PI. I. PI. II
De la race Noire.
Observée d’abord depuis le revers de l’Atlas jusque dans les contrées les plus méridionales de l’Afrique . soupçonnée dans les parties les plus reculées des grandes Indes, aperçue plus tard dans la Nouvelle- Hollande, les îles qui l’environnent et les archipels si nombreux de l’Océan pacifique, transportée enfin dans les vastes régions du nouveau continent, la race Nègre, si nous jetons sur elle un vaste et rapide regard, se présente avec une série infinie de modifica-
(i) Bory de Saint-Vincent.
lions, et plus que toutes les populations , toutes les variétés humaines déjà décrites, offre à nos veux une multiplicité, une variété de formes au milieu desquelles il est difficile de choisir ou de créer des types. Que si l’on consulte la plupart des auteurs anciens qui se sont livrés à cette grande étude , on reconnaît qu’ils sont tombés dans des contradictions étranges. Les uns, considérant leNègre comme un être déchu ou maudit de Dieu , l’ont placé au niveau de la brute; d’autres au contraire, exagérant ses facultés, ont trouvé qu’il rachetait par son merveilleux instinct presque audelà de ce qui lui manquait du côté de l’intelligence ; bien que les premiers lui refusassent même l’éducabilité, que les seconds lui accordassent des facultés et des dispositions admirables , tous cependant avaient observé, tous donnaient sur parole leurs écrits comme l’expression fidèle de la vérité; il fallait donc observer encore. Vinrent bientôt les infatigables voyageurs, et plus tard les savants et leurs déductions fécondes; alors il se fit quelque jour : les discussions s’éclairèrent, les contradictions furent expliquées, les fables disparurent, et des vérités incontestables furent acquises à la science. Et il n’était pas étonnant que de nombreuses erreurs eussent été commises: considérant la race Nègre d’une manière toutà-fait générale, chaque écrivain, chaque voyageur la décrivait telle qu’il l’avait vue et observée; l’un avait vu l’Ethiopie, l’autre la Cafrerie, un troisième le pays des Hottentots, d’autres enfin connaissaient les Nègres des colonies, population noire formée d’une
multitude d’éléments disparates et modifiée par le contact plus ou moins prolongé des populations blanches. Eli bien lie Caire, le Guinéen, le Hottentot, soit qu’on les considère sous le rapport de leur organisation physique, soit qu’on les considère sous le rapport de leurs facultés inorales ou intellectuelles, présentent des différences notables. Partout nous voyons bien une remarquable analogie, partout le Nègre se présente bien avec cerlainscaractères, certains signes communs à la race noire toute entière, mais de nombreux caractères particuliers existent; le croisement des races lésa multipliés à l’infini, et, parmi ces caractères, quelquesuns sont assez tranchés pour exiger du classificateur l’établissement de plusieurs variétés.
A l’exemple de quelques auteurs modernes et particulièrement de M. le professseur Gerdy , j’ai réduit ces variétés au nombre de sept ; non pas qu’il ne soit pas possible et j’ajouterai même utile d’en admettre un plus grand nombre , il est évident qu’il existe plus de sept peuplades noires présentant des modifications organiques particulières , mais toutes ces modifications n’étant que l’exagération ou la diminution , si je puis m’exprimer ainsi , d’un caractère appartenant à l’un des sept principaux types , je ne multiplierai pas vainement mes descriptions. Ainsi le Gonaquois, placé topographiquement entre le Cafre et le Hottentot , ne probablement de l’union de ces deux variétés , tient à la fois de l’une et de l’autre, et forme une troisième variété assez reconnaissable ; cependant comme elle
se rapproche davantage des Hottentots, je pense qu’il est convenable de la faire rentrer dans cette dernière classe. Partant de ces principes j’admettrai dans l’Afrique trois variétés , trois types auxquels je consacrerai trois articles particuliers : i° l’Elhiopien , 2° le Cafre, 5° le Hottentot. C’est dans la description des Ethiopiens que l’on retrouvera les généralités , et les traits caractéristiques communs a tous les noirs ; dans l’Océanie, la Nouvelle-Hollande, les îles Philippines, et trois variétés encore, les Japons, les Océaniens, les Àuslralasiens ; reste une septième et dernière variété , celle des Mulâtres , que nous trouvons dispersée dans plusieurs parties du globe, en Amérique surtout, et dans les Colonies, produit hybride de l’union du blanc avec le Nègre. Les caractères spécifiques du Mulâtre se rapprochent infiniment de ceux du Nègre , leur description trouvera ici naturellement sa place.
De la race noire en général et de la variété Nègre ' proprement dite ou Ethiopienne .
Le caractère le plus remarquable des races noires, celui qui leur est commun à toutes, et qui leur a donné leur nom, c’est la coloration de la peau. Userait inutile de rappeler ici toutes les fables et toutes les suppositions qui, à ce sujet, ont été émises par les auteurs. On trouvera dans les œuvres de Camper, plusparticulièrement dans un discours sur l’origine de la couleur des Nègres, dans BufFon,et surtout dans les^
DLS LACES HUMAINES.
nouvelles recherches sur la structure de la peau, par MM. Breschet et Roussel de Vauzème, les détails les plus curieux à cet égard. Ainsi, laissons de côté Hérodote et la semence noire des Nègres, Pline et son fleuve merveilleux de Thessalie, qui teignait la peau en noir et crêpait les cheveux, Onésierite et l’eau chaude tombantdu ciel ; nous nedisculerons pas même avec Hérodote, Strabon, Pline, Buffon et Camper si celte coloration foncée est le résultat d’un séjour excessivement prolongé dans les régions brûlantes de la zone Torride. Celle dernière assertion n’a, selon moi, d’autre caractère de probabilité, que celui d’être appuyée et soutenue gratuitement par des hommes de genie. Je me bornerai donc ici à constater ces faits, me réservant plus tard d’en discuter les causes si le temps me le permet.
Cette coloration varie par son intensité et par ses | nuances, et d’abord, chez aucun , elle ne se présente I avec un aspect positivement noir; c’est plutôt une — ■ jTÏÏance d'un brun plus ou moins foncé; cendré chez les uns, gris cle 1er chez les autres, et souvent
olivâtre. "ET ici je répète ce que je disais il n’y a qu’un instant : rien encore n’a donné aux observateurs la raison de ces variétés de nuances, rien si ce n’est le croisement des races ; mais il est une circonstance sur laquelle j’insisterai davantage , circonstance qui n’a pas échappé aux anatomistes modernes; je veux parler de la matière colorante elle-même , de son siège, et de l’organe sécréteur qui lui donne naissance. Je ne rappellerai pas ici tout ce qui a été écrit
surla matière colorante; tout le monde connaît les travaux de Malpighi, et la description du corps muqueux sous-épidermoïqueauquelil alaisséson nom; Malpighi avait disséqué et étudié avec la plus grande attention la peau du Nègre , il avait constaté la présence de la matière colorante dans le corps muqueux, mais il n’avait pas reconnu son mode de sécrétion. Depuis Malpighi, plusieurs auteurs se sont occupés de Fanatomie de la peau ; ainsi, Gauthier, Meckel, Littré , Béclard , Bichat ont longuement parlé des parties constituantes de cette membrane , mais tous ont laissé irrésolue, la question relative au véritable siège de sécrétion de la matière colorante. Pour moi qui n’ai pas dirigé vers de semblables recherches mes travaux anatomiques, j’ai dû m’éclairer des écrits les plus nouveaux et les plus intéressants sur ce sujet, et c’est dans le mémoire de MM. Breschet et Roussel de Yauzème, que j’ai trouvé les détails les plus importants, et en même temps , les plus propres à jeter quelque jours sur cette pariie de la science. Je ne peux mieux faire que citer textuellement quelques lignes du travail de ces deux anatomistes.
