequel elles fixent le sens des mots, et établissent entre eux une différence essentielle. Dans toutes, excepté la Thibétaine , la prononciation est plus ou moins douce et sonore , quelquefois pourtant trop chargée de nasales , de sons gutturaux et sifflants, de voyelles sourdes et difficiles à saisir et à prononcer par des organes européens , comme dans l’Anamite et le Péguan. ( Adr. Balbi , Allas ethnographique du globe , tab. Ve. )

(i) Un esprit exagéré de subordination servile, de politesse basse et rampante, de pruderie hypocrite , dégrade un caractère que l’on dirait prédestiné à être régi par une police autrichienne. Tous les pays habités par cette race sont la terre classique de l’étiquette, du protocole et du cérémonial sous toutes les formes que peuvent recevoir ces ridicules inventions du despotisme et de la sotise. On y voit , à l’usage du clergé , de la cour, de la magistrature, du commerce, etc. , de longs rituels qui prescrivent l’espèce , la durée , la tournure , l’intonation même des phrases qu’une personne de tel rang doit adresser à telle autre du même rang , dans telle ou telle occasion. L’attitude à prendre, le côté par où l’on doitse présenter, la

DÏÎS RACES HUMAINES.

L’ascendant de l’affection paternelle est tel parmi ces peuples que la loi , en cédant à des nécessités politiques , a pu sans scandale et sans abus, autoriser l’exposition publique des enfants nouveau-nés. En effet , l’usage d'une pareille loi est toujours assez restreint par lé caractère national qui n’y recourt que dans les cas de famine.

Les pratiques religieuses et le culte admis chez ces peuples sont à peu près uniformes. C’est le Boudliisme qui règne dans presque toute la variété Indo- Sinique.

Variété Mongole.

Caractères physiques.— Hauteur du corps de deux ou trois pouces moindre que dans la race précédente; poitrine large; épaules voûtées; membres forts et trapus; jambes courtes et arquées en dehors ; tête d’une

distance où doit commencer l’attitude et le mouvement, le pied, la main , le doigt qui doivent agir ou se tenir en repos, et alors dans une pose déterminée ; les temps de ces mouvements , de ces attitudes devant tel ou tel supérieur , dans telle ou telle cérémonie de cour , tout est réglé , tout est prévu. Dans les habitations, dans les meubles, dans les habits, des différences de forme, de matière, de qualité, de couleur, de proportions , marquent le rang de celui qui s’en sert. L’infraction à ces réglements n’est pas seulement une innovation de mode , c’est un délit du ressort de la justice. Aussi la mode n’existe-t-elle pas dans cette race. 11 n’y a qu’un mode dégoût et de jugement profondément empreints dans l’organisation; c’est le stabilisme incarné. ( Divers Voyageurs; Desmoulins , Op. cil. )

grosseur bien plus disproportionnée el enfoncée entre les épaules ; visage plus large et plus aplati ; jeux bien plus petits, à fente plus courte et plus linéaire ; peau d un jaune bistre plus foncé; visage ridé sur les joues, dont les pommettes sont transversalement bien plus élargies; tempes encore plus rentrées; chevelure loujours rude et droite, mais plus fournie et bien pluslongue;corpsel visage glabres; cheveux noirs; iris bruns.

Celte variété Mongole est remarquable par sa longévité.

Elle se divise en deux souches primitives : à l’est, les Tongouses , et à l’ouest, les Mongols proprement dits.

1° Souche Tongouse.

Les caractères physiques de cette souche rentrent dans la description générale que nous en avons faite.

11° Souche Mongole proprement dite.

Mêmes caractères physiques déjà exposés.

Les Mongols sont divisés en trois branches.

i° Les Mongols proprement dits; lesKalmouks; T)n les Yakoutes.

Toutes ces souches et leurs diverses branches ont des caractères communs. Ces peuples habitent les Bucharies , la Songarie el la Douarie , sur toute la surface de cette vaste région asiatique qui s’étend en longitude des rives orientales de la mer Caspienne

jusqu’aux mers du Japon et d’Ochokts, et en latitude du 4o° au 6o° nord.

