‹ Des rapports de la religion et de l'ʹetatChapitre 4 sur 30 · AYANT-PROPOS VII · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS VII

jamais eu de concordat, n'en existeraient pas moins, car ils s'imposent d'eux-mêmes à la raison du philosophe, à la sagesse du législateur, à la prévoyance et à Téquité de l'homme d'État. En quoi consistent-ils dans l'état actuel de nos institutions et de nos mœurs, quand la religion n'a pas assez de force pour dominer l'État, ni l'État pour imprimer à l'Église un caractère politique et national, comme Henri VIII a réussi à le faire en Angleterre et comme la Constituante et Robespierre, sous deux formes différentes, l'ont vainement tenté en France à la fin du dernier siècle? Tel est le problème à résoudre, et il n'y en a pas de plus compliqué, de plus délicat, ni qui soit d'un intérêt plus universel, j'oserai dire plus actuel. Tous les esprits sérieux de notre temps, ceux qui ont gardé Taatique foi, comme ceux qui songent à la détruire, en sont occupés à leur manière, mais se heurtent également aux difficultés qu'il présente.

Dire que la religion doit se recueillir en ellemême afin de vivre uniquement de sa vie spirituelle ; que tout autre souci que celui de gouverner les âmes et de les diriger dans ^ voie de leur éternel salut doit lui rester étranger, c'est se 'payer de mots. Toute religion, à quelque point dç mysticité qu'elle aspire ou qu'elle soit parvenue, s'exerce et se professe sur

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