« L’appareil producteur de la matière colorante, « ou l’appareil chromatogène , est composé d’un « parenchyme glanduleux ou de sécrétion, situé « au-dessous des papilles, et offrant des canaux ex- (( créteurs particuliers qui versent, h la surface du « derme , le principe colorant qui se mêle à la ma- « lière cornée ou muqueuse, molle et diflluenle. De
« ce mélange résulte le prétendu corps réticulaire « de Mal pighi, et l'épiderme ou cuticule. » ( Breschet et Roussel de Vauzème , Recherches sur la structure de Peau , p. 5.) H résulte nécessairement de cette dernière phrase, que hépiderme ou cuticule doit être coloré chez, le Nègre , et il l’est en ellet quelles que soient les assertions contraires de plusieurs auteurs. Mais cela nesufîisîut pas pour expliquer la sécrétion de la matière colorante chez les Nègres , car cet appareil chromatogène existe chez le blanc, et comme le font très bien observer les auteurs que je viens de citer, le Nègre est noir sous tous les climats ; il y a donc quelque chose de particulier, quelque chose de spécial dans l’organisation de la peau du Nègre. Des recherches nombreuses sur les couleurs brillantes des fleurs , des oiseaux et des papillons , recherches que je dois me bornera rappeler ici sans les examiner dans leurs détails, ont amené M. Breschet et son collaborateur, à conclure que: « les fleurs, comme les papillons et les animaux en « vénérai, doivent les nuances des couleurs dont ils « brillent, à la Forme et à la disposition des paillet- « tes qui ornent leur épiderme \ les plumes du paon, « les ailes dorées du colibri , sont comme des fleurs « animales, puisque le système de coloration est le « même dans les deux règnes organiques. On ne « doit pas dire que la nature a des pinceaux et une « palette , elle ne peint pas, elle compose des mo- « saïques artistement combinées pour produire les « plus merveilleux effets.
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« Si, comme je le présume, les écailles de la « peau du Nègre diffèrent de celles du blanc, et si « la différence de forme en produit une dans la cou- « leur, ce point d’organisation expliquerait peut- « être dans les deux races la dissemblance de colo- « ration, sans avoir besoin de recourir à l’influence « si contestée du soleil; cet astre peut bien basaner « plus ou moins la peau , mais il n’a pas la puissance a de changer le type primitif des Etres; le Nègre « est noir d’une manière absolue par la même raison « que l’Européen est blanc.
« Il y aurait donc dans les races humaines, des « différences dans la forme des écailles, comme on « en voit dans celle des poissons et des reptiles ; eir- « constance qui n’avait pas encore été indiquée, et « qui 11’est pas sans intérêt pour le physiologiste « comme pour le zoologiste. ( Breschet , et Roussel « de Yauzème, 1. c.) »
Il est évident que celte explication est insuffisante ; aussi, les auteurs cités ajoutent-ils, qu’il faut toujours admettre une matière colorante particulière. Ce que leurs travaux ont fait connaître et que je consigne ici, est le siège incontestable de cette matière, et la partie présumée qui lui donne naissance. Quant à la cause probable de son existence , ce point reste complètement indécis.
Les cicatrices qui siègent sur la peau des noirs , ne sont nullement colorées en brun, elles ont le même aspect que les cicatrices observées sur la peau des blancs. Ce fait vient parfaitement à l’appui de la
théorie exposée et adoptée par MM. Breschet et Roussel de Vauzème; ils prouvent incontestablement que la matière colorante est produite par le travail sécréteur de quelque organe ou au moins d’un ordre particulier de vaisseaux, dont la destruction partielle , entraîne nécessairement après elle , et dans la même étendue, la destruction de cette matière.
Quoiqu’il en soit, le négrillon à sa naissance, bien que confondu avec le nouveau-né Européen par la coloration rougeâtre ou jaunâtre de sa peau , s’en distingue pourtant déjà par plus d’un caractère. Ainsi, les ongles des doigts et des orteils sont alors entourés d’un cercle brun foncé; les parties génitales offrent aussi cette teinte rudimentaire qui au bout de quelques semaines envahit toute la surface cutanée, et cela sous quelque latitude qu’on le plaee.Latêledu fœtus Nègre est moins disproportionnée avec le reste du corps que celle du fœtus blanc, c’est-à-dire , qu’elle est moins développée. Plus avancée en ossification que celle-ci , elle est moins propre qu’elle à s’accommoder aux pressions souvent très fortes , que lors de l’accouchement il lui faut subir à travers la filière du bassin. Ce désavantage est compensé par l’extrême facilité avec laquelle accouchent les Négresses, tant à cause de la largeur des diamètres pelviens que de la flaccidité et de l’amplitude des parties molles de la génération. Peut-être est-ce à ces conditions organiques qu’elles doivent la fréquence de leurs avortements , bien que plusieurs voyageurs aient assigné à ce fait des causes différentes et sur lesquelles je reviendrai. Les fontanelles du né-
grillon sont très étroites et ne tardent pas a etre envahies par une prompte ossification.
Je m’empresse d’arriver à la description des carae - 1ères propresau Nègre adulte. Un des plus importants, c’est la couleur noire de la peau sous quelque latitude « qu’habite le Nègre, et pourvu qu'il ne croise pas sa race. Chez l’Africain proprement dit, cetje couleur J est d’un noir foncé ; la peau huileuse, satinée, exhale / une fort mauvaise odeur lorsqu’elle est échauffée , ce / qui distingue l’Éthiopien du Cafre, ainsi que p lu-/ sieurs autres attributs très tranchés. La couleur noire n’est peut-être pas le fait le plus fondamental dans l’organisation du Nègre, puisque, dépouillé de ceearactère qui ne suffirait pas pour entraîner son infériorité relativement à la race blanche , il conserve des différences plus profondes, capables au premier aspect de jeter entre lui et l’Européen, par exemple, un intervalle immense, etces différencessont telles, qu’elles portent sur quelques-unes des dispositions de la matière prises pour bases anatomiques de la distinction de l’animal et de l’homme. Ainsi, pour ce qui regarde la face et le crâne, ces deux parties ont chez le Nègre un développement inverse aux dépens de l’étendue j de la dernière. Le front est étrbît, fujant érf arrière^ ï déprimé. Le crâne, comprimé vers les tempes’, aplati i sur le vertex, est plus arrondi dans la région occipitale, et le trou de ce nom, plus large que dans notre espèce, est aussi situé beaucoup plus postérieurement , ce qui rend la nuque plus plate ou moins concave. Quant à sa capacité interne, la boîte crânienne, com-
DES Iî ACES HUMAiNES.
