AGE
de la première apparition DES RÈGLES.
Toulon
Marseille.. . .... .
Lyon
Paris
Gœttingue
Varsovie
Manchester
Skeen
Stockholm
Laponie suédoise.
De ce tableau, il est permis de tirer ces deux conclusions : 1° Que l’époque de la puberté est d’autant plus précoce que la latitude est moins élevée ; 2° Que des deux influences : latitude et température, c’est cette dernière qui domine, comme on peut le voir pour Gœttingue et Varsovie, situés sous la même latitude, mais ne jouissant pas d’une température égale.
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Il est établi sur des données rigoureuses, que le temps pendant lequel la femme est réglée, est à peu près le même pour toutes, toutes réserves faites d’états pathologiques; en ce sens que celles où la fonction menstruelle s’établit le plus tôt, sont aussi celles qui voient arriver le plus promptement l’époque de la ménopause, et vice versa.
L’influence qu’exerce l’âge sur la fécondité a été l’objet des recherches de plusieurs statisticiens ; entre autres de MM. Quételet, Sadler et Finlayson. Elles ont conduit aux conséquences suivantes : 1° Les mariages trop précoces sont souvent frappés de stérilité; ou s’il en naît des enfants, ils ont moins de chances de vie; 2° un mariage, s’il est fécond, à quelque âge qu’il ait lieu, produira un nombre égal de naissances, pourvu que cet âge demeure dans les limites extrêmes d’environ 33 ans pour l’homme et de 26 pour la femme. Après ces âges, le nombre probable des enfants diminue. C’est donc avant 33 ans pour l’homme et avant 26 pour la femme
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que s’observe la plus grande fécondité; 3° s’il s’agit à présent des âges respectifs des époux, on trouvera, dans un Mémoire publié sur ce sujet par M. Duchatellier (1), que les mariages les plus productifs sont ceux oùle mari a au moins l’âge de la femme, ou un âge plus avancé, sans toutefois l’excéder notablement.
Pour préciser, notons exactement les résultats auxquels est arrivé cet observateur, en étudiant plus particulièrement les mariages les plus féconds. Quant à l’âge des conjoints, il a constaté, en formant une catégorie spéciale des mariages qui avaient donné dix enfants au moins, que, sur 51 qui se trouvaient dans ce cas , la différence moyenne d’âge entre lés époux n’était que de 2 ans et un tiers , et que, sur ces 51 unions très-fécondes, il y en avait 12 dont les femmes avaient , terme moyen , 3 ans de plus que leurs maris ; 12 autres où il y avait, à
(1 ) Annales d’hyg. publ. et de méd. légale, Paris, 1845, t. XXXIV, p. 336.
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deux ans près, parité d’âge entre le mari et sa femme, et enfin 27 où l’homme comptait en moyenne de 5 à 9 ans de plus que la femme.
D’où il faudrait évidemment conclure que , dans les conditions ordinaires, le mariage a d’autant plus de chances de fécondité que l’âge des conjoints est plus rapproché, sans toutefois s’éloigner par trop de la période de la vie favorable à la procréation. Ces résultats de la statistique ne sont pas applicables à tous les climats, ni à toutes les races. Ils reçoivent même des démentis, par suite de l’action des modificateurs de toutes sortes sur les organismes.
« La fécondité de la femme dure en général environ 25 ans ; son abolition coïncide habituellement avec l’âge de 45 à 50 ans. Les exceptions à cette règle sont rares. Dans le Würtemberg, on a compté une femme de 45 ans sur 66 accouchées, et seulement une de 50 sur 5,500 (1).
(1) Riecke, loc. cit., p. 12.
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« D’après des calculs établis sur les tables de population de la Suède, pendant 16 années, et embrassant plus de 1,500,000 naissances, on voit que la plus grande fécondité des femmes
se rencontre à l’âge
de 30 à 35
ans. Voici
tableau :
Age des femmes.
Proportions de celles qui ont accouché.
De 15 à 20 ans 1 sur
1 sur
1 sur
1 sur
1 sur
1 sur
1 sur
Au-dessus de 50
1 surl776,0 (1).
Comme la femme demeure féconde environ 25 ans, et qu’une grossesse, quand elle est suivie de l’allaitement par la mère, dure 18 mois en moyenne, il s’ensuit qu’elle peut donner le jour à 16 enfants. Cependant il ne manque pas d’exemples de femmes qui, par suite du prolongement de la période de fécondité, ou par l’effet de grossesses multiples, ont mis au monde 24 en-
(1) Burdach, loc. cit., tome V, p. 114.
fants et plus, dans le cours d’un même mariage.
Certaines unions sont antipathiques et condamnées, par cela même qu’elles violent les lois de la nature, qui a en vue dans le mariage la multiplication et la perpétuité de l’espèce. Je veux parler des alliances entre les membres d’une même famille. La législation civile, aussi bien que les lois religieuses, ont fixé les degrés de consanguinité en deçà desquels elles refusent leur sanction au mariage. Cette prohibition est motivée par des considérations du plus haut intérêt pour les générations, et repose sur ce double fait :
1° Qu’en faisant rentrer le sang dans sa source , on aboutirait à l’abâtardissement de l’espèce ;
2° Qu’on porterait atteinte aux sentiments de famille qui constituent la base de la société, en altérant le respect que l’enfant doit à ses ascendants, et qu’il ne serait pas rare de voir un père ou une mère abuser de son auto-
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rité, pour assouvir une passion criminelle.
Mais ce sentiment naturel n’exerce pas un égal empire chez tous les peuples.
