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CHAPITRE IV

Nous avons déjà dit préccdemmeni, (1) quelques mots de la menstruation, à propos de son but d'activité ; mais il nous faut, en ce moment, donner une description suffisamment intelligible, bien que concise, des divers phénomènes qui constituent cette fonction, afin que le lecteur ne puisse confondre le flux véritablement cataménial, avec toute autre hémorrbagie dont les voies génitales de la femme sont susceptibles de devenir le siège.

On a'donné le nom de menstrues {ptirgatio menstnia), règles, mois, etc., à une excrétion sanguine qui s'écoule par la vulve, et survient, naturelle-

(1) Voy. p. 252 et suiv.

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ment, chez toutes les femmes bien constituées, dès qu'elles ont atteint l'âge de la puberté. Cet écoulement se renouvelle régulièrement tous les mois, jusqu'aux approches de la vieillesse.

Le premier symptôme qui annonce l'éruption des règles, est une odeur sui generis que contracte le mucus vaginal, et qui rappelle assez bien celle qu'exhalent les animaux à l'époque du rut. On sait que cette odeur sert aux mâles à suivre à la piste les femelles en chaleur.

Bientôt le mucus utéro-vaginal éprouve un changement de couleur. De blanc qu'il est ordinairement, il devient brunâtre. Cette coloration est due à la présence de quelques globules de sang, au milieu de globules muqueux, et des fragments d'épithélium qui nagent dans ce liquide.

Après un ou deux jours de durée, cette période est suivie immédiatement de l'apparition du sang, ou bien tout rentre dans l'ordre normal; le mucus reprend ses caractères habituels, et ce n'est qu'un jour plus tard, que du sang plus ou moins pur, s'écoule par la vulve. Ceci

est le commencement de la seconde période.

L'écoulement qui constitue la matière des règles est composé de sang artériel, mélangé au mucus du vagin.

Comme la quantité du sang contenue dans le liquide excrété diminue graduellement, la couleur de celui-ci éprouve des modifications, en rapport avec la proportion des globules sanguins comparés aux globules muqueux. Ainsi, il passe du rouge au brun, et insensiblement il reprend la couleur caractéristique de la sécrétion vaginale.

Examiné au microscope, le sang menstruel contient, au début, une grande quantité de globules muqueux plus ou moins développés, et mélangés à quelques rares globules de sang. Au bout de deux jours, on commence à voiries globules du sang en quantité considérable, et analogues à ceux des vaisseaux artériels. On continue à y observer des globules muqueux, mais de moins en moins nombreux, proportionnellement à ceux du sang; et, enfin, des fragments d'épithélium avec leurs caractères habituels.

Vers la fin des règles, les globules sanguins

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diminuent, pendant que les globules muqueux augmentent, de façon que l'écoulement reprend peu à peu les caractères qu'il offrait dans les premiers jours.

La régularité de ces phénomènes présente toutefois , dans certaines circonstances , des exceptions dont il faut tenir compte. Ainsi, chez les jeunes filles, non encore complètement formées et chez celles qui sont en proie à la chloroanémie, l'excrétion par les organes génitaux revêt l'aspect d'un suintement muqueux, à peine coloré en rouge, par quelques globules de sang disséminés dans le liquiJe.

Nous ne reviendrons pas sur l'évolution qui s'accomplit pendant ce temps dans l'ovaire, et qui a pour résultat l'arrivée du germe dans la cavité utérine. Nous avons suffisamment décrit ailleurs cet acte physiologiciue, pour qu'il n'y ait plus lieu de nous y arrêter davantage. Ajoutons, toutefois, car c'est ici l'occasion, que la théorie de M. le professeur Poucliet, si précise et si séduisante à l'esprit, n'est pas admise dans toute sa rigueur par la généralité des physiologistes actuels, et que M. Coste, entre autres, lui

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oppose certaines objections fondées sur son expérience personnelle. Ce savant prétend, en effet, que la régularité du pliénomènie de l'ovulation peut être troublée chez maintes espèces animales, et chez la femme en particulier, par des circonstances nombreuses, telles que certaines conditions d'abri, de température, d'alimentation, et par-dessus tout, par le rapprochement sexuel. Négrier (1) conteste également quelques points de la doctrine de M. Pouchet, et M. Longet (2) établit surtout ses réserves, sur l'existence de la membrane décrite par le physiologiste de Rouen, sous le nom de decichia. Nous noterons donc, pour nous renfermer dans notre rôle d'historien fidèle, les restrictions apportées sur cet important sujet, par des expérimentateurs également l)al)iles, mais nous nous garderons, jusqu'à plus ample informé, de nous prononcer autrement qu'en disant : Si la doctrine de M. Pouchet n'est pas absolument \r!x\e, elle l'est, du moins, dans l'immense majorité des cas.

(1) Nôgrit^r, Recherches anatomiques et physiu'.oyiques sur ovaires, l'aris, 18i0.

(%) L(Ongef, Traité de Physiologie, t, 11, p. 7291.

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