parée à celle de la race Japétique , est environ d’un neuvième en moins, et, mesurée par MM. Palissot de Beauvois et Yirey, d’après la quantité de liquide qu’elle peut contenir, la différence en moins a été de neuf onces pour quelques crânes. J’ai déjà ditque les sutures de celle cavité étaient plus serrées et plus lot réunies que dans la race blanche. La parlie.auiérieure de l’os maxillaire supérieur et le menton sont oj)liqi].emen (inclinés l’un su r l’autre ainsique les dentsincisives ^qui , chez quelques peuplades , sont pointues comme celles des carnassiers. Les os malaires et les arcades zygomatiques sont très volumineux , les os propres du nez notablement aplatis. Quant aux parties molles de ees régions, il faut noter que les muscles erotaphyles et tous les masticateurs sont très puissants ; le nez est écrasé , les lèvres très grosses , ce qui donne à la figure l’expression qu’on désigne sous le nom de moue. Les sourcils sont très sai! larits et un peu crépus, l’œil gros, rond, proéminent, très humide. Le tissu de 1 a cor n ée t ra n s pare n t e pa rai t u n pe u j a u n â t re . La p u p i 1 1 e est plus resserrée que dans notre espèce. Les cils ont beaucoup de brièveté, les oreilles ne sont pas plus larges que les nôtres, mais ellessont pl us dé tachées du lemporat comme dansT les singes. Le menton est court et arroncuTTuyant vers la partie aïTlérieure du cou. Les cheveux sont noirs» laineux, courts, frisés comme de la fourrure dWstraean , et la chevelure en totalité ressemble à une calotte arrondie et ne forme pas ces cinq pointes qui constituent un caractère de beauté dans la face de l’Européen. Le front et toutes les par»
ties supérieures de la face se rident transversalement de 1res bonne heure. La barbe ne paraît guère qu’à vingt-quatre ans; elle est rare, courte et disséminée en petits pinceaux Irisés.
D’après ce que j’ai dit de l’étroitesse relative de la cavité crânienne, il est évident que le cerveau du Nègre est aussi moins volumineux. Les circonvolutions delà surface des hémisphères sont moins nombreuses, moins pressées, moins profondes. Le cervelet est proportionnellement plus gros , ainsi que les tubercules quadrijumeaux, tandis que le mésocéphale est moins développé. La moelle allongée , la moelle épinière et tous les nerfs qui émergent de ces centres nerveux sont plus volumineux que chez nous. Des obliquités inverses du crâne et de la face, il résulte aussi que l’angle facial, au lieu d’être de go° comme dans les types de notre race, n’est guère que de 76°.
Indépendamment de ces empreintes profondes d’animalilé, le reste de la surface du corps va nous offrir, chez le Nègre, des caractères conformes et qui ne démentent pas ceux que je viens de tracer..
Les membres thoraciques pendent plus bas que dans notre race , ce qui lient à une plus grande longueur de l’humérus. La région lombaire est très cambrée, les fesses petites quoique portées en arrière. Les cuisses et les jambes ont une courbure sensible , les pieds sont plats , le coude-pied peu élevé. Le calcanéum est très proéminent ; le corps est tendu en avant, les genoux un peu fléchis, la masse musculaire qui forme le mollet peu développée, toutes dispositions
qui donnent au Nègre cette marche déhanchée, cette allure éreintée, comme on dit, qui caractérisent sa station et sa progession. Chez la femme, le diamètre qui s^étend d’une hanche à l’autre est très considérable , le vagin est en tout temps très large , et la verge du Nègre est grosse en proportion , mais incapable d’une érection parfaite. Les mamelles sont basses, pendantes, piriformes, terminées par un bout très allongé dès la puberté.
D’après plusieurs naturalistes, le sangdes Nègres est plus foncé en couleur que celui des blancs; leur .bile et toutes leurs autres humeurs offrent le même caractère ainsi que le tissu des muscles. Les membranes muqueuses pourtant sont d’un rouge très vif; les tissus cellulaire et graisseux offrent leur teinte ordinaire; mais, suivant Meckel, lasubstance corticale du cerveau est noirâtre. Les os contiennent plus de phosphate calcaire et ont une grande blancheur. Leur sueur est fétide, ammoniacale, tache le linge.
Le tempérament de ces hommes est phlegmalique. Leurs pouls, d’après une ancienne opinion déjà émise par Galien, est plus fréquent que chez nous. Le son de leur voix est clair, argentin, criard; ils ne peuvent pas prononcer franchement la lettre R, ce qui, suivant quelques auteurs , est dû à la proéminence de leurs lèvres , à l’avancement en museau de leurs mâchoires et à la direction oblique de leurs dents incisives. Ce caractère n’appartient pas à toute la race noire. Les Cafres , en particulier, et surtout ceux qui
pendant longues années ont subi le contact des peuples civilisés ^ étudient , comprennent une langue étrangère, et l’articulation des mots ne larde pasà acquérir chez eux beaucoup de netteté; ce fait d’ailleurs n’infirme en rien les conclusions que nous pouvons actuellement déduire de tous les détails que nous avons donnés sur l’organisation physique de la race Noire ou Ethiopienne. Et d’abord résumons en quelques mots les principaux caractères. — Coloration noire de la peau excepté à la paume des mains et à la plante des pieds; front déprimé, chevelure laineuse, crépue et formant sur le crâne une véritable calotte à circuit inférieur presque régulier ; yeux gros et proéminents ; teinte ictérique de la sclérotique, nez épaté, pommettes saillantes, lèvres épaissi ment portées en avant; menton déprimé.
téralementet considérablement dé-
veloppées selon leur diamètre antéro-postérieur ; ^Occiput déjeté en arrière ; omoplates plus longues et
plus pointues que dans la race Caucasique ; membres thoraciques singulièrement allongés ; fesses portées en arrière mais peu volumineuses; membres inférieurs grêles, cuisses aplaties transversalement, surtout à la partie interne ; genou saillant et légèrement fléchi, mollet peu développé et situé à une très petite distance du creux poplité ; calcanéum déjeté postérieurement ; pied large et singulièrement aplati , tels sont les caractères les plus remarquables imprimés par la nature à la race Nègre proprement dite, tous portent, jusqu'à un certain point, l’empreinte de l’anima-
li té, et nous verrons plus tard en parlant des variétés les plus inférieures qu’il en existe de plus saillants encore; c^est ainsi que les Hottentots par leur fémur aplati d’avant en arrière, à crêteou ligne âpre fort peu saillante, leur humérus présentant une ouverture à Ja place de la lamelle osseuse qui chez toutes les autres races et variétés humaines , sépare la fossette cubitale antérieure de la postérieure , établit de singuliers rapprochements entre eux et plusieurs espèces de singes, de chiens , et d’autres carnassiers (Cuvier, Rapport à V Académie sur la Vénus hottenloté). Les parties molles situées profondément ne présentent rien de remarquable ; Sœmmering prétend que le grand culde-sac de l’estomac est plus arrondi et s’élève plus que chez le blanc au-dessus de l’insertion de l’œso- ^phage^ Ce caractère appartient également à quelques | espèces de singes. N’oublions pas cependant la peti- V tesse du cerveau et la grosseur des nerfs qui en émer^ \gent. Ce caractère anatomique d’une importance extrême, rend parfaitement compte de l’intelligence si peu développée, et de l’activité des sens si remarquable appartenant presque exclusivement à la race noire ; à cet égard son organisation ne laisse rien à désirer.
