‹ Des résidus industriels dans l'alimentation du bétail 1892Chapitre 20 sur 72 · RATIONS POUR PORCS · texte numérisé non relu

RATIONS POUR PORCS

ier type. — Marcs 1 k. 5oo

Pommes de terre cuites. . 3 k. 000 Eaux grasses 6 k. 000

2e type. — Marcs 2 k. 000

Recoupes 1 k. 5oo

Orge 1 k. 5oo

On a accusé l'alimentation par le marc de pommes : i° de débiliter les animaux par suite de diarrhée; 20 le communiquer un mauvais goût au lait; 3° de provoquer l'avortement des vaches pleines.

Nous savons déjà que la diarrhée ne se montre point quand on a le soin de ne pas dépasser une douzaine de kilog. par vache et par jour, et qu'on associe ces marcs à d'autres aliments secs dans la ration.

Les deux autres méfaits résultent de l'ingestion de marcs mal conservés, envahis par des moisissures ou par des fermentations spéciales; il est clair qu'il ne faut pas accuser le marc, mais les cryptogames qui Pont pénétré et qui se développent à ses dépens.

La première indication est de retirer de la consommation le marc altéré et de l'utiliser comme engrais. Ce reirait n'est peut-être pas inévitable; il y aurait à rechercher si la cuisson en détruisant les cryptogames, ne rendrait pas la consommation de marcs

inoffensiv tenter cett qu'il alim pommes < de ses vac indication le permett

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Au sorti des sortes perfection très, ou noi

MELASSES. — COQUES DE CACAO. î5i

ils dégagent une légère odeur vineuse. Comme ceux de raisins, ils sont formés de la rafle, des pellicules et des pépins, ceux-ci ayant la couleur de la pellicule. Au simple coup d'oeil, il est facile de voir que la proportion respective de ces diverses parties n'est pas la même, les pépins sont proportionnellement plus nombreux et plus lourds et les rafles moins volumineuses dans les marcs de groseilles que dans ceux de raisin. En desséchant à 1 1 o°, nous avons trouvé les chiffres suivants que nous plaçons à côté de ceux relatifs aux marcs de raisin pour la comparaison :

ioo parties de marc desséché à uo° contiennent :

Marc Marc de Marc de

de raisin. groseilles ronges, groseilles noires.

Rafles » 28.20 14.00

Pellicules 47-58 26.00

Pépins 24.20 60.00 7I-43

Les pépins des groseilles noires étant plus petits que ceux des groseilles rouges, leur poids relatif pourrait étonner si Ton ne savait qu'à la cueillette, on détache beaucoup moins de rafles que lorsqu'il s'agit de groseilles rouges.

L'analyse chimique de ces résidus a été faite par M. Boucher. Il a recherché la composition des marcs entiers, rafles, pellicules et pépins, puis celle des pépins et de la rafle séparément. Voici le résultat de ses analyses.

i5a DES RESIDUS INDUSTRIELS.

Composition du marc frais de groseilles rou&es :

Eau et substances volatiles à ioo° 63.83 %

Matières azotées 4«49

— grasses 8.3o

— sucrées et extractifs non azotés. 8.69

Cellulose et ligneux 9-4* .

Matières minérales 5.28

Composition des pépins de groseilles rouges :

Eau 61.00 %

Matières azotées 7.10

— grasses 9«9°

— sucrées et extractifs non azotés. 4.00 Cellulose et ligneux 12.

. Matières minérales 6.00

L'analyse de la rafle seule a donne les résultats qui suivent :

Eau 90.51 %

Matières azotées 0.11

— grasses 0.19

— sucrées et autres extr. non az. o.3i

Cellulose et ligneux 8.3i

Matières minérales. o.55

En dosant la matière grasse dans les marcs de groseilles noires ayant servi à la fabrication du cassis, il a été trouvé :

Dans la pulpe 3. 11 %

Dans les pépins 8.72 —

Le sucre renfermé dans la pulpe et les grains réunis

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ne s'élevait qu'à 4,25 o/o au lieu de 8,69 trouvé dans les marcs de groseilles rouges.

La richesse des pépins de groseilles en matière grasse nous a engagé à l'extraire. Nous avons obtenu une huile limpide, de couleur ambrée, d'une saveur douceâtre, d'une odeur faible, spéciale et non désagréable, brûlantavec une flamme blanche, d'une densité de 0,952, qui soumise à un abaissement de température de — 1 6° ne s'est pas solidifiée.

Conservation. — A l'époque où les groseilles sont utilisées par les confiseurs et les liquoristes, les fourrages verts sont abondants et il se peut qu'on ait le désir de conserver les marcs pour la saison d'hiver. On y arrive par l'ensilage et par la dessiccation.

Rien de spécial n'est à exposer à propos de l'ensilage qui se fait dans de vieux fûts, dans des cuves ou dans des silos. Les phénomènes successifs des fermentations alcoolique et acétique se développent quand l'ensilage a été convenablement pratiqué.