Moins petits que les Hyperboréens ; peau moins foncée; dents toujours verticales et écartées, mais un peu plus longues ; face extrêmement large et applatie supérieurement ; yeux petits, enfoncés et tellement éloignés l’un de l’autre qu’il y a souvent entre les deux plus que la largeur de la main ; paupières épaisses, sourcils gros et rudes ; nez fortement épaté; pommettes excessivement proéminentes; mâchoire supérieure rentrée ; menton s’amincissant en pointe et terminant la figure en avant par son amincissement ; barbe assez fournie, cheveux plats , noirs ou foncés, tels sont les caractères physiques de ces peuples qui offrent la physionomie la plus hideuse qui se puisse concevoir.

Quant à leurs mœurs et à leurs usages, ils sont vagabonds, nomades, indomptables, chasseurs, pasteurs, jamais agriculteurs, peu attachés au sol; les Scythes émigrent par bandes innombrables , toutes les fois que l’appât du pillage leur est offert.

Variété Hindoue.

Cette variété sortie des sources de PIndus, le lon^

de la haute chaîne de l’Hymalaya a peuplé de proche en proche toute la presqu’île occidentale de l’Inde.

Caractères physiques. — Nez arrondi sans être jamais épaté ; bouche moyenne garnie de dents verticales,

lèvres minces et colorées; menton rond, presque toujours marqué d’une fossette ; yeux ronds , assez grands, cornée jaunâtre, iris foncé ou noir ; cils très longs, sourcils minces et arqués; oreilles de moyenne grandeur et bien faites ; peau jaune foncé; cheveux longs, plats , très noirs ; barbe peu fournie , si ce n’est à la moustache. Taille 5 pieds 2 pouces ou un peu moins.

Les femmes ont les épaules bien conformées , la gorge assez exactement hémisphérique, un peu basse, avec les mamelons noirs ou d’un brun foncé ; elles n’ont presque pas de poil au pubis, accouchent avec une très grande facilité, passent pour très lascives; elles sont nubiles de si bonne heure, qu’on en voit devenir mères dès neuf et dix ans ; mais leur fécondité est épuisée à trente. Chez les hommes, la puberté est également précoce , et la faculté d’engendrer se perd promptement. Ces peuples arrivent rarement à

une vieillesse avancée.

Caractères moraux, intellectuels, etc. — Les Hindous sont doux, bons, simples, dociles, industrieux, sobres et peu enclins à la guerre. Aussi se sont-ils laissés soumettre avec facilité par les Européens qui ont accaparé le commerce de ces riches contrées.

La division de ces peuples en castes qui tiendraient à déshonneur de s’unir les unes aux autres , a du contribuer à conserver chez eux plus longtemps leurs traits primitifs. Tout prouve que la civilisation indienne remonte à uue époque antérieure à nos

chronologies. Cette civilisation est remarquable aussi par son état stationnaire, car, différents des Chinois , les Hindous ont eu des contacts immédiats avec les Européens, et ce contact n’a rien modifié à leur civilisation.

C’est chez les Hindous que s’est conservé l’usage barbare et absurde de la part des veuves de se brûler sur le tombeau de leur époux, et l’usage bien plus absurde encore de se précipiter sous le char de leur idole.

Variété Malaise.

La plupart des états maritimes de Sumatra , une partie des Moluques et des Nicobars , Pinang^ Nias ,

. Singhapoura, etc., etc. , sont habités par cette race.

Caractères physiques. — Les Malais semblent tenir à la fois des Hindous et des Chinois ; la grosseur de la tête est moindre que le septième de la hauteur ; nez court, gros et quelquefois épaté; bouche très large ; peau de couleur variable en intensité ; taille bien faite ; stature moyenne et carrée ; peu d’embonpoint.

D’ailleurs, cette variété se divise en un nombre infini d’autres sous- variétés qui peuplent les îles delà Polynésie , et leur énumération seule nous entraînerait beaucoup trop loin.

V ariété Hyperboréenne.

