CHAPITRE PREMIER
L'hérédité similaire existe sans conteste et on peut l'observer fréquemment. La chlorose peut frapper la totalité des femmes dans une même famille pendant plusieurs générations Quelques auteurs,cependant,ne regardentpas la chlorose comme une maladie héréditaire. Mais il existe des faits innombrables qui établissent l'hérédité directe de cette maladie. Rech, de Montpellier (Coleman, Thèse de Montpellier, 1840), citait, dans ses cours, l’histoire de quatre sœurs, qui, à l’époque de la puberté, furent successivement prises de chlorose; leur mère avait été ellemême chlorotique.
Mashall-Hall faisait observer que lorsque, dans une même famille, plusieurs filles sont affectées de chlorose, il est fréquent de voir les hommes porter une päleur habituelle. ;
C'est aussi l'avis de Potain : « Les filles d’une femme chlorotique, dit-il, sont souvent toutes chlorotiques, quelque excellentes que soient du reste les conditions où on les fait vivre et, dans certains cas, les enfants du sexe masculin n’échappent pas eux-mêmes à la prédisposition ».
C'est aussi la manière de voir de Germain Sée, qui cite l'exemple d’une famille dont la grand’mère et la mère présentaient le signe de la chlorose. Les enfants, une
here
fille et deux garçons, pâlirent dès les premiers mois de la vie et conservèrent quelque temps une décoloration très prononcée, avec bruit de souffle et tous les attributs de la constitution chloro-anémique, malgré le maintien de l’'embonpoint et des forces.
«Il n'est pas nécessaire, dit Nonat, que la chlorose existe actuellement chez les parents pour que cette transmission ait lieu: il suffit que les parents aient été chlorotiques pendant leur jeunesse ».
À en croire Hayem, il ne faudrait pas, cependant, exagérer cette fréquence. Hayem, en effet, chez les malades de la ville où il a pu contrôler le diagnostic de chlorose chez la mère et chez les filles, n’a rencontré l’hérédité directe qu’une fois sur 20 cas. « On devra donc, avant d'affirmer, dans un cas donné, l'existence de l’hérédité directe, s'assurer qu’il n’existe pas d’hérédité indirecte, ni de cause capable de faire éclore la chlorose chez les individus prédisposés ou non, mais chez lesquels la maladie n'aurait pas évolué d’elle-même » (Luzet).
L'hérédité indirecte est beaucoup plus fréquente. Elle paraît pouvoir être due à des maladies diathésiques très diverses. Trousseau, Combal, Lund, ont insisté sur ce point.
Et parmi ces maladies diathésiques, la tuberculose serait une des plus souvent incriminées, et, avec elle, la syphilis, le mal de Brigth, le cancer, l'alcoolisme, l'arthritisme, pris dans son sens le plus large, etc., ete.
Dès 1838, Ashwell se demandait «si la phtisie est une conséquence de la chlorose et de l’aménorrhée, ou bien si ces dernières ne sont qu'un symptôme de la première affection, où au moins de la disposition préalable de l’organisme à la phtisie ».