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à changer ; subitement à l’occasion d’un simple déplacement de chambre en chambre, l'œuf s’ouvrit. Il fallait que ses membranes fussent singulièrement friables pour se rompre après une si faible secousse. C’est ce qui fut trouvé PA après la délivrance. La caduque resta et donna lieu, malgré l’antisepsie la plus soignée, à des phénomènes ‘ECS septiques, dont le traitement vint d’ailleurs vite à bout. a RS Ajoutons en terminant qu'il y eut rétention de la caduque: à | comme si le fœtus avait été retenu macéré dans l'utérus, tandis qu’il vint au monde vivant.
Onsenvarion VI (1) (due à M. BoNNAIRE).
Le Une jeune femme de 18 ans, primipare, entre le 4er avril 4894 à l’hô-- E sue pital St-Louis dans le service d'accouchement; elle était arrivée au 5 k 5e mois de sa grossesse. Le matin, au moment du lever, elle fut subi- | tement prise d’une perte de liquide abondante, qu’elle nous dit tout PRE d'abord être du sang; nulle fatigue extraordinaire, nul traumatisme | général ou local ne donnait la cause de l'accident ; lécoulement se pro- Rx duisit tout d’un coup sans s’'annoncer par aucun malaise, ni aucune douleur 54 x utérine : sa durée fut trés courte. Le flot écoulé, la malade perçut une vague sensation de constriction douloureuse dans le bas-ventre, mais déjà, Le au moment où elle se présente à nous, ce symptôme avait disparu : 40 elle vint d’ailleurs à pied à l'hôpital et put effectuer le trajet sans que. pe la perte se reproduisit et sans éprouver de malaise. Dès le début de (ÈS l'examen, un fait nous frappe les yeux ; la malade est syphilitique ; les $3 nombreux stigmates spécitiques qu’elle présente, rendus encore plus manifestes par l’aggravation gravidique : plaques papuleuses saillantes 6 et disséminées par tout le corps, adénopathie, angine, plaques muqueuee ses vulvaires hypertrophiques, indiquant la date récente de la maladie. Bien que vagues, les renseignements fournis par la malade nous donnent à penser qu'il s’agit d'une syphilis conceptionnelle.
L'examen local obstétrical n'offre rien de particulier. L'abdomen est ‘17 modérément distendu par un globe utérin régulier dans sa forme et
(1) BoxxamRE, Semaine médicale, avril 1891.
NC Da dans sa consistance, qui affleure l’ombilic par sa partie supérieure, comme il est de règle, quoiqu'on en ait dit, pour les grossesses de cinq mois révolus; la palpation n'éveille aucune douleur, et, point important, nous percevons sans peine un ballottement fœtal trés accentué ; les battements du cœur de l'enfant sont très réguliers et bien frappés. Fort heureusement, pour la facilité de notre diagnostic, la malade était encore vêtue des vêtements qu'elle portait au moment de la perte; aussi nous pouvons nous rendre compte à défaut de la quantité exacte, du moins de la qualité et des caractères apparents du liquide écoulé.
Sur une étendue de 4 à 5 travers de main, le linge est imbibé d'une tache unique, de teinte rouge trés claire, un peu plus foncée sur les bords qu’au centre ; il n’y a pas trace de caïllot, et l’étoffe bien que légèrement raidie n’est pas aussi indurée que s’il s’agissait de la coagulation fibrineuse d’un flux sanguin. Je ne puis mieux comparer l'apparence laissée par cet écoulement qu'à celles des menstrues très pâles. Par le toucher le doigt arrive sur le col utérin parfaitement au repos, non effacé et non perméable à l'index; le vagin est souple et ne renferme pas de caillots ; pas plus que le palper, cette investigation interne n’éveille de douleurs utérines.
La couleur, la consistance, l’absence d’odeur, l’abondance et surtout le mode d'écoulement brusque du liquide, l'absence antérieure de toute collection pathologique ayant pu s'ouvrir, indiquée par les commémoratifs, nous amènent à penser qu'il s’agit d’un écoulement d’origine utérine. Restait à savoir si le liquide venait du col utérin, de la paroi du corps, de l'épaisseur ou de l'intérieur des enveloppes de l'œuf ; en d’autres termes s’il s'agissait d’une hémorrhagie, d’une hydrorrhée déciduale ou d’une hydrorrhée amniotique.
Au cours des premiers mois de la grossesse, il n’est pas rare de voir survenir des écoulements sanguinolents régulièrement intermittents ; ils peuvent n'être autre chose qu'une persistance anormale des règles ; nous ne pouvions nous arrêter ici à ce diagnostic : la cessation de la menstruation datait déjà de cinq mois et le mode d'écoulement actuel sous forme de flot, nous suffisait pour éliminer cette hypothèse.
