EXAMEN DES DEUX PREMIÈRES COMBINAISONS
instrument de tyrannie, qu'arrive-t-il à la relî^on dominante, la seule à laquelle appartienne véritablement le nom de religion d'Etat? Dépouillée du pouvoir et du prestige tout humain que le pouvoir ne manque pas d'apporter avec lui^ elle ne possède plus que la richesse, elle devient un objet de vulgaire cupidité et de basse envie. C'est précisément ce qu'est aujourd'hui l'Église oflScielle de TAnglelerrc ; car on sait que le clergé anglican possède à lui seul une plus riche dotation, plus de biens matériels que tous les clergés réunis de la terre. Voilà un bel exemple donné par des hommes qui ont fait vœu d'humilité et de pauvreté ! Une religion d'État, une religion politique et nationale était parfaitement à sa place chez les nations païennes, dont chacune avait ses dieux particuliers, les dieux protecteurs de la patrie, et qui, considérant la religion comme une œuvre purement humaine, la faisaient servir naturellement à leurs desseins. Mais une telle institution est absolument incompatible avec les principes fondamentaux du . christianisme, avec la croyance en un seul Dieu créateur de l'univers, avec le dogme de la fraternité humaine, avec l'idée d'une société spirituelle qui embrasse toutes les nations et toutes les races.