Gette race est commune à l'Ancien et au Nouveau- Monde. En Europe et en Asie , elle habite sous le nom de Lapons et de Samoïèdes, vers le cercle polaire arctique, la partie la plus septentrionale de la presqu’île Scandinave et de la Russie, et une grande partie de la cote orientale de l’Océan arctique. Sous le nom d’Esquimaux , on la retrouve vers la partie la plus septentrionale du nouveau continent , depuis le détroit de Bering jusqu’à la Baye d’Hudson et jusqu’à la pointe nord de l'île de Terre-Neuve.

Caractères physiques de la race Hyperboréenne. — Sa taille ne s’élève pas au-dessus de 5 pieds , et descend quelquefois jusqu’à 4 pieds. La tête est énormément disproportionnée à la taille et enfoncée entre les épaules. Le corps est trapu quoique maigre, les cheveux noirs et raides. Les jambes sont courtes et assez droites, mais si grosses qu’on les croirait enflées et malades. Le visage est fort large, court, et plat surtout vers le front ; le nez sans être trop large , est écrasé ; les pommettes sont très élevées et très larges, ce qui, en diminuant l’étendue verticale du visage, lui donne un élargissement considérable en travers. La bouche est démesurément fendue, les joues pendantes, le menton long et pointu , les lèvres larges et retroussées, les narines larges et ouvertes. Les paupières sont retirées vers les tempes , Eiris noir. Les dents sont verticales et écartées, la barbe est rare et

le reste du corps glabre. Les hommes ont la voix très grêle ; les femmes sont hideuses , comparativement plus musclées que les hommes et à peu près de leur taille. Leurs mamelles, molles et pendantes en forme de poire , deviennent si longues dès les' premiers temps de leur développement, qu’elles peuvent être portées pardessus les épaules pour allaiter lesenfants. Le mamelon est grand, long, rugueux et noir comme du charbon. Les femmes sont tard nubiles ; au rapport de quelques voyageurs , elles ne seraient pas sujettes à la menstruation ; mais ces assertions ne sont pas vraisemblables. Leur peau est absolument glable si ce n’est à la tête ; elles accouchent avec une grande facilité, et cela paraît provenir d’une dilatation si extraordinaire du vagin , que quelques voyageurs ont pensé qu’elles l’élargissaient artificiellement en y portant sans cesse enfoncée une énorme cheville en bois.

D’après les observations de Bluinmembach, le volume énorme de la tête des Hyperboréens serait dû principalement à l’agrandissement de la partie occipitale du crâne. Ce même observateur a été étonné de la minceur et de la légéreté des os de la voûte du crâne, eu égard à leur excessive dimension. Les os du nez sont longs et étroits , comme on l’a constaté sur les têtes de deux Esquimaux du Labrador. Ces caractères donnés par Blummernbach se retrouvent dans les portraits d’après nature]donnés par Edwards, et dans deux autres portraits à l’huile faits par le célèbre peintre J. Russel de Londres.

Desmoulins fait observer que cet énorme volume de la tête chez des hommes aussi stériles en idées et

en inventions prouve que ce n’est pas au seul volume du cerveau que tient la supériorité de l’entendement. Mais les partisans de la phrénologie pourraient lui objecter que ce développement n’a pas lieu sur les parties antérieures du crâne qui traduisent le développementdes organes des facultés intellectuelles, mais bien sur les parties postérieures qui ne sont le siège, d’après Gall, que des penchants et des facultés affectives.

La couleur de la peau des Hyperboréens est beaucoup plus basanée que celle des peuples du reste de l’Europe et de l’Asie centrale; et, chose remarquable, ces Hyperboréens sont d’autant plus noirs qu’ils habitent davantage vers le nord et par le 70e degré. On en voit qui sont plus foncés que les Hottentots qui habitent l’extrémité opposée du vieux Continent. On en a même rencontré qui étaient aussi noirs que les Ethiopiens de l’équateur.

