‹ Des rapports de la religion et de l'ʹetatChapitre 5 sur 30 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

la terre, non seulement au sein de la société prise en général, mais au sein d'une société revêtue d'une forme particulière, au sein d'un État ou de plusieurs États déterminés. Il est donc impossible qu'elle ne rencontre pas à chaque pas les institutions civiles et politiques et ne soit pas obligée de compter avec elles et sur elles, d'accepter leur protection, dont aucune personnalité individuelle ou collective ne peut se passer, et de subir, dans une mesure définie, leur autorité. Ni ses fidèles, ni ses ministres, ni ses temples, ni ses écoles, ni ses associations pieuses, de quelque nom qu'elles s'appellent, ne sauraient subsister en dehors de l'action des lois, des tribunaux, des pouvoirs publies, de l'organisation que le corps social s'est donnée ou que les siècles et les événements lui ont faite.

Il n'est pas plus raisonnable de soutenir que l'Etat peut, que l'Etat doit rester indifférent aux choses de la religion, que sa tâche se borne à empêcher les différentes communions de s'opprimer les unes les. autres, ou de troubler la paix publique, et que, en dehors de ce rôle de commissaire de police, il n'a pas à s'inquiéter d'elles, n'ayant rien à gagner à leur conservation, ni à perdre à leur ruine. Il va sans dire que l'État n'a pas qualité pour intervenir en matière de culte et de dogme ou pour résoudre

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