a Chacun saitque ces hommes ont une vue perçante, « un odorat extrêmement subtil, une ouïe trêssensi- « ble à la musique , leur goût est sensuel , ils sont (( presque tous gourmands, ils ressentent l’amour « avec de violents transports ; enfin par leur agilité, « leur dextérité , leur souplesse et leurs facultés imi-
« tatives dans tout ce qui dépend du corps, ils sur- « passent tous les autres hommes de la terre; ils « excellent principalement dans la danse, l’escrime, « la natation , l’équitation ; ils font des tours d’a- « dresse surprenant; ils grimpent, sautent sur la « corde , voltigent avec une facilité merveilleuse et « qui n’est égalée que par les singes leurs campa - « triotes , et peut-être leurs anciens jrères , selon l’or- « dre de la nature. » ( Je n’accepte nullement la responsabilité de cette proposition que je trouve singulièrement hasardée. ) « Dans leur danse on « voit les Négresses agiter à la fois toutes les parties « de leur corps , elles y sont infatigables. Ces nègres « distingueraient un homme, un vaisseau en mer, « dans un tel éloignement que les Européens pour- « raient à peine les apercevoir avec des lunettes à « longue vue. Ils flairent de très loin un serpent et «■ suivent souvent à la piste les animaux qu’ils chas- « sent. Le moindre bruit n’échappe point à leur « oreille; aussi les Nègres marrons ou fugitifs savent v très bien odorer de loin et entendre les blancs qui « les poursuivent. Leur tact est d’une finesse éton- « nanle, mais parce qu’ils sentent beaucoup, ils reflète chissent peu , ils sont tout entiers dans leur impres- « sion et s’y abandonnent avec une espèce de fureur; « la crainte des plus cruels châtiments, de la mort « même, ne les empêche pas de se livrera la fougue « de leurs passions ; on en a vu s’exposer aux plus « grands périls, supporter les plus barbares puni- « lions pour voir un instant leur maîtresse; sortant
« d'être déchiré sous le fouet de leur maître le son « du tam-tam, le bruit de quelque mauvaise rnusi- « que le fait trésaillir de volupté; une chanson mo- « nolone fabriquée sur le champ de quelque mots pris « au hasard les amuse pendant des journées sans « qu’ils se lassent de la répéter, elle les empêche « même des’apercevoir de la fatigue ; le rhythme du « chant les soulage dans leurs travaux et leur inspire « de nouvelles forces. Un moment de plaisir les dé- « dommage d’une année de peine ; tout en proie aux « affections actuelles , le passé et l’avenir ne sont rien « à leurs yeux, aussi leurs chagrins sont passagers et « ils s'accoutument à leur misère , la trouvant même « supportable quand ils jouissent d’un instant d’a- « grément. Comme ils suivent plutôt leurs sens et « leurs impressions que la raison , ils sont extrêmes « en toutes choses : agneaux quand on les opprime, « tigres quand ils dominent. Leur esprit va sans « cesse, selon l'expression de Montaigne , de la cave « au grenier; capable d’immoler leur vie pour ceux « qu’ils aiment (et on en a vu plusieurs se sacrifier « pour leurs maîtres) , ils peuvent dans leur ven- « geance massacrer leurs maîtresses, éventrer leurs « femmes et écraser leurs enfants sous les pierres. « Rien de plus terrible que leur désespoir , rien de « plus sublime que leur dévouement. Ces excès sont « d’autant plus passagers qu’ils sont portés plus loin, « de là vient la facilité qu’ont les Nègres de changer « rapidement de sensations, leur violence s’oppo- « santà leur durée. Tour ces hommes il n’y a pas
« d’autre frein que la nécessite, et d’autre loi que la « force, ainsi l’ordonnent leur constitution et la na- « ture de leur climat. »>
(Virey y Hist. Nat. du Genre Humain.')
Ainsi, par son moral comme par son organisation physique , le noir présente quelque analogie avec les animaux les plus rapprochés de l’homme. Son intelligence, dominée paries viscères, jette à peine quelques éclats rares et passagers , esclave des sensations, il obéit à toutes les influences ; privé du magnifique privilège accordé à l’homme par son créateur, il ne sait commander à la nature. Ainsi ce n’est plus un foyer échauffant, vivifiant tout par sa présence, ce n’est plus le roi du monde , ce n’est plus une intelligence reconnaissable à ses manifestations sublimes, c’est un être misérable, empruntant sa vie aux objets qui l’en lourent, esclave du premier qui lui jette des fers, ignorant presque le nom meme de la pensée, et réduit à ne jouir de l’existence que par les sensations capables d’ébranler ses viscères. Gardons-nous, cependant, d’exagérer l’incapacité morale des races noires, le tableau qui précède n’est pas toujours d’une vérité incontestable; on a vu des Nègres qui présentaient une aptitude remarquable aux sciences mathématiques, Malte-Brun, Bory de St. -Vincent, Perce val , en citent plusieurs exemples. Toussaint Louverture n’était pas seulement un assassin féroce, c’était un chef habile ; la fondation récente de la république d’Haïti nous donnera, àl’égard des Nègres, la mesurede leur intelligence.... Et d’ailleursquene peut l’éducation !
Soit que le type nègre dont nous traçons lescaracleres ail été la souche de toutes les populations noires qui existent actuellement, et soil que par des croisements plus ou moins nombreux, quelques modifications organiques se soient établies, propagées, et par conséquent aient ainsi donné naissance à des variétés nouvelles, soil qu’il existe véritablement plusieurs espèces primitives, un fait demeure constant, c’est que tous les Noirs ne présentent pas les memes caractères. Pour donner une description complète de leurs races, il convient donc d’établir des divisions ou plutôt desdistinctions sans lesquelles plusieurs caractères appartenant exclusivement à quelques variétés, seraient nécessairement passées sous silence ; et d’abord , avant de décrire ces variétés, qui déjà ont été indiquées au commencement de ce travail , il importerait peutêtre de se livrer à quelques investigations sur les émigrations des différentes populations noires, leur origine , les époques de leurs découvertes ,, celles de leurs établissements dans les contrées qu elles habitent, les influences qu’elles ont subies par leur contact avec les nations Européennes , leurs croisements avec d’autres races; et ce travail d’un intérêt immense se rattache essentiellement à mon sujet. Malheureusement., aucune race ne présente à cet égrard autant d’obscurité. L’histoire reste muette, les récits des voyageurs ne présentent que des faits contradictoires, et les naturalistes les plus distingués sont réduits à livrer à leurs lecteurs des spéculations au lieu de faits avérés. Longtemps on a pensé que la race Negre
était confinée en Afrique au midi de l’Atlas; c’est là
en effet, que l’on retrouve les Ethiopiens, le Cafres et les Hottentots; leur origine demeure complètement inconnue; plus tard la découverte des îles Océaniques et de l’Australasie, prouva que la race Noire s’étendait bien au-delà de l’Afrique. Les Papous , les Australiens, certaines populations des îles Philippines, se présentèrent avec des caractères qu’il était impossible de confondre avec ceux qui appartenaient essentiellement aux trois races que je viens de nommer. Il n’est pas de supposition qui n’ait été créée par les auteurs pour expliquer la présence de ces nouveaux noirs dans l’Australasie et l’Océanie. Les uns pensent que ce sont des Nègres anciennement égarés sur la mer des Indes ^ les autres les considèrent comme issus de la race Malaise, d’autres encore, Malte-Brun, par exemple, pensent que dans l’Australasie, il existe au moins quatre souches différentes et parfaitement distinctes. Cette assertion ne s’appuie sur aucune preuve. Quoiqu’il en soit, et pour commencer enfin la description des variétés nègres, je constaterai un fait , c’est que quelque soit le nombre de ces variétés, elles peuvent être facilement réduites à un petit nombre de types. C’est après avoir lu et comparé avec la plus scrupuleuse attention un nombre considérable de naturalistes, de physiologistes et de voyageurs , que j’ai adopté la division établie par M. le professeur Gerdy dans sa Physiologie didactique et critique .
