A LA TROISIÈME PARTIE
Za loi dn saoeirclooe dans l'histoire f^énérBle des temps cbrétiens «t des peuples chvétieiis.
a. Puisque nous diBtmguons la loi du sacerdoce de la légalité du sacerdoce (voy. les Append. gén. de la 2*> part., etl'Append. du § 5 de la 3® part.)» il nous faut rechercher ceUe loi du sacerdoce non seulement dans les textes des diverses législations, mais en dehors de ces textes.
Nous avons constaté que la société faitielle-même sa loi par ^s mœurs, par ses croyances, par ses tendances de races, par ses opinions vraies ou fausses, par ses principes, par ses iguoranoes ou par ses préjugés, par des instincts vagues, peut-être. Mais il faut ajouter que chaque nation, aussi bien que chaque individu, dans le développement de sa vie historique, agit en vertu de sa liberté, avant le jour oti la loi ravèt sa formule, dans tout ce qui la prépare, et que, par conséquent, Thistoire de la vie des peuples renferme l'histoire du droit.
L*histoire des individus, la biographie spéciale peut aussi fournir des chapitres à l'histoire du droit. Constantin, Gharlemagne et môme François d'Assise ont ainsi trouvé place dans notre Étude sur les relations légales du sacerdoce et de Tautorité civile.
La loi du sacerdoce subit, par suite* les effets de la contingence. Elle se trouve en relation avec les événements généraux ou particuliers, en relation avec les peuples, en relation avec les hommes qui ont une place marquée dans l'histoire.
Elle-même est représentée par une institution, l'institution sacerdotale. Elle est représentée aussi par des individualités qui, parfois, agissant en son nom, la feraient presque oublier, tant elles apportent résolument leur personnalité dans l'histoire.
On pourra suivre la vie de Richelieu, par exemple, sans se rappeler qu'il est prêtre, et que, s'il ne l'eût pas été, il n'eût été
rien. Ricbelieu, dans un rang secondaire, eût été annulé : il lui fallait un premier rôle et la robe rouge du cardinal.
D'autre part, Tin&titution du sacerdoce, au milieu des sociétés chrétiennes, est dominée par Tinstitution de la papauté. Le sacerdoce est représenté au degré le plus éminent par les papes.
D*où il suit qu'il faudrait pouvoir tenir compte du mouvement libre de la volonté humaine dans les individus et dans les peuples, de la conscience publique et do la conscience particulière, des événements fortuits et d'une foule de contingences, de la hiérarchie sacerdotale, du pontificat suprême, des grands caractères historiques et du génie, pour expliquer comme il convient la grande loi du sacerdoce dans Thistoire générale des temps chrétiens et des peuples chrétiens, nous ne disons pas seulement « la légalité », depuis le Galiléen Pierre jusqu'à Léon XllL
b. Les Apôtres, Pierre, Jacques, Jean, et autres qui ont suivi le Maître depuis l'origine, ou Paul, converti sur le chemin de Damas, ne sont pas des prêtres, aux yeux des représentants du sacerdoce institué par Moïse. Ils n'appartiennent pas à la race d'Aaron; ils n'offrent pas le sacrifice sanglant des victimes; ils n'usurpent aucune fonction dans le temple bâti par Salomon.
Le premier caractère du sacerdoce nouveau dans l'histoire est donc de n'être pas issu d'un sacerdoce précédent, ou même de n'être pas, à ses premiers jours, un sacerdoce apparent. Il semble qu'il s'agisse d'une école surgissant dans le Judaïsme : Et verbum Doniini crescebat et multiplicabaturnumerus discipulorum in Jérusalem valde (1). Le nom de ceux qui croient est celui de disciples. Beaucoup de prêtres juifs deviennent « disciples, » sans que l'on dise qu'ils abandonnent leur sacerdoce ou qu'ils entrent dans un sacerdoce nouveau : Multa etiam turba sacerdotum obediebat fidei (2).
Etienne, diacre, est le premier à propos duquel la rivalité de deux sacerdoces paraisse soulevée. On suscite des faux témoins, falsos testes (3), qui disent : Il annonce que le temple sera détruit et les traditions de Moïse changées. C'est une attaque directe contre le sacerdoce ancien. C'est la première, et elle est produite par des faux témoins.
Etienne meurt lapidé. Voilà le premier martyr. Pierre avait été mis en prison déjà. Pierre et Paul, fondateurs du siège de
[{) Act. Apost.f VI, 7.
(2) Ibid.
(3) Act. Apost,^ VI, 13.