VI AYANT-PROPOS
Partout où apparaît rhomme dans le passé ou dans le temps présent, nous le voyons sociable et religieux. Il est, d'une manière générale, Tun et Tautre simultanément et au même degré. Aussi n'est-il pas possible de supposer que ces deux caractères dominants de sa nature, il puisse les perdre sans cesser d'exister. Mais la société n'est pas une pure abstraction ; elle ne vit réellement, elle n'est réalisée que dans l'État, après avoir commencé par la famille. Gela revient à dire que l'État, aujourd'hui l'objet de tant de vides déclamations, c'est la société organisée, pourvue des organes nécessaires à son perfectionnement et à sa conservation. La religion, elle aussi, n'est qu'une ombre, une idée changeante dé notre esprit ou une vague aspiration* de notre sensibilité, quand elle n'a pas donné naissance à des dogmes, à une morale, à une tradition, à un culte; en un mot, à une organisation ou société religieuse^ à ce qu'on appelle une communion, une Église.
. Entre l'État et les églises, ou l'Église, quand il n'y en a qu'une seule; entre la société civile et la société religieuse, il y a donc des rapports nécessaires, inévitables, indestructibles et, par conséquent, des devoirs réciproques, des droits respectifs. Ces devoirs et ces droits, alors même qu'il n'y aurait