^Layiremièreà/arTete, c’est-à-dire la race nègre pro-
prennent dite ou Ethiopienne, celle autour de laquelle viennent se grouper en seconde ligne toutes les autres, esldécrite; les Mulâtres qui forment la seconde classe, trouveront plus naturellement leur place dans la description des races croisées. Je vais donc donner quelques détails sur l’organisation des Cafres.
Située au Sud-Est de l’Afrique, la Cafrerie proprement dite, occupe toute la côte depuis le cap de Bon ne - Espérance jusqu’au Monomotapa. A l’Ouest, elle est bornée parla colonie Hollandaise et le pays habité par les Gronaquois ; ceux-ci forment une ligne intermédiaire entre les Cafres et les Hottentots, mais leur organisation les éloignent beaucoup plus des premiers que des seconds ; nous retrouverons chez les Cafres les caractères indiqués dans la description de l’espece Nègre ou Ethiopienne ; cependant ils se distinguent par une conformation régulière, une allure plus vigoureuse, des membres plus arrondis ; en un mot par un ensemble de dispositions organiques qui les rapproche beaucoup plus que tous les autres Nègres, des races Européennes. ^eurcouleurest très noire; Eorsler prétend qu’elle est jaunâtr^*^TrriTree, Bory de Saint- Vincent, gris de fer. « Leur crâne présente comme « celui des blancs une voûte élevée; leur nez bien « loin d’être déprimé, s’approche de la forme arquée; « ils ont la lèvre épaisse du Nègre et saillante du Hot- « tentot; leur chevelure crépue est moins laineuse « que celle du Nègre; leur barbe plus forte que celle 1 « dii Hottentot*;" ils sont en général grands et bien • « faits Les femmes différent beaucoup des
« hommes par la taille, elles atteignent rarement à « celle cl’une Européenne bien faite; d’ailleurs elles u sont aussi bien conformées que les hommes; leur « physionomie annoncent la douceur et la gaîté. » « ( Encyclopédie moderne .)
Ce n’est pas seulement par un front plus élevé et des formes plus belles que le Cafre se distingue , la supériorité de son organisation se manifeste par une plus grande douceur de mœurs} la culture de la terre, quelque industrie, telle que fabrication de poterie et travaux de pelleterie. Kolbe et plusieurs missionnaires ont représenté les Cafres sous un point de vue moins flatteur; ils ont dit qu’ils se nourrissaient de viande crue, et qu’ils vivaient presque tous à l’état sauvage. Malte-Brun, à qui j’emprunte ces détails ^ s’élève beaucoup contre ces assertions. Voici un fait que j’ai lu dans X Histoire générale des V oyages ; ce fait prouve incontestablement une intelligence remarquable de la part du jeune Cafre qui y joue le principal rôle; mais il vient également à l’appui des assertions qui ont si fort scandalisé Malte- Brun. En 1666, époque à laquelle le général Vanpima gouvernait Batavia, les Hollandais prirent un jeune Cafre à quelque distance du cap de Bonne- Espérance et le menèrent à Batavia, où l’on apporta beaucoup de soins à le taire instruire dans les langues. Dans l’espace de sept ou huit ans, il apprît en perfection le hollandais et le portugais. Mais ayant souhaité de retourner dans sa patrie, le général qui ne voulut pas le contraindre, ordonna qu’il fut renvoyé
DES RACES RUMAINES.
bien équipé d’habits et de linges, dans l’espérance qu’il continuerait de vivre avec les Hollandais , et qu’il servirait de lien au commerce qu’ils entretiennent avec lesCafres. A peine fut-il arrivé au cap, qu’il jeta ses habits à la mer, et qu’il prit la fuite vers uu canton , où il recommença comme les autres à manger de la chair crue , sans que reconnaissance ait jamais paru lui inspirer le moindre penchant à se rapprocher de ses bierffai leurs.
Au reste, il est assez probable que dans leurs rapports fréquens avec les colons hollandais, les Cafres ont du singulièrement dépouiller cette nature sauvage que leur ont reproché quelques auteurs; il est certain qu’ils sont beaucoup plus civilisés que leurs voisins : outre que l’agriculture est un art chez eux . ils ont plus de connaissances sur tous ceux de nécessité ; ils ont aussi quelques dogmes religieux , ils pratiquent la circoncision , mais sans y attacher aucune idée mystique ; ils ont l’idée de l’être supr ê rucTe rdtrsft-puiss a n ce ; ils croient à une vie future de récompense et de punition, mais ils n’ont aucun culte public; ils ne prient même point et n’ont pas de prêtres , à moins qu’on appelle ainsi des espèces de sorciers ou de magiciens , auxquels ils donnent une grande confiance.
A lâchasse, dont l’exercice leur est familier, ils ont l’avantage sur toutes les hordes voisines. Le courage est surtout ce qui les distingue. (Malte -Brun, t. xiit, p. 432 . )
DES E ACES IIUMAI.NES.
Hottentots.
Nous arrivons à cetle malheureuse classe de Nègres, la plus éloignée de nos races blanches ou caucasiques. L’espèce Holtenlote se partage avec •l’espèce cafre , la jointe méridionale de l’Afrique , mais seulement enaehors du tropique; elle en oc- 'eu pe lajx&nlié où^ sous 1?J nom de Hamaquois ,"^le Coronas, de Boschimans , "de Gouaquos et de Flouzouannas, eîftVest répandue dans le bassin de la rivière d’Orange; eïïe*q5Çupîait excfiisiTenfe n tleca de Bonne-Espérance et la côte sud, avant que les Européens qui s’y sont établis en eussent repoussé la lus grande partie dans l’intérieur des terres : mais on se trompe consicîarableinenl quand on avance que les Hottentots, s’étendent tout autojar, vde . .l’Afriq u mend.ionale, depuis le cap Negro jusque sur la cote de Natal ; cette derruère^côle est exclusivement occupé*e* TO r d ’ éspe ce cafre^y.es rivages * qui se” prolonP* gent du cap Négro jusquXlâ'TîvîCl’e dè\ Poissons,présentent une étendue totalement déserte
degrés à peu près~en laTît udeT 1 1 ‘este n cd reUbsolu-*' ment faux qu’on retrouve des Hottentots ou rien qui leur ressemble dans l’ile de Madagascar. ( Boiy de Saint-Vincent, l. n, p. 122. )
Ici,lescaractères de l’animalité seront plus tranchés
encore que chez les Ethiopiens, qui semblaient pourtant tout-à-l’heure servir d’intermédiaires entre
l’homme et l’espèce la plus élevée du genre Orang- Outang. Il est faux cependant que le Hottentot tienne plutôt du singe que de l’homme intellectuel. En effet, nous retrouverons encore tous les caractères de l’humanité, parole, intelligence, éducabilité , mais ces signes imprimés par la nature sur toute la race nègre, acquiérent, chez les Hottentots en particulier, une exagération rcmarquabbyf Taille peu élevée. cinq pieds à peine, angle faciabde 75°, cheveux cré- >us et plantés en demi-cercle sur le fronUfos propre? du nçz ordinairement soudés à une seule lame comi chez quelques espèces de singe/nez beaucoup plus épaté que chez les autres Africains , humérus d’une longueur démesurée, cavité olécranienne, percée d’un trou , caractère commun à cette race d’hommes, aux singes, aux chiens et à plusieurs autres especes de carnassiers ^incisives et menton
obliques que chez les Ethiopiens pommettes et arcades zygomatiques singnlièr.emeqt développées, veux écart ésr^mpqnt tellement aplati / qu on p^îrw^^e sommet dé l[l te le est"
leprimé^Tocciput mit en pointe, de sorte que le 1e se rétrécit beaucoup à sa partie postérieure^ tsiclérée de prohl, sa ligure est liideuse d’animalité , les lèvres livides s’y avancent en un véritable grouin , contre lequel s’aplatissent, se confondent pour ainsi dire de vrais naseaux ou narines qui s’ouvrent presque longitudinalement et de la façon la plus étrange; il n’existe que très peu de barbe à la moustache ou sous le menton , lorsqu’elle n’est
pas épilée, el jamais on n’en voit en avant des oreilles dont la conque est plutôt inclinée d’avant ennrr.ièr que d’arrière en avant^Lepied prend déjà une forme in différente du notre et de~cèlùir(îes^Étliiopiens et desCafres, qu’on reconnaît au premier coup-d’œil la trace du Hottentot imprimée sur le sol. ( Bory d Saint-Vincent . t. h. p. n5.^
ïes femmes par leur conformation bizarre néces- /sitent une description particulière. Tout le monde a J entendu parler du tablier des Hottentotes/eT
^protubérances énormes développées à la partie supérieure des fesses.