Continus ou irrégulièrement intermittents, ces écoulements sont souvent symptomatiques d’un état fongueux de l’endométrium cervical ; mais en ce cas, c'est du sang pur qui s'écoule au dehors, et lorsqu'on pratique le toucher, on pénètre aisément dans un col entr'ouvert, à à l’intérieur duquel on retrouve un revêtement tomenteux et saignant
sf Ve : VE HS | DOS 2 ue : facilement. Il peut arriver dans des cas très rares, qu'une hémorrha- 2 ae gie produite aux dépens de la caduque et du placenta, se collecte entre ï ct F l'utérus et l'œuf « et donne lieu, une fois le caillot formé, à un suinte- : “ ment extérieur de sérum teinté, par suite d’une sorte d'expression de LRO * coagulum. Si les caractères de ce liquide sont les mêmes que ceux que te nous avions sous les yeux, nous n'avions pas à penser à une telle ori- je ù gine, les hémorrhagies internes de l'utérus gravide étant des complica- 4 A tions de la fin de la grossesse, et s’accompagnant de phénomènes géné- es Ü 5 raux graves et d'augmentation de volume de la matrice » que nous ESS d n'observions pas chez notre malade. Nous avions donc à décider si le (EUX Ex? a. flux provenait de la caduque ou si l'œuf ouvert laissait s’écouler un li- TN -# quide amniotique. Pour trancher la question, il ne faut pas trop, d’une s 4 façon générale, compter sur les commémoratifs. La femme peut avoir - 4 des raisons pour les dénaturer, aussi me suis-je attaché à demander à s % l'examen physique les renseignements nécessaires pour asseoir le dia- 3 1 gnostic. £ Ë 4 { A supposer que l'œuf eut été ouvert et que la tache observée par nous : F “a Le | eut été constituée par un mélange de liquide amniotique et de sang È se provenant de l’effraction de la caduque, nous aurions assurément cons- ee É taté, étant donné la date récente et l'abondance du flot, une évacuation Li À de la cavité de Pœuf ; il y eut eu disparition du ballottement fœtal ; or j'in- Fe É siste de nouveau sur ce point ; en percutant la paroi abdominale à diffé- ù ‘2 4 rents niveaux, on obtenait très nette la sensation typique du double choc : sa b. que donne le bloc de glace déplacé du bout du doigt dans un verre 2 4 d'eau. Songeant toutefois que nous étions en présence d’une femme in- HA > fectée de syphilis, nous avions à nous demander si chez elle, il n’y avait LP 3 pas eu hydramnios précoce, et s’il n'y avait pas eu éclatement de la | ee # coque de l'œuf ayant eu pour effet de faire écouler le trop plein des NET + eaux, et s'il ne restait pas assez de liquide pour simuler les apparences £ ÿ î d’une grossesse normale de cinq mois. Pourm'en assurer, je saisis par le pes l palper combiné au toucher l'organe gestateur, du col à sa partie supé- rar 1 rieure ; je le déplaçai et le comprimai modérément dans divers sens : É a 5 par ces tentatives je n’arrivai pas à faire sourdre dans le vagin la moin- ne
dre quantité de liquide ; ce phénomène se fut certainement produit s’il y eut eu ouverture de l'œuf, Je m'arrêtai ainsi par voie d'exclusion au diagnostic d'hydrorrhée déciduale. L'utérus était calme, le col fermé, 2 l'œuf intact, le fœtus bien protégé et tout au moins pour le moment
bien portant. Je me contentai de maintenir la femme au repos au lit, Roy 5 '
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et je ne jugeai pas utile d’instituer à l'aide des opiacés, le traitement d'une fausse-couche problématique. Mais en même temps, j'estime avoir avisé au plus pressé, en administrant sans délai dans lintérêt de l’en-
fant, le traitement antisyphilitique habituel. Chez notre malade, la syphilis se manifeste par des symptômes trop accusés pour que nous n’admettions pas que l'infection générale ait re- s tenti sur l’état de la caduque. Nous devons donc considérer le pronostic comme grave chez elle au point de vue de l’avenir de la grossesse actuelle. Déjà du fait seul de l'infection, il doit être très réservé en ce 4 qui concerne le fœtus ; du moment où nous sommes en présence d’un symptôme qui se relie aux altérations de la paroi de l’œuf, nous devons. penser que le fruit déjà taré est mal rattaché à l'arbre et se trouve ex-
posé à tomber prématurément.