‹ Des rapports conjugaux considérées sous le tirple point de vue de la population, de la santé et de la morale publiqueChapitre 19 sur 24 · DES «APPORTS CONJUGAUX · texte numérisé non relu

DES «APPORTS CONJUGAUX

(( Vous voyez, d'après cela, que nous n'avons pas même besoin de nous appuyer du passage d'Ezéchiel : Qui ad menstruatam non accesserit et uxorem proxijni non violaverit (xvni, 6), où l'on voit que la cohabitation pendant la crise menstruelle se trouve placée au rang de l'adultère (1). »

Comme conclusion, ajoute plus loin le même auteur, « la femme n'est pas tenue à la reddition du devoir conjugal, pendant l'époque du Ilux menstruel (2). »

11 résulte donc de ce qui précède, qu'au point de vue religieux, l'acte du mariage doit être proscrit pendant l'époque menstruelle, au moins d'après les lois juives et chrétiennes, avec cette différence cependant, que les premières ajoutent à l'interdiction un certain nombre de jours après la cessation de l'écoulement, tandis que les secondes réduisent la prohiljition à la durée de celui-ci.

(1) Debreyne, loc. cit., p. 302 et suiv.

(2) Debreyne, ihid.,^, 313.

PENDANT l'Époque menstruelle. 379 Un livre quia paru récemment et qui se trouve entre les mains de la plupart des femmes, représente la fonction menstruelle sous un aspect pour le moins étrange. Non content de rétablir la véritable signification d'un acte essentiellement physiologique, et de venger la plus belle moitié du genre humain de Tabjection que l'antiquité avait trop longtemps fait peser sur elle^ l'auteur de ce livre, sans compétence, d'ailleurs, pour traiter un tel sujet, considère lafemmecomme une sorte de divinité, précisément à cause du tribut spécial que sonsexe payeàla nature. ((Nous connaissons, s'écrie-t-il dans un accès d'enthousiasme lyrique, cet être sacré qui, justement en ce que le moyen âge taxait d'impureté, se trouve en réalité le saint des saints de la nature (1). »

Nous n'aurions pas relevé une si choquante exagération, si ce n'eût été pour dire combien il est pénible de voir un écrivain, justement estimé pour ses productions antérieures, commettre la

(1) Michelet, VAmour^ Introd., p. viii.

faille d'usurper un terrain qui lui est étranger et faire servir le prestige de son nom, à la propagation d'opinions fausses et préjudiciables à la société.

En effet, s'il fallait en croire M, Michelet, la femme serait une malade, atteinte delà blessure amour qui saigne toujours en elle [l)^ et le devoir du mari consisterait à demeurer dans une perpétuelle adoration devant ce fétiche. On conviendra que de pareilles doctrines sont profondément subversives de toutes les idées admises au sein des ménages.

Mais nous avons hâte d'aborder la question qui nous occupe, sous une autre face, oii nous serons plus à l'aise pour nous prononcer, c'està-dire sous le rapport hygiénique.

Aujourd'hui que l'hygiène n'a plus la foi pour auxiliaire, ses prescriptions, pour n'être pas méprisées, doivent s'étayer sur le raisonnement et l'expérience.

(1) Michelet, U Amour, Introd., p, -xix.

PENDANT l'Époque menstruelle. 3 si Nous nous servirons donc de l'un et de Tautre pour démontrer que les relations sexuelles, pendant l'écoulement menstruel, sont dangereuses pour la femme, pour l'homme et peut-être aussi pour le produit, lorsque par hasard il y a conception.

Quant à la femme, il est hors de doute que toute émotion vive lui est préjudiciable à l'époque des règles. La pratique journalière nous montre des suppressions, résultats d'une commotion profonde, comme la colère, la frayeur, etc. Quelquefois les mêmes causes déterminent l'effet contraire, l'hémorrhagie. Eh bien ! n'est-il pas évident que l'ébranlement nerveux qui accompagne le coït, peut aboutir aux mêmes conséquences, et de préférence amener des pertes ? Mais il ne s'agit pas, en ce moment, d'une vue de l'esprit, d'une probabilité ; nous avons eu sous les yeux maintes fois des preuves de ce que nous avançons, et tous nos confrères en auront, sans doute, recueilli un bon nombre, chacun de son côté.

Au surplus, l'influence nerveuse n'est pas

seule en cause ici. L'action mécanique elle-même joue un rôle important dans la produclion des accidents qui surviennent parfois dans les circonstances dont il est question. Elle augmente la turgescence des parties et exagère la fluxion normale, jusqu'à lui faire atteindre les limites du inolimen hémorrhagique, qui se résout en un écoulement immodéré, en une véritable perte.

Enfin, le péril que nous signalons ici ne naît pas exclusivement à l'occasion du flux cataménial ; il est lui-même inhérent à l'acte génésiaque, toutes les lois qu'il existe une hémorrhagie par la vulve, de quelque source qu'elle émane, du reste. Nous estimons donc qu'il serait oiseux de chercher, pour ce motif, à diiïérencier par l'aspect du sang ou par tout autre signe, l'écoulement qui appartient à la fonction périodique, de celui qui n'est que le symptôme d'un état morbide. Uuelle que soit donc son origine, l'écoulement du sang par les parties génitales de la femme commande impérieusement le repos de ces organes.

PENDANT l'Époque menstruelle. 3 83 Pour rhomme, le danger résulte, non pas de qualités virulentes qui seraient propres au sang des menstrues, comme le pensaient les anciens et comme quelques-uns le croient encore à l'heure actuelle. Non, « le sang des règles n'a point cette malignité que lui ont prêtée certains naturalistes. C'est à tort que les auteurs ont écrit que les femmes, dans le temps de cet écoulement, font mourir, par leur toucher, une vigne qui pousse ; qu'elles rendent un arbre stérile; qu'elles font tourner les sauces, aigrir le vin et le lait ; rouiller le fer et l'acier; quelles procurent des fausses couches aune femme grosse; qu'elles en rendent une autre stérile; qu'elles font enrager un chien, rendent un homme fou, etc. , etc.

ce Paracelse regardait le sang menstruel comme le plus subtil des poisons ; il assure que le diable en fabrique les araignées^ les puces, les chenilles et tous les autres insectes dont l'air et la terre sont peuplés.

c< Le sang des règles ne diffère en rien du sang ordinaire, et n'a aucune mauvaise quahté, si la

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