Quelques-unes, semblables aux individus que nous venons de décrire , ne présentent rien de remarquable, si ce n’est le développement et l’allongement considérable des mamelles, et à ce sujet nous devons rappeller que plusieurs auteurs ont élevé des discussions qui n’ont pas encore été parfaitement éclairées et résolues. J’ai consulté, Virey, Bory de Saint- Vincent, Le Vaillant, Hutton, Voyage en Afrique , Malte-Brun, le Dictionnaire de Géographie elf Encyclopédie méthodique \ les uns prétendent que cette difformité, ainsi qüe le développement d’une masse graisseuse dont je vais bientôt parler , ne se manifestent qu’après le mariage et la fécondation ; plusieurs ajoutent même que si l’on interroge les jeunes filles pour savoir si elles sont unies à un époux, elles répondent simplement en découvrant leur sein ; sa grosseur moyenne et sa forme uniformément arrondie prouvent qu’elles sont vierges en-
DES EACES HUMAINES.
more; Le\ aillant va jusqu’à prùner la beauté, et le caictère piquant déjà, physionomie des Hottentotes, mais la description qu’il an Vienne Jui-méme réfute on ne peut mieux celte singulière assertion. S’il en existe quelques peuplades dont les femmes ne soient pas véritablement hideuses, elles sont rares, et la ..plupart; $e présentanl des.cAuacJ.èi&s que, i ne saurais mieux signaler qu’en rapportant textuH* lement quelqnes passages du rapport de Cuvier a • V Académie des sciences, après la dissection de la i Vénus hotlentote. Je rappellerai cependant que cettl^ femme appartenait à la tribu la plus dégradée de sa nation, la tribu des Boschimans; quoique, d’après les discussions des auteurs que je viens de citer , quelques-uns aient prétendu qu’il n’existait même pas de population particulière portant le nom de Boschimans. Les caractères relatifs au tablier des Hottentotes et à la masse graisseuse qui surmonte les fesses , étaient selon les uns des caractères essentiellement individuels j d’autres les ont au contraire accordé à toutes les Hottentotes, et ceci est une erreur formelle. On convient généralement aujourd’hui qu’ils appartiennent surtout aux Boschimans, tribu dont l’existence est désormais incontestable, mais du croisement des femmes de cette tribu avec les Hottentots proprement dits, proviennent çà etlàquelques femmes isolées revêtues des mêmes caractères ; et ceci explique parfaitement les contradictions dans lesquelles sont tombes à l’égard les uns des autres la plupart des auteurs qui nous ont donné la description des peuplades ré-
pandues dans les parties méridionales de l’Afrique. Voici les extraits les plus intéressants du rapport dont je viens de parler.
« On put vérifier alors que la protubérance
de ses fesses n’était nullement musculeuse , mais que ce devait être une masse d’une consistance élastique et tremblante, placée immédiatement sur elles.. Elle vibrait en quelque sorte à tous les mouvemens que faisait cette femme, et on s’aperçut qu’il s’y formait aisément des excoriations dont il était resté de nombreuses cicatrices. Les seins qu’elle avait coutume de relever et de serrer au moyen de son vêtement, abandonnés à eux-mêmes montrèrent leurs grosses masses pendantes, terminés obliquement par une aréole noirâtre, large de plus de quatre pouces , creusée de rides rayonnantes, et vers le milieu de laquelle était un mamelon aplati et oblitéré, au point d’être presque invisible.
«A cette première inspection, on ne s’aperçut
point de la particularité la plus remarquable de son organisation , elle tint son tablier soigneusement caché, soit entre ses cuisses, soit plus profondément, et ce n’est qu’après sa mort qu’on à vu qu’elle le possédait. Elle mourut le 29 décembre 181 5.
«On retrouva aussitôt le tablier, et tout en reconnaissant que c’était exactement ce que Péron avait dessiné^ il ne fut pas possible d’adopter la théorie de cet infatigable naturaliste; en effet , le tablier n’est point, comme il l’a prétendu, un organe particulier ; plusieurs de ses prédécesseurs avaient mieux vu,
c’est un développement des nymphes. Les grandes lèvres peu prononcées interceptaient un ovale de quatre. pouces de longueur. De l’angle supérieur descendait entre elles une proéminence demi-cylindrique d’environ dix-huit lignes de longueur sur six lignes d’épaisseur, dont l’extrémité inférieure s’élargit , se bifurque et se prolonge comme en deux pétales charnues ridées, de deux pouces et demi de longueur sur environ un pouce de largeur. Chacun d’eux est arrondi par le bout ; leur base s’élargit , et descend Je long du bord interne de la grande lèvre de sou côté, et se change en une crête charnue qui se termine à l'angle inférieur de la lèvre.
« Si on relève ces deux appendices, ils forment ensemble une figure de cœur dont les lobes seraient étroits et longs, et dont le milieu serait occupé par 1 ouverture de la vulve.
« En y regardant de plus près, on s’aperçoit que chacun de ces deux lobes, a, à sa face antérieure tout près de son bord interne, un sillon plus marqué que ses autres rides, qui montent en devenant plus profonds jusqu’au dessus de leur bifurcation. Les deux sillons se réunissent en sorte qu’il y a, à l’endroit de la bifurcation , un double rebord entourant une fossette en forme de chevron. Au milieu de cette fossette est une proéminence grêle , qui se termine par une petite pointe à l’endroit ou les deux rebords internes seré unissent. »
Il doit être manifeste pour quiconque lira cette lescription, et mieux encore pour quiconque voudra
comparer ces parties avec leurs analogues dans les femmes européennes , que les deux lobes charnus qui forment le tablier se composent dans le haut du prépuce et de la sommité des nymphes, et que tout le reste de leur longueur ne consiste qu’en un développement des nymphes seules.
Le voile des Boschismanes n’est pas une de ces particularités d’organisation qui pourraient établir un rapport entre les femmes et les singes ; car ceuxci loin d’avoir les nymphes prolongées , les ont en général à peine apparentes. Il n’en est pas de même de ces énormes masses de graisse que les Boscliismanes portent sur les fesses, et qui selon les nouveaux voyageurs, et nommément LeVaillant, M. Péron^, M. Jausens, seraient naturelles et communes à toute la nation. Elles offrent une ressemblance frappante avec celles qui surviennent aux femelles des mandrilles^ des papions^, etc., et qui prennent à certahieT^époques^de'Ia vie, un accroissement vraiment monstrueux. Dans les Boschismanes, ces protubérances ne consistent absolument que dans une masse de graisse traversée en tous sens par des fibres cellulaires très fortes, et qui se laisse aisément enlever sur les muscles grands fessiers. Ceux-ci reprennent alors leur forme ordinaire. Le Vaillant dit que les Boschismanes ont dès leur premier âge cette conformation assez bizarre ; mais la femme dont nous parlons nous a assuré qu’elles ne la prennent qu’à leur première grossesse. (Cuvier, Mémoires du Muséum (T Histoire naturelle y t. m, p. 266 et suivantes. ) Il est inutile de
rappeler ici les autres caractères indiqués dans ce * •
mémoire, attendu qu’ils se rapportent tous à ceux que nous avons tracés déjà , soit pour la race Ethiopienne , soit pour les Hottentots. L’état moral de cette variété si misérable, si peu favorisée par la nature, si inférieurement placée dans l’ordre de la création des hommes, correspond parfaitement à son organisation incomplète. Malgré les efforts de Le Vaillant et quelquefois de Bory de Saint- Vincent, qui ont tenté de détruire ce qu’ils appellent des préjugés relativement à la dégradation morale des Hottentots^ il demeure' aréré qtie leur intelligence est excessivement bornée. A peine ont-ils un langage articulé, leur voix fait entendre une espèce de gloussement que quelques auteurs ont comparé à celui du dindon; ils vivent sans lois, sans règles fixes et dans la plus extrême misère. «-Ils ont-une antipathie invincible pour le travail , et une inertie incroyable ; ils préfèrent la paresse aux jouissances mêmes. Selon les Hottentots, raisonner c’est travailler, et tout travail est pour eux le fléau de la vie( Virey, t. n.) » On nous permettra sans doute de passer sous silence une multitude de pratiques dégoûtantes, familières aux Hottentots, qu’il nous suffise de rappeler que par leur malpropreté révoltante , ils se réduisent eux-mêmes au dernier degré d’abjection. Quelques-uns cependant échappent pour ainsi dire à leur propre nature, soit par le croisement de races (et en effet les Hottentots en sc mêlant avec des populations nègres plus richement organisées, ont donné naissance à quelques
tribus moins pauvres en facultés morales), soit par leur contact prolongé avec la colonie Hollandaise établie au cap de Bonne-Espérance, ont acquis quelque supériorité sur leurs frères ; il y en a qui cultivent les terres; d’autres font des échanges avec les Hollandais du Gap ; Gresset Saint-Sauveur, dans X Encyclopédie des Voyages, assure que l’on était parvenu à former un corps de sept cents Hottentots , équipés militairement , et que Ton avait réussi à communiquer à ces malheureux quelque activité , et beaucoup de courage. De semblables faits sont rares et même peut-on, jusqu’à un certain point, en contester l’authenticité. Nous ne répéterons pas ici toutes les fables qui ont été débitées sur de prétendus usages particuliers aux Hottentots, mais un fait que nous ne devons pas passer sous silence, c’est la brièveté de leur vie. Ils sont vieux à quarante ans et passent rarement la cinquantaine.
Ainsi que nous l’avons dit plus haut, la Nouvelle- Hollande et les nombreux archipels qui s’élèvent à la surface de l’Océan pacifique, sont habités par des nombreuses populations noires, à l’origine desquelles il est impossible de remonter. Tous les auteurs modernes s’accordent à considérer ici trois variétés de Nègres, les Papous, les Océaniens et les Australasiens. D’autres, et Malte-Brun en particulier, en ontsingufièrement augmenté le nombre. Conformément à MM.Yirey,Bory de Saint-Vincent, Quoy et Gaimard, nous décrirons seulement les trois variétés que nous venons de nommer.
On considère, en général, les Papous comme tenant des Malais et des Nègres Australasiens, et par conséquent comme produit hybride , et non espèce primitive. Ils habitent de petites îles semées autour de la Nouvelle-Guinée, Waigion , la Nouvelle-Guinée elle-même , leur organisation physique les rapproche beaucoup des Nègres Ethiopiens. Ils ont, en général, une taille moyenne et passablement prise , encore que l’on en trouve beaucoup dont la eoinplexion est faible, et les membres un peu grêle. Leur peau qui n’est pas noire , est d’un brun foncé, comme mi -partie des teintes que présentent les types du croisement desquels nous les faisons descendre; elle est souvent affectée d’efflorescences lépreuses; leurs cheveux également intermédiaires, sont très noirs , ni lisses, ni crépus , mais laineux, assez fins , frisant beaucoup naturellement, ce qui donne à la tête un volume énorme en apparence , surtout quand les Papous négligent de relever leur toison et d’en fixer les flocons en arrière. Ils ont peu de barbe, mais elle est fort noire à la moustache ; la prunelle de leurs yeux est de la même couleur, encore qu’ils aient le nez sensiblement épaté , les lèvres épaisses , les pommettes larges, leur physionomie n’est point désagréable et leur rire n’est pas grossier. ( Bory de Saint-Vincent, t. II, p. 365. ) Les femmes ne présentent rien qui mérite une description particulière. Cette description s’éloigne beaucoup de celle que l’on retrouve dans l’ouvrage de M. Virey; mais celte contradiction apparente s’expli-
que lorsque l’on songe que M. Virey a confondu dans une seule et même description, les Papous, les Océaniens , les Australasiens ; en un mot toute la race noire qui occupe les vastes îles de l’Archipel des Indes et de l’Océan pacifique.
Les mœurs des Papous se rapprochent infiniment de celle des Océaniens et Australasiens, il serait donc superflu de donner à cet égard des détails qui trouveront naturellement leur place après la description de ces deux dernières variétés.
Australasiens.
Les Australasiens habitent la Nouvelle-Hollande. Jlsdifîerentbeaucoupdes Papous. Leurs cheveux sont lisses, courts et noirs , leur peau est noire , leurs membres grêles et de longueur disproportionnée au corps. Voici la description qu’en donne Bory de Saint- Vincent , d’après Péron et Freycinet. «La boîte osseuse de la tête serait assez ronde, et point déprimée sur le vertex , mais les mâchoires très prolongées antérieurement y réduiraient l’angle facial à soixante-quinze degrés au plus, et les dents y seraient sensiblement proclives à la supérieure , surtout le front fuyant en arrière , les ailes du nez fort largement relevées ; les lèvres , particulièrement celle du haut , hideusement épaissies et proéminentes , formant une sorte de museau , y donnent au visage la plus déplorable ressemblance avec celui des mandrils. Leurs yeux bruns et assez beaux n’ont aucune
expression Je férocité prononcée ; l’arcade sourcilière, fortement saillante , se couronne d’un poil épais
Un caractère qui distingue très particulièrement 1 Auslralasien, c’est la disproportion qui existe entre les membres et le corps ; ainsi leur tronc est bien constitué, et tel qu’il doit être chez des hommes de lorle taille et doués d’une certaine vigueur physique ; mais des liras longs et grêles , des cuisses et des jambes fluettes , et qui semblent à peine capables de les soutenir, trahissent une faiblesse que les expériences du dynanomètre ont démontrée ( tome n , pag. 021). M. le professeur Gerdy pense que cette disproportion des membres avec les corps 11’est pas dans la nature, et qu’elle tient à l’extrême misère des Australasiens.
