‹ Des réformes à opérer dans l'exploitation des chemins de fer, et desChapitre 7 sur 45 · III. — Roala^e · texte numérisé non relu

III. — Roala^e

L^ndustrie du roulage n'a acquis en France une situation régulière que par et depuis Tinstallation du roulage accéléré /Avant cette époque, le roulage s'exerçait, pour ainsi dire, empiriquement; il est devenu, par les accélérés, une véritable science. Tout alors j a été réformé et poussé jusqu'aux dernières limites du possible, en ce qui concerne l'utilisation des forces.

Voici les renseignements qui nous ont été fournis par diverses maisons de roulage.

La carriole est la base du roulage accéléré.

Ici nous avons à faire une distinction nouvelle.

Dans le colportage, Yauteur du transport, le moteur et le véhiculé étaient confondus ; dans le transport par bête de somme, l'homme, auteur, a cessé d'agir comme instrument et force motrice, il a renvoyé ce rôle à l'animal. Dans le roulage, nous allons voir ces trois choses*séparés : l'auteur ou la pensée, le moteur ou la force, et le véhicule ou Tinstrument.

Une carriole vide pèse 500 kilogrammes, et pourrait

(1) MiLNE EDWARDS, Zoologxt,

14 DBS BÂFOIE^MBS A OP^RBB

en porter 2,000. Mais, eu égard 4 la force du oheval, la charge moyenne d'une carriole n'est, dans la pratique, que de 1 ,500 kilogrammes.

Le rapport du poids mort au poids utile, abstraction faite du poids de Tanimal, est donc comme 1 à 3; il pourrait être comme 1 à 4.

Prenons note de cette disproportion entre le véhicule et le moteur. Elle montre que la puissance du premier n'a pu, par l'insuffisance du second, être complètement utilisée^ et signale par conséquent une amélioration à obtenir.

Ainsi chargé, un cheval peut fournir de 32 à 36 kilomètres par jour. *

Un seul homme conduit d'habitude trois carrioles.

Le cheval de carriole est en général un cheval de choix, de 800 à 1,000 francs. L'amortissement de ce cheval n'est pas moindre de 30 ceutimes par jour; l'usure de la carriole et des harnais, 75 centimes à 1 franc.

D'après ces éléments, on peut découvrir le prix de revient du transport par roulage accéléré.

Un homme par jour 6 fr. »

Trois chevaux • 7 fSfi

Amortissament des ohevaus » 90

Amortissement des voitures et harnais 3 »

Total des frais 16 fr. 40

soit pour 4,500 kilogrammes transportés à 32 kilomètres, ou 144,000 kilogrammes à 1 kilomètre,

16fr 40

— r-Tz — • = 11 cent. 29, par tonne et 1 kilomètre.

A quoi il convient d'ajouter pour frais généraux,, d'après le décompte ci-après, 4 cent. 5 par tonne et kilomètre, ce qui porte le priif total du transport é^ }5 cent. 79r

DANS L'BXPLOITAnON DES OHEMIHS DE FER 15

Roulage accéléré par chariots comtois.

Le chariot comtois, à quatre roues et un cheval, ne pèse guère plus que la carriole : sa charge moyenne est aussi de 1,500 kilogrammes.

Autrefois le même yoiturier conduisait jusqu'à six chariots. Depuis quelques années, en suite d'un décret rendu sur la police du roulage, il est défendu à un seul homme d'en conduire plus de quatre. La législation pousse au chemin de fer.

Le prix du transport, pour le commissionnaire char* geul*, se compose ainsi :

Frait de traction, — > Ilg se traitent à forfait, entre le obargeur et le charretier, à raison de 5 francs à 7 fr. 50 c. par relai de 30 à 36 kilomëéres, et par cberal traînant 1,500 kilogrammes, soit en moyenne (à 6 fr. 25 c. par chariot, ou 4 fr. 13 o. la tonne) par

tonne et kilomètre ^—^='> 12 cent. 5

frait généraux, — 1« Usojre et entretien des voitures,

estimés par voiture et par an 100 fr.

2* BÀches et prolonges 100

Ensemble 200 fr.

Soit, pav jour, 66 centimes, et par 1,000 kilogrammes

r-rrT« fr. 366

3* Paille, ficelage, chargement, déchargement,

7 francs par chariot, soit par 1,000 kilog. . 4 066

Soit ensemble et quelle qme soit la distance.» 5 fr. 026 Supposant la distance de 250 kUomètres, le montant des

frais généraux, par tonne et kilomètre, ressort ainsi à. 02 »

Ajoutons : frais du commissionnaire-entrepreneur 02 5

Total du prix de revient par chariots comtois. ... 17 cent.

A côté de la carriole et du chariot comtois, il existait encore la malbrouk* Elle a été vaincue par le chariot comtois : il est curieux d'en voir les pièces,

16 DBS BÂFOBMEd A OPÉBBB

Le poids d'une malbrouk était d'environ 1,800 kilogrammes.

Elle pouvait porter de 6 à 7,000 kilogrammes, ce qui maintenait le rapport du poids mort au poids utile, tel que nous Tavons constaté dans le chariot comtois et la carriole.

Mais pour enlever cette voiture avec son chargement, il ne fallait pas moins de six et même sept chevaux, tandis que les mêmes, avec six chariots comtois, enlevaient 9,000 kilogrammes. En autres termes, le travail fait par six chevaux attelés à la malbrouk, avec le chariot comtois n'en exigeait que quatre : la lutte éjbait impossible.

Ainsi le prix moyen de revient du transport, par roulage accéléré, varie de 15 cent. *79 à 1*7 centimes, à peine le tiers du trans.port à dos de mule ou de chameau, et le 20* du transport à dos d'homme.

Ce prix de revient de 15 cent. Tf9 à 1*7 est plutôt fort que faible. Nous voyons par le Journal des chemins de fer, numéro du 25 juin 1854, que le transport des marchandises s'effectuait par le roulage, avant le traité d'union entre les compagnies de Rouen et d'Orléans, V entre le Havre et Nantes (329 kilomètres), au prix de 55 à 60 francs la tonne, soit 16 c. "71 à 18 c. 24 par tonne et kilomètre ; 2** entre Rouen et Angers (279 kilomètres), au prix de 45 à 50 francs, soit 16 c. 13 à 18 c. 92 par tonne et kilomètre; 3® entre Rouen et Orléans (200 kilomètres), au prix de 30 à 35 francs, soit 15 centimes à 17 c. 5 par tonne et kilomètre.

La construction du chemin de Ceinture ayant permis aux deux compagnies de Rouen et d'Orléans de se charger en compte à demi de ces transports, sans rupture de charge et camionnage à travers Paris, elles ont pu offrir au commerce de Nantes, d'Angers et d'Orléans, pour leurs transports entre le Havre et Rouen, les prix de 58 à 63, 43 à 47, 25 à 26 francs la tonne, prix qui, va

DANS L*EXPL0ITATI0M DBS CHBMINS DB FEB 17

la longueur du parcours et les frais de la traversée de Paris, ne leur laissent que 7 c. 80 à 8 c. 41 par tonne et kilomètre « La concurrence des chemins de fer obligeant ainsi le roulage à travailler à prix de revient, le rend à peu près impraticable*

Les prix accordés par les cahiers des charges aux compagnies de chemins de fer, pour le transport des mêmes marchandises à petite vitesse, varient de 14 à 20 centimes,, c'est-à-dire qu*on a adopté pour les chemins de fer, en les forçant un peu, les prix de revient du chariot comtois et de la carriole!

Aussi voit-on encore aujourd'hui! dans les localités les mieux appropriées au roulage, sur la ligne de Paris à Bordeaux, par exemple, des services de rouliers subsister à côté du chemin de fer, qui n'a pu venir à bout de les détruire.

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