Le capitaine Parry donne les détails suivants sur les Esquimaux qu’il a eu occasion d’observer : « Ils étaient, dit-il, au-dessous de la taille ordinaire. Le vieillard , qui commençait à être courbé par l’âge , n’avait que 4 pieds 7 pouces 4 lignes. Les autres avaient de 5 pieds «à 5 pieds 2 pouces. Les jeunes gens avaient le visage rond et plein, la peau douce, le teint assez clair, à l’exception du vieillard; les dents très blanches, les yeux petits, le nez large, mais non très aplati, les cheveux noirs, durs et luisants, les mains

et les pieds d’une petitesse remarquable. La barbe du vieillard ne faisait que commencer à blanchir, et le poil de ses moustaches était fort long. Il en était de même, à cet égard, du plus âgé des trois jeunes gens.

« La taille des femmes était de 4 pieds 6 pouces. Les traits des deux plus jeunes étaient réguliers , leurs teint clair , leurs yeux petits , noirs et perçants j leur dents parfaites, tant pour la forme que pour la blancheur , et, quoiqu’elles eussent la tête grosse et ronde, et le nez légèrement aplati , leur figure pouvait passer pour agréable , même en les jugeant d’après les idées de beauté que nous devons à l’habitude. Leurs cheveux fort longs , et noirs comme du jais , tombaient en partie sur leurs épaules , nattés négligemment des deux côtés , ou étaient relevés sans grâce sur le haut de la tête , au lieu d’y être noués avec soin , suivant l’usage des femmes ; d’autres peuplades d’Esquimaux. Les enfants avaient en général fort bonne mine , et l’aîné des garçons , qui pouvait avoir douze ans , était beau et bien fait (i). »

Il est fort à regretter, que le capitaine Franklin, qui a trouvé dans ses voyages une grande quantité d’ossemens esquimaux , ne les ait point examinés avec soin , et n’ait point rapporté en Europe les crânes qu’il a eu occasion de rencontrer (2 ).

(1) Voyage fait en 1819 et 1820 par le capitaine Barry.

(2) Histoire des Deux Voyages par les capitaines Franklin et Barry.

Dns RÀCISS HUMAINES.

Voici du reste, ce que ce voyageur raconte des Esquimaux qu’il a vus près delà baie d’Hudson. « Leur peau paraissait légèrement cuivrée , mais il était difficile d’en distinguer la couleur , sous la triple couche de graisse , de sang et d’ordure dont elle était couverte. On voyait pourtant une rougeur de santé percer sur les joues de quelques jeunes filles. Les cheveux de la plupart des femmes étaient rassemblés et noués sur le haut de leur tête ou sur le front ; mais il y en avait d’autres qui les laissaient pendre sur leur cou , de même que les hommes. De quelque manière qu’ils fussent arrangés , pas un seul poil ne frisait , et ces longues mèches, noires comme du jais, donnaient à leur physionomie un air véritablement sauvage. Les hommes avaient fort peu de barbe, et quelques-uns même n’en avaient pas du tout. Les enfants étaient assez jolis, vifs et dociles; mais, quant aux vieilles femmes , il est impossible de concevoir rien de plus hideux et de plus dégoûtant que leur physionomie. Toutes avaient lesyeux rouges, la peau ridée , les dents noires, en un mot , un assemblage de traits si repoussants, qu’on aurait pu les prendre pour des orang-outangs (i). »

Le célèbre voyageur Hearne, donne l’idée suivante des Esquimaux de la rivière de Cuivre. « Ils sont généralement petits ; aucun d’eux ne dépasse la taille moyenne ; leur poitrine a beaucoup de surface , mais

(i) Jtlistoire des Deux Voyages parles capitaines Franklin e< Parry.

ils ne sont ni bien faits ni forts. Leur peau est d’une vilaine couleur de cuivre. Enfin telle est l’idée que les peuples américains eux-mêmes se forment de la différence d’espèce des Esquimaux , qu’ils prétendent que les femmes de cette nation ne sont pas faites comme les leurs , et qu’a près le massacre qui eut lieu à l’embouchure de la rivière Mine-de-Cuivre , ils mirent un empressement extrême à examiner cette différence de conformation qu’Hearne , encore ému de la scène à laquelle il venait d’assister , n’eut pas le courage de vérifier (i).

Les Esquimaux arctiques, dit M. Ross, sont d’une couleur cuivrée sale , leur taille est d’environ cinq pieds; ils ont de la corpulence... Les femmes qui, d’abord assez timides , se donnèrent bientôt pour un clou, avaient les cheveux très noirs et durs comme du crin.

