‹ Des rapports de la religion et de l'ʹetatChapitre 6 sur 30 · AVANT-PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS IX

des questions de théologie. Mais il n'a pas qualité non plus pour résoudre des questions littéraires, scientifiques, philosophiques, esthétiques, et cependant il se croit obligé de protéger, d'encourager, de subventionner, de faire enseigner à ses frais les lettres, les sciences, la philosophie et les beauxarts ; il se tiendrait même pour déshonoré »'il ne le faisait pas. A-t-il donc moins d'intérêt à ne pas laisser périr dans son sein les idées religieuses? Ces idées et les mâles vertus qu'elles entretieanent dans le cœur humain, la charité, la résignation, la piété filiale, la foi dans une éternelle justice, sontelles pour lui une nxoindre force, un moindre sujet de respect de la part des nations voisines, quç l'étude de la physique et de la chimie, de la grammaire comparée, 'de la logique, de la peinture et de la sculpture? Voici une autre objection à laquelle les partisans de l'indifférence de l'État en matière de religion auront, je crois, quelque peine à répondre . L'État , tel qu'il est constitué parmi nous, l'État moderne en général a la prétention de donner satisfaction à tous les besoins essentiels d'une société civilisée. Voilà pourquoi il a des musées, des théâtres, des bibliothèques publiques, des jardins publics, des académies, des écoles de tous les degrés et de toutes les espèces. Gomment admettre

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