Les mois de juillet et août étant ceux où l'on récolte et travaille les groseilles, nous préférons la dessiccation qui, à cette saison, se fait facilement, rapidement, économiquement et qui présente l'avantage de permettre la séparation et l'élimination des parties les moins bien prises par les animaux. Émietter les marcs, les répandre sur une aire nettoyée et laisser agir le soleil; en juillet et août, deux beaux jours suffisent pour amener une dessiccation suffisante. Celle-ci effectuée, on peut ensacher et déposer au grenier jusqu'au moment de faire consommer. Mais comme les rafles sont assez mal appétées du bétail, il n'y a guère utilité à les conserver avec le reste; on fait battre au fléau les résidus secs, on enlève les rafles et même une partie des pellicules, on recueille avec soin les grains qui consti-

Googk

MÉLASSES. — COQUES DE CACAO. i55

Quant aux résidus ensilés, nous en avons également alimenté des moutons pendant quelque temps, ils les ont consommés, avec une plus grande avidité que les résidus frais, ils ne se sont pas livrés au triage remarqué avec les marcs frais et ont mangé même la rafle qui était sans doute moins amère par suite de la fermentation qu'elle avait subie. Un porc en reçut aussi pendant quelques jours en mélange avec des eaux grasses, il les consomma, mais avec moins d'avidité que les moutons.

Il est donc acquis que les marcs de groseilles peuvent être donnés au bétail non seulement sans inconvénient, mais encore qu'ils constituent, particulièrement par leurs graines, une nourriture recherchée. Nous estimons qu'on peut donner i kilogr. 1/2 par jour et par mouton ou chèvre, de marc frais ou ensilé et 800 gr. de résidu desséché. On en composera un repas, les autres étant constitués par les fourrages habituels ou par des grains.

Une fois la dessiccation des marcs opérée, on a avantage à battre et à passer au tarare, de façon à obtenir les pépins seuls, puisque ce sont les parties les plus avidement prises par les animaux et que ce sont aussi des aliments très riches. Nous en avons donné chaque jour 3oo gr. par bête ovine.

Lorsqu'il s'agit des groseilles noires, la dessiccation a le grand avantage de les dépouiller de l'odeur sui generis qui les caractérise et qu'elles doivent à la présence d'une huile essentielle contenue dans les glandules de leur surface. Par le mouillage et la cuisson, cette odeur ne réapparaît pas et le marc bien sec rappelle un peu la senteur agréable des pruneaux. Il n'est pas aussi facile de séparer les pépins que quand on manipule des groseilles rouges; mais comme les rafles sont générale*

i56 DES RESII

ment peu nombreuses, le battage et le tararage à des moutons sans a> été suffisamment appel

Nous avons déjà di rouges sont pris avec u tons et qu'ils constit leur ration ; les cobaye pas, et cuits le porc en mes assuré aussi que n cepte et qu'ils peuvent dans sa ration.

La volaille recherch être en serait-il de mêi Il y aurait là une uti verait peut-être un a des graines généraient riture.

Observations. — pos des autres marcs semblablement sur ceu les animaux auxquels c

identiques ou analogu. „ E___

ment. Mais le procédé de la dessiccation, en assurant une conservation plus parfaite, empêche la multiplication des germes nocifs et écarte les dangers de maladie; raison de plus pour lui donner la préférence.

§ III. — Bassières. — Lies de vin. — Boissons alcooliques de faible valeur.

Lorsque la qualité des boissons alcooliques est très inférieure et ne permet guère de les faire entrer dans la

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consommation de l'homme, lorsqu'elles commencent à s'avarier ou enfin quand, par suite d'une grande abondance dans les récoltes, elles sont produites en quantité plus que suffisante pour les besoins et que leur prix s'abaisse considérablement, il peut y avoir intérêt à les distiller et à en extraire l'alcool. Le liquide restant après l'opération constitue les bassières, baissières, vinassesbaissières.

Dans le Midi où la distillation des vins a une importance qu'elle n'a point ailleurs, on ne laisse pas perdre ces bassières; on a remarqué qu'elles peuvent entrer dans l'alimentation des vaches, des moutons et des porcs, et on les considère comme favorisant l'engraissement.

La manière la plus profitable de les distribuer est de les donner toutes chaudes, au sortir de l'alambic, aux vaches et aux autres animaux. Si on en a plus qu'on ne peut en faire consommer dans ces conditions, on les conserve dans des cuves et on les distribue au fur et à mesure des besoins. Des agriculteurs les donnent pures, d'autres les coupent d'eau ; il en est aussi qui les mettent en contact avec des aliments solides , comme il va être dit à propos des boissons alcooliques.

Les lies de vin, dans quelques pays viticoles, sont employées comme engrais pour la vigne, en raison de leur teneur en potasse. Nous pensons qu'il est préférable de les donner aux animaux; le porc, le mouton, la vache et le cheval les acceptent. A la ferme de mon père, on avait l'habitude de les mélanger à du son ou à des recoupes et de faire des pâtées que les porcs prenaient très bien. Ailleurs, nous les avons vu servir de véhicule dans lequel on faisait macérer de l'avoine pour les chevaux; ceux-ci s'habituaient rapidement à cette alimentation qui n'a jamais provoqué de dérangement

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MÉLASSES. — COQUES DE CACAO. i5g

santé des moutons et des lapins auxquels nous en avons distribué»

Tout à l'heure, à propos de la distillation des boissons alcooliques, il a été dit qu'il se présentait des circonstances où la vente du vin était difficile ou insuffisamment rémunératrice. La conservation de ce liquide peut être également très aléatoire dans la . saison des chaleurs, quand son degré alcoolique est trop faible et son tannin insuffisant. Il peut arriver qu'il ne soit pas avantageux de recourