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CHAPITRE IV

DES RÉFLEXES TENDINEUX DANS LES MALADIES DU SYSTEME NERVEUX ET DANS QUELQUES MALADIES AIGUES.

Nous allons étudier maintenant comment se comportent les réflexes tendineux au point de vue pathologique et voir quelles sont les maladies qui produisent leur exagération et quelles sont celles qui déterminent la disparition des réflexes tendineux normaux, c’est-à-dire du phénomène du genou, mais auparavant, considérons d’une façon générale quelles lésions de la moelle influent sur ces phénomènes.

Nous savons déjà qu’en sectionnant les cordons postérieurs de la moelle on abolit le réflexe du genou, par conséquent on ne sera pas étonné de le trouver absent dans l’ataxie locomotrice ; mais l’arc réflexe est également interrompu en totalité ou en partie dans les affections liées aux altérations de la substance grise antérieure, si ces altérations s’étendent jusque dans la région lombaire.

Il est établi, d’un autre côté, que les cordons latéraux représentent le substratum anatomique où réside le point de départ de toutes les contractures. « La coïncidence constante de cette lésion, dit M. Straus, avec un symptôme univoque, la contracture, l’une apparaissant dès que l’autre s’est affirmée, nous force donc à établir un lien entre eux et à rapporter le fait de la contracture à l’existence de l’induration scléreuse du cordon latéral (1). » Cependant il ne

(1) Straus. Des contractures. Thèse citée.

faut pas prendre la chose à la lettre, car on peut voir la sclérose sans la contracture et la contracture sans sclérose, par exemple dans l’hystérie. Nous trouverons une exagération des réflexes tendineux dans les cas où l’on observe cette contracture, c’est-à-dire dans les dégénérescences systématiques primitives ou secondaires des cordons antéro-latéraux. Cependant, d’après M. Charcot, l’exagération des réflexes tendineux et la contracture ne surviennent que parce qu’il y a, dans ce cas, une irritation permanente des cellules motrices des cornes grises antérieures, et, dans l’hystérie, cette irritation a lieu la plupart du temps sans qu’il y ait une dégénérescence des cordons latéraux.

Nous devons rappeler ici que ce savant professeur fait jouer un rôle important à la dégénérescence des faisceaux pyramidaux dans la production de la contracture; cette dégénérescence a également des rapports intimes avec l’exagération des réflexes tendineux. Si l’on considère que ces phénomènes sont très accentués chez le nouveau-né dès le premier jour, et qu’ils s’atténuent, en général, au bout de quelques semaines, ainsi que le rapporte Eulenburg (1), on est frappé de l’importance de ce fait. En effet, chez le nouveau-né, les faisceaux pyramidaux ne sont pas encore complètement développés, et l’influence modératrice que l’on prête au cerveau ne peut s’exercer par cette voie.

Dans les myélites non systématiques, on comprend que les réflexes tendineux pourront se comporter de différentes façons, suivant le siège de la lésion, mais la raison anatomique de leur abolition est peut-être plus difficile à expli-

(1) Ueber Sehnen reflexe bei Kindern. D. Zeitschrift f. pract. med, 1878, n° 31.

quer dans certaines maladies aiguës et dans la paralysie diphthéritique.

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