Les Tartares épousent quelquefois leurs filles, mais jamais leurs mères. Il est vrai qu’il peut y avoir à cela un motif autre que celui d’une déférence naturelle ; c’esl que, communément, quand le fils est apte à la génération, la mère a cessé d’être féconde.
Chez les Hindous, le mariage entre parents n’est toléré que jusqu’au troisième degré ; au contraire les Coucis , nation peu éloignée, permettent aux hommes d’épouser toutes leurs parentes, la mère seule exceptée (1). On était libre d’épouser sa sœur au Pérou , à Siam et en Égypte; sa fille, chez les Tartares, les Caraïbes, les Chiliens et les Scythes ; sa mère, chez les Arabes, les Perses et les Parthes ; etc. (2).
Mais ce ne sont pas seulement les mariages
(1) Zimmermann, Taschenbuch der Reisen, t. Xi, p. 257, t. XII, p. 272.
(2) Burdach, Traité de physiologie, tome V, page 53.
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aux degrés prohibés qu’il importe de proscrire. Les unions multipliées entre les mêmes familles ne sont pas moins désastreuses, en ce qu’elles aboutissent toutes à l’extinction prématurée des races. La démonstration de ce fait se trouve irréfutable dans un remarquable travail de Benoiston de Châteauneuf, sur la durée des familles nobles en France (1 ) . Ce savant statisticien , après avoir établi le fait que la plupart des anciennes familles historiques d’une partie de l’Europe ont cessé depuis longtemps d’exister, s’applique à étayer son opinion de témoignages sans nombre, qui ne sauraient manquer de porter la conviction dans les esprits les plus rebelles.
Et cette observation si pleine d’intérêt n’est pas vraie seulement pour la France, elle l’est aussi pour les autres Etats de l’Europe. L’Italie, l’Angleterre, l’Espagne, où l’on cherche en vain les antiques maisons des Manrique, des Alvarès
(1) Annales d’hygiène publique et de médecine légale , t. XXXV, p. 27.
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de Tolède, des Albuquerque, des Amirante, des Aguiiar, des Castro.
Il n’en est pas autrement de l’Allemagne, de la Hollande, de la Suisse, où la descendance mâle de Guillaume Tell s’est éteinte il y a près de deux siècles, en 1684.
Si quelques grands noms ont échappé au naufrage et sont parvenus jusqu’à nous, ce n’est qu’à l’aide de subterfuges de toutes sortes, d’arrangements auxquels se prêtait volontiers la complaisance des princes, tels que substitutions multipliées à l’infini, transmission du nom par les femmes dans des familles étrangères, etc. Les expédients de ce genre fourmillent dans les annales de l’ancienne monarchie.
Il est donc avéré que les familles nobles n’ont qu’une durée éphémère; mais les raisons qu’on allègue sont contradictoires. Pour nous, la vérité est du côté de celle-ci, à savoir : que les nobles ne se mariant jamais qu’entre eux, il est résulté de ces unions sans croisement, un affai-
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blissement physique des races, qui devait finir par en amener la ruine. « Toute aristocratie qui se renferme en elle-même, dit Niebuhr (1), sans remplacer les maisons qui s’éteignent, se consume et meurt : si elle est sévère sur l’égalité des mariages, cela se fait avec une grande ra* pidité. »
Dans une lettre sur l'Influence de la consanguinité sur les produits du mariage , adressée à l’Académie de médecine, il y a peu de mois, M. le docteur Rilliet, de Genève, fournit sur cette question les données les plus positives.
La lettre de M. Rilliet porte en substance :
Qu’il se fait à Genève un nombre considérable de mariages entre consanguins ;
Que son attention a été, depuis bien des années, éveillée sur les résultats fâcheux qui proviennent de ce fait, pour la santé et même pour la vie des enfants.
Ces conséquences sont :
(1) Histoire romaine , traduction Golbéry, t. II, p. 128.
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1° L’absence de conception;
2° Le retard de la conception ;
3° La conception imparfaite (fausses-couches);
4° Des produits incomplets (monstruosités);
5<> Des produits dont la constitution physique et morale est imparfaite ;
6° Des produits plus spécialement exposés aux maladies du système nerveux, et par ordre de fréquence : l’épilepsie, l’imbécillité ou l’idiotie, la surdi-mutité, la paralysie, des maladies cérébrales diverses ;
7° Des produits lymphatiques et prédisposés aux maladies qui relèvent de la diathèse scrofulotuberculeuse;
8° Des produits qui meurent en bas âge et dans une proportion plus forte que les enfants nés dans d’autres conditions ;
9° Des produits qui, s’ils franchissent la première enfance, sont moins aptes que d’autres à résister à la maladie et à la mort.
A ces règles, il y a des exceptions dues, soit
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aux conditions de santé des ascendants, soit aux circonstances organiques dans lesquelles se trouvent les parents, au moment du rapprochement des sexes.
Ainsi : 1° Rarement tous les enfants échappent à la mauvaise influence ;
2° Dans une même famille , les uns sont frappés, les autres sont épargnés ;
3° Ceux qui sont atteints ne le sont presque jamais de la même manière, dans la même famille ; c’est-à-dire, que l’un est épileptique, tandis que l’autre est sourd-muet, etc. (1).
11 est une autre condilion généralement négligée dans la conclusion des mariages , au grand détriment des enfants qui en naissent ; c’est le croisement des tempéraments, des constitutions et des idiosyncrasies ; de façon à en obtenir des produits qui, en vertu de l’hérédité, procèdent des différents attributs propres à cha-
(I) Bulletin de V Académie impériale de médecine, t. XXI,