Caractères moraux et intellectuels. — Mœurs et Usages. — Maladies . — Longévité y etc.

Les Hyperboréens sont fort attachés au lieu de leur naissance ; ils sont fort sédentaires , et quand on les arrache de leur affreux pays pour les transporter dans des climats plus doux, et dans lesquels la civilisation a inventé tant d’objets de jouissances, ils périssent d’ennui et denostalgie. Ils sont d’un naturel trèsdoux.

(î) Hearne , tab. i , cbap. 5.

pacifique et tou t-à-fait impropres à la guerre. Le capitaine Ross raconte même qu^une peuplade d’Esquimaux qu’il rencontra n’avait aucuneidée delaguerre,

etqu’il ne put lui faire comprendre ce que c’était. On sait que Gustave-Adolphe ne put jamais parvenir à former un régiment de Lapons. Cependant les peuplades hyperboréennes emploient l’arc et la flèche , l’arbalète et le javelot, mais uniquement pour la chasse. Aucun voyageur ne raconte qu’ils aient jamais disputé le moindre coin de terre.

D’après les récits des voyageurs , les Hyperboréens n’auraient aucun culte régulier ni la moindre idée religieuse ; et cependant ils sont très superstitieux, et se livrent à des opérations magiques adressées aux vents, aux bêtes et aux poissons ; ils font des offrandes, ou infligent des punitions à leurs fétiches , selon le succès de leurs entreprises. Quand on parla à l’un des Esquimaux arctiques d’un être tout puissant, créateur de l’univers et de ce qu’il renferme , tout surpris, il demanda vivement où cet être demeurait. Informé que Dieu était partout , il en fut très alarmé et devint très impatient de remonter sur le pont du vaisseau. Quand on lui parla d’une vie future, il répondit qu’un sage d’autrefois avait dit qu’ils iraient dans la lune; mais qu’à présent on ne le croyait plus, et que lui seul savait cette histoire (j).

Les Hyperboréens sont rarement malades; ils ar-

(i) Voyages du capitaine Roos.

rivent à la mort, selon M. Bory de Saint-Vincent, sans passer par l’état de décrépitude, et cêpendant dans un âge avancé. Les Lapons, dit BufFon , qui, pour toute nourriture, ont du poisson fermenté, du pain fait avec de la farine d’os de poisson et de l’écorce de bouleau , pour boisson de l’huile de baleine dans laquelle ils font infuser des baies de genièvre , qui vivent sous terre , sous un climat des plus rigoureux, qui ont des nuits de plusieurs mois, et qui l’été vivent dans une épaisse fumée , seul moyen qu’ils aient trouvé de se garantir de la piqûre des moucherons , avec cette manière de vivre si dure et si triste, ne sont jamais malades, et parviennent à une vieillesse extrême. Leurs vieillards sont même si vigoureux qu’on a de la peine à les distinguer d’avec les jeunes (1).

La cécité est très fréquente chez les vieillards hyperboréens, et résulte de l’impression continuelle de l’éclat de la neige sur l’organe de la vue.

Leurs vêtements consistent en peaux et fourrures dont ils se couvrent de la tête aux pieds.

Le chien et le renne sont les seuls animaux qu’ils aient réduit à l’état domestique.

Leur nourriture se compose de poissons à demiputréfiés, de la viande de leurs chiens et de leurs rennes , de la graisse des cétacés qu’ils aiment avec

(0 Histoire naturelle de l’homme.

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délices , et leur boisson d’huile de baleine , de lait de leurs rennes , ou d’infusion de baies de genièvre dans l’eau. Les liqueurs fortes et alcooliques sont fort peu de leur goût.

On ne trouve parmi les peuplades hyperboréennes, ni villes, ni villages ; disséminées en petites bourgades , leurs habitations se composent de quelques huttes à demi-souterraines, dans chacune desquelles vivent polygames , enfumés et confondus avec les animaux apprivoisés, tous les membres d’une même famille, où l’on ne se doute même pas de la signification du mot pudeur (i).

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