LÉS RÉACTIONS CUTANÉES CHEZ LES ÉRYTHÉMATEUX
On voit que la tuberculine donne chez les tuberculeux une réaction spéciale indiquée par M. Mantoux. Nous avons vu également que chez des sujets atteints d’érythème noueux elle provoque une réaction reproduisant Ia lésion et qu’on peut tirer argument pour établir la nature tuberculeuse de certains cas de cette affection. Mais en dehors de cette dernière dermatose on observe à la suite de l'injection de tuberculine des réactions d’ordre différent. |
C'est ainsi que MM. G. Thibierge et P. Gastinel étu-
diant l’action de la tuberculine chez certains malades:
atteints d’érythème polymorphe, ont vu se développer au niveau de l'injection une réaction reproduisant très exactement le type des éléments apparus spontanément, La similitude était telle que, sans la persistance au lieu de l’injection de la trace de l’aiguille, il aurait été impossible de äistinguerles éléments Spontanés de ceux repro-
duits ainsi expérimentalement, Enfin ces mêmes a uteurs,
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poursuivant leurs études sur l’urticaire, obtinrent des
réactions analogues aux éléments préexistants. Nous
avons également obtenu des résultats semblables chez un sujet présentant de l’érythème purpurique.
Il résulte de l’exposé ci-dessus que la tuberculine donne des réactions locales reproduisant chez certains érythémateux le type de l’éruption spontanée.
Cette réaction apparait ordinairement dans les vingtquatre heures qui suivent l'injection, et les caractères qu'elle présente persistent pendant le deuxième jour et disparaissent d'autant plus lentement que ceux-ci ont été plus marqués.
Mais si la tuberculine paraît agir de telle sorte que dans les érythèmes aigus elle reproduise la lésion caractéristique de l’éruption spontanée, cetie propriété ne lui appartient pas en propre.
En effet, plusieurs produits toxiques, tels que le sérum antitétanique, le sérum antidiphtérique, et même d’autres solutions de nature toute différente, telle que l’eau salée physiologique, l’eau salée hyper et hypotonique peuvent, chez les sujets atteints d’érythèmes aigus, provoquer une réaction locale quand on les injecte sous la peau aux mêmes doses que la tuberculine.
Ces réactions, que l’on trouvera exposées dans les observations qui suivent, peuvent présenter différentes modalités dans leur nature et leur intensité que nous allons étudier.
Il nous restera dans la suite à rechercher quelle est
la valeur de la réaction cutanée produite par ces sub-
stances, comparée à la réaction tuberculinique, et nous
DRE chercherons à établir quels sont dans le cas des érythèmes les facteurs qui régissent ces réactions cutanées et quelle en est la valeur diagnostique et étiologique.
C’est le sérum antidiphtérique qui s’est montré le plus actif, En effet nous avons obtenu 36 réactions avec lui, alors que injecté un nombre égal. de fois le sérum antitétanique n’a réagi que dans 28 cas.
D'autre part, les réactions provoquées par le premier se sont presque constamment montrées plus intenses, dépassant presque toujours celles produites par la tuberculine. Les réactions avaient un caractère inflammatoire plus accusé, les lésions étaient plus étendues, quelques-unes même à tendance purpurique, mais leur infiltration n’était guère plus accentuée que dans les auires lésions expérimentales,
Les réactions au sérum antitétanique, par contre, se sont montrées avec des caractères plus proches de celles obtenues avec la tuberculine. Quelquefois inférieures en intensité et en étendue, elles étaient ordinairement plus intenses.
Quant à l’action des différentes solutions salines nous voyons que toujours elle à été plus faible que celle des autres sérums toxiques.
Le nombre de ces dernières injections que nous avons pratiquées n’est pas assez grand pour que nous puissions tirer des données définitives sur l'intensité comparée des réactions qu'ils provoquent. 6 Il semblerait cependant que celles produites par le
sérum hypertonique seraient un peu plus intenses que celles du sérum hypotonique.