‹ Des Rapports de la Grossesse Gémellaire avec l'Éclampsie PuerpéraleChapitre 9 sur 12 · MAN ES · texte numérisé non relu

MAN ES

Stadfelt a constaté 9 fois sur 46 autopsies la dilatation de l’urelère. Olhlausen dit avoir constaté la même lésion dans 116 cas.

Tibone à publié l'observation d’une femme primipare âgée de 19 ans qui fat atteinte d'éclampsie au commencement de la dilatation. L'accouchement fut terminé par une application de forceps : deux jours après on pul extraire par la soude 400 cc. d'une urine noire et fortement albumineuse. La femme succomba. Les constalalions anatomiques principales consistèrent dans l’anémie du cœur, du cerveau, des poumons et dans une dilatation assez prononcée des deux uretères à parür de leur origine jusqu’au point où ils contournent le col de l’utérus.

Marfan à relaté dans le Progrès médica!, 6 juin 1885, l’aulopsie d’une femme ayant succombé à l’éclampsie: il a trouvé une dilatation de la partie supérieure de l’uretère droit du bassinet et du calice du même côté, dilatalion ayant produit un état atrophique simple avec léger degré d’artériosclérose mais sans dégénérescence graisseuse de l'épithium excréleur.

On peut conclure des constatations des différents auteurs que l’uretère doit être comprimé souvent par Putérus gravide et la grossesse gémellaire en particulier favorise celte compression par suile de la distension exagérée qu'elle imprime à la matrice.

La compression de l’uretère par le segment inférieur de l'utérus dilaté équivaut à une ligature placée sur le canal excréteur de l'urine et les conséquences de cette ligature sont faciles à comprendre el à interpréter en examinant ce qui se passe dans des faits cliniques analogues tels que les cas de fibromes volumineux aboutissant à la ligature momentanée, : au pincement de l’uretère. Celui-ci élant comprimé soit de un peu au-dessous de son point d'émergence soit dans

l'étendue de son parcours à travers la cavité du bassin soit à son point d'abombement dans la vessie, il y a d'abord difficulté dans l'écoulement de l'urine puis accumulation de ce liquide, au-dessus de l'obstacle. L'urine continuant à s'écouler, le bassinet se dilatera à son tour et il en résultera une tension plus grande au niveau du point où se fait la dialyse rénale et l'albuminurie ne tardera pas à apparaitre, Il est certain qu'il faut faire intervenir comme une circonstance adjuvante la compression de vaisseaux sanguins qui coinciderait avec celle des uretères et alors les effets s’ajoutant la quantité d’albumine excrétée sera naturellement augmentée.

La tension anormale qui existe au niveau du rein est pour lui une cause importante d'irritation. Les parties de cet organe qui président par une sorte de sélection au passage de certains principes contenus dans le sérum souffrent de celte violence. Leur fonctionnement normal est perverti. L’albumine trouve libre passage mais l'issue des produits de désassimilaüon est entravée. [l n’est pas nécessaire d'invoquer une lésion rénale : un simple trouble fonctionnel se traduisant analomiquement par de l’hyperthémie suffit à expliquer l’albuminurie du moins au début. Si en eflel l’excès de pression au niveau des éléments excrétenrs persiste, lhyperhémie qui ne fait que traduire un trouble fonciionnel fera place à une lésion organique persistante qui est la plupar!du temps de la néphrite épithéliale. Cette lésion se propageant restreindra de plus en pius le champ de l’émonctoire rénal et par suite l'élimination des déchets sera de moins en moins complète et l’éclampsie éclatera bientôt, car les principes toxiques continuent à s'accumuler et sont portés rapidement à des doses dangereuses.

Il est certain que la théorie de l’auto-intoxicalion ne peut expliquer à elle seule pourquoi l'éclampsie survient de préférence chez les primipares beaucoup plus souvent que

chez les mullipares pourquoi elle n'apparait guère que dans les présentations du sommet, enfin pourquoi elle apparait de préférence dans les grossesses gémellaires. Les primipares, et en parücnlier les primipares ayant deux jumeaux, sont plus sujeltes à avoir des accès éclamptiques parce que chez elles le rein qui constitue l’émoncloire le plus parfait de l'organisme devient plus facilement insuffisant par suite de la compression des uretères. Certes, chez toutes les femmes enceintes il y a accumulation dans le sang de principes toxiques, ét par conséquent, toutes sont sujelles à avoir des accès éclamptiques. Mais le danger sera beaucoup plus grand chez celles dont le rein sera entravé dans son fonctionnement normal par un obstacle mécanique important comme l'est assurément la compression des canaux vecteurs de l'urine. Le rein étant le filtre épurateur par excellence de l’organisme, s’il vient à être lésé, les produits de désassimilalion ne passeront plus, l'albumine décélée dans l'urine et l’éclampsie ne tardera pas à apparaitre. L'albumine est pour ainsi dire le réactif de la lésion rénale, c’est le cri de lorgane malade el son abondance est en général en rapport avec l'étendue des parties malades. Or, plus celle-ci est grande, plus l'excrétion est insuffisante, plus proche est le danger. On comprend donc combien il est important de rechercher l’albumine dans les urines des femmes enceintes.

Op

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