Océaniens .
Les Océaniens répandus dans la Nouvelle*Guinée, l’archipel du St. -Esprit, les îles Audermann,Formose, Bornéo, quelques-unes des Philippines et des Molu* ques, se distinguent par leur couleu rjnLQir£Ltrès foncée; l’implantation très exactement demi-circulaire de leurs cheveux noirs et crépus , leur nez écrasé cà la racine et très épaté ; leurs lèvres grosses , leur angle facial très aigu : en un mot, par leurs rapports nombreux avec les Nègres Ethiopiens, leur séjour dans les lies Océaniques remonte à une époque infiniment éloignée et toutes les spéculations des voyageurs
ïl’ont pu donner encore une raison probable de leur première apparition; et même il est à propos d’ajouter que longtemps avant nous , on trouvait quelquefois dans les mêmes lieux , plusieurs variétés de Noirs, plus ou moins éloignées les unes des autres par leurs mœurs et leurs caractères physiques. C’est ainsi qu’à l’époque où Magellan découvrit les îles Philippines ; il reconnut trois sortes de peuples. Sur les côtes , les Maures Malais; d’eux étaient sortis les Tangales qui sont les naturels de Manille. Il attribue l’arrivée de ces peuples à quelque tempête, et il considère comme les véritables naturels du pays, des noirs qui vivaient dans les rochers et les bois épais, dont Manille était remplie. C’étaient des barbares , présentant par leur conformation beaucoup de rapport
avec les Ethiopiens. Tous cependant n} avaient pas lescheveux crépus et courts P quelques-uns les avaient longs et assez lisses .
Par leur morale , plus encore que par leur organisation physique , les trois variétés que nous venons de décrire méritent de trouver place à côté desH ottentots. Repoussés par les peuplades étrangères jusques dans l’intérieur des îles , incapables de cultiver la terre et d’établir avec d’autres nations des rapports commerciaux , ils vivent dans la plus profonde misère. Ils marchent absolument nus , savent à peine se construire des huttes informes , vivent de coquillages et souvent de poissons que la mer fait échouer sur la côte. Quelques-uns font preuve d’une industrie et d’une intelligence un peu plus déve-
96 QES RACES HUMAINES.
loppée. Les Papous, par exemple, se livrent avec une certaine activité à la chasse et à la pèche; mais les Océaniens et les Australasiens surtout sont plus stupides encore que sauvages ; ils ne veulent ni se vêtir ni se loger , on les voit exposés aux plus horribles famines, traîner leurs membres maigres, leur saleté dégoûtante , en se disputaut des nourritures à demi-corrompues (Virey). Au reste , quoique l’organisation de ces malheureux reste partoutà peu près la même , leur moral offre quelques modifications qui varient avec les climats qu’ils habitent , mais il n’entre pas dans mon sujet de rappeler ici toutes ces modifications , et je vais tracer l’histoire particulière des milliers de peuplades observées sur ces lointains et immenses parages. Telles sont les six variétés noires auxquelles on peut jusqu’à un certain point donner le nom de primitive , car bien que j’ai rapporté l’opinion des auteurs qui considèrent les Papous comine formant une variété hybride , issue des Malais et des Nègres Océaniques ou Australasiens , ce fait n’est rien moins que prouvé; c’est une présomption, appuyée sur de simples raisonnements et non sur une véritable expérience. Je vais parler brièvement des Mulâtres, espèce hybride, issue du Blanc avec le Nègre ; quelques mots sur ces produits compliqués des Nègres avec les Blancs, compléteront le tableau de la race
noire.
Mulâlres . .
Le Mulâtre ou individu né d’une Négresse et d’un blanc ou d’une blanche et d’un Nègre , ne diffère de celui-ci que par une coloration noire beaucoup moins foncée. Par tous les autres caractères de son organisation , le Mulâtre est un véritable Nègre; il est inutile d’énumérer de nouveau ses caractères. Cependant nous devons rappeler ici , que tous les Mulâtres sont loin de présenter une conformation identique. Abstraction faite des individualités, il existe chez eux des modifications organiques qui varient selon la .race du Nègre ou de la Négresse qui lui a donné naissance; et à ce sujet nous devons rappeler ici, une -note intéressante puisée par M. Bory de St. -Vincent, dans la relation du premier voyage de Levaillant. « On a vu des Européens s’accoupler avec des Hottentots, et les métis qui en sont résultés , prouvent à quel point les caractères de l’espèce Hotlentote, sont profondément gravés, puisqu’il l’emportent chez eux sur tout autre. Le produit des blancs et des Hottentots s’appelle b aster , nom qui dérive probablement du mot bâtard. Le baster a la couleur d’un vieux citron desséché ; ses cheveux sont tant soit peu allongés, mais sont encore crépus; à mesure que du sang blanc se mêle aux produits du Hottentot et de l’Européen, la teinte blanche augmente, bientôt elle devient la nôtre , et les cheveux finissent par être parfaitement lisses. Mais la proéminence des pommettes des joues, se fait toujours remarquer,
c'est un caractère indélébile, qu’on reconnaît même à la quatrième génération. {Bory de St. -Vincent, t. n.)
Les Mulâtres donnent naissance à des enfants qui ont avec eux la plus grande ressemblance, ainsi, s’élève une nouvelle race déjà très nombreuse dans les Colonies et surtout dans l’Amérique du sud. Mais, unis aux blancs, leurs caractères spéciaux se perdent à la longue, et font place à ceux qui appartiennent essentiellement aux races européennes ; unis aux noirs, ces caractères disparaissent encore, ceux du Nègre les remplacent ; ainsi, le Mulâtre doué d’une organisation essentiellement modifiable, demeure par cette organisation , subordonné aux races qui l’entourent. Ce fait est des plus remarquables.
M. Yirey dit en parlant des Mulâtres, « ces individus qui encombrent nos colonies, n’ont ni l’intelligence aussi perfectionnée que les blancs, ni la soumission laborieuse des Nègres. Ils forment une caste ambiguë, sans rang, sans état fixe, plus prompte à la révolte que disposée au travail ; liais et méprisés des Nègres, comme voulant usurper sur eux les droits des blancs sans en avoir les titres légitimes , et dédaignés des blancs de race pure comme étant inférieurs ; ils sont devenus plus dangereux qu’utiles à toutes les colonies européennes. On les y distingue sous le nom d’homme de couleur ou de petits blancs.»
t. ii, p. i85.) Mais là, ne se bornent pas les mélanges du sang noir avec le blanc. Outre les Mulâtres, on distingue encore les Terceron, les Zambos, etc. On arrive même à une complication de
variétés vraiment inextricable. Nous nous bornerons
à nommer les principales ; le tableau suivant que
nous empruntons à M. Yirey , est ce que nous avons trouvé de plus clair et de plus précis à cet égard.