IV. — Diligences
Une diligence à trois compartiments contient :
3 personnes dans le oonpé, 6 dans l'intérieur,
4 dans la rotonde, 3 sur Vimpériale.
En tout, 16 personnes, non compris le conducteur.
Elle pèse vide 2,200 kilogrammes.
La même, à pleine charge, pèse 5,000 kilogrammes, savoir :
16 voyageurs à 70 kilogrammes Tun 1,120 k.
Poids du bagage accordé par l'administration, 15 kilo-
' grammes par voyageur 240
Articles de messagerie 1,440
Poids de la voiture 2,200
Poids total 5,000 k.
Rapport du poids mort au poids utile, 11 à 14.
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Dans le roulage, nous l'ayons trouvé de 1 à 3 ; d'où vient cette différence? de la vitesse. Plus de vitesse exige plus de solidité dans le véhicule, partant plus de masse : voilà tout le secret. Voyons le prix.
Un cheval de diligence ne peut, à raison de la vitesse, fournir plus de 25 kilomètres par jour, en deux traites. L'attelage d'une diligence étant de quatre chenaux, si la voiture parcourt en vingt-quatre heures 200 kilomètres, stations comprises, elle exigera pour son service, en seize relais, 64 chevaux. Mais les mêmes chevaux qui mènent la voiture devant ramener celle qui la croise, il n'y en a réellement que 32.
Cela posé, on peut calculer le prix de revient du transport des voyageurs et articles de messagerie par la diligence.
Traction. Elle se traite avec un maître de poste ou propriétaire de chevaux, qui fournit les harnais et le postillon, à raison de4fr. 50 c. à 5 francs par cheval et par relai de 10 à 12 kilomètres, soit pour :
4 chevaux et 16 relais. 296 fr.
1 conducteur ,. ...... 5
Amortissement de la voiture 5
Frais de bureaux, déchargement, etc.».*. 10
Total 316 fr.
Les marchandises et articles de messageries transportés par la diligence payent, par 108 kilogrammes, la moitié du prix des voyageurs; ce qui revient à dire que la tonne de marchandises est considérée comme l'équivalent de cinq personnes. C'est presque la proportion qui a été adoptée par M.^ JuUien, ex -directeur du chemin de fer de Paris à Lyon, comme principe théorique d'évaluation des frais de transport et de fixation des tarifs &ur les chemins de fer ; et, si nous sommes bien informés, dix ans d'expérience n'auraient fait que con-
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firmer la vérité, d'ailleurs approximatiTe, de cette pro« portion.
La diligence à charge complète contenant donô, en personnes et marchandises, l'équivalent de vingt-quatre voyageurs, soit, comme Ton dit maintenant, vingtquatre unités de trafic, le prix de revient du transport ressort en moyenne, par chaque unité et kilomètre, à 6 cent. 6, et par tonne de marchandise, à 33 cent.; ce qui est à très-peu près la moyenne perçue pour le transport des voyageurs et des marchandises à grande vitesse sur les chemins de fer.
Ainsi,. et nous ne pouvons nous empêcher de le faire dès à présent remarquer, lorsqu'il s'est agi d'établir des tarifs pour les chemins de fer, les agents de l'adminis* tration ne se sont pas mis en- frais d'analyse : ils ont pris, comme maximum, le prix de revient des entreprises de messagerie et de roulage. On a dit aux compagnies : Vous tiendrez jusque-là, vous n'irez pas plus loin. Lorsqu'avec ce maximum on a pensé qu'elles ne feraient pas leurs frais, on leur a offert une subvention, une garantie d'intérêt; puis on leur a livré Texploitation avec ses produits et ses charges, pour 99 ans, laissant au public, pour sa part, le bénéfice de la célérité.
Les chemins de fer sont peut-être le seul exemple d'une entreprise industrielle où le prix de commerce ait été fixé avant le prix de revient. Aujourd'hui même, ce prix de revient est si peu connu, que de grandes quantités de marchandises sont transportées à perte, tandis que les voyageurs payent un prix excessif, et qu'une partie du produit, distribuée à titre de dividende aux actionnaires, devrait être laissée en couverture des dépenses. Aussi ne faut-il pas s'étonner des mécomptes des compagnies, et de voir la fulgurante locomotive harcelée par des diligences et des carrioles. Nous parlions tout à l'heure de la concurrence que lea rouliers faisaient aux chemins de fer; nous avons vu, il y
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a quelques années» sur la route de Lyon à Gîvors, une entreprise d'omnibus établie à côté du chemin de fer, à la grande satisfaction des riverains et au grand bénéfice de Tentrepreneur.
Pour être tout à fait juste dans Tévaluation du prix de transport par roulage et diligence, il convient d*ajouter dans les divers comptes que nous avons faits un certain nombre de centimes, représentatifs des frais d -entretien des routes et de Tamortissement des capitaux qu*elles ont coûtés.
Les routes n'ont été faîtes qu*en vue des véhicules roulants; sans les routes, la carriole, le chariot comtois, la malbrouk, la diligence, sont impossibles. On peut donc considérer les routes comme partie intégrante et constituante de ces divers systèmes de transports.
Il existe en France, d'après un relevé que nous nous sommes procuré au ministère des tt*avaux publics :
36,038 kilom. 019 m. de routes impériales;
1,463 409 de routes stratégiques;
45,626 708 de routes départementales.
On n'a pas su nous dire quel était le prix de revient, en bloc ou par kilomètre, de ces routes. Il aurait fallu pour cela se livrer à un dépouillement considérable, que nous n'eussions osé solliciter. — On ne sait pas davantage quel estle prix d'entretien par kilomètre des routes stratégiques et départementales. Tout ce que l'on a pu nous dire d'une façon positive, c'est que la dépense d'entretien, sur toutes les routes impériales, estenmoyenne, par kilomètre et par an :
Pour les routes pavées, de 885 fr. 68
Pour les routes macadamisées, de 716 66
Moyenne générale 801 fr. 17
Ce renseignement suffît.
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En 1853, le nombre des unités de trafic, sur le chemin de fer de Paris à Lyon, a été par kilomètre de 1 ,031 ,331 . La dépense d'entretien et surveillance de la voie, par kilomètre, 2,764 fr. 94; soit par unité de trafic, c. 27, et par tonne de marchandise à petite vitesse, c. 24. En admettant que le trafic sur la route impériale latérale, avant rétablissement du chemin de fer, ait été moitié moindre, l'augmentation résultant pour le prix dereyient du transport parle roulage accéléré des frais d'entretien de la route, serait par tonne de 1,000 kilogrammes et par kilomètre c. 32, et en ajoutant l'amortissement supposé double, c. 96, soit un centime, ce qui n'affecte pas d'une manière sensible le compte de revient que nous avons présenté.
Ce centime est payé, partie par la patente des entrepreneurs, commissionnaires, aubergistes, rouliers, et autres industriels intervenant d'une manière plus ou moins directe dans l'exploitation des voies de circulation, partie par le dixième prélevé par le fisc sur le prix des places; le reste est imputé à l'État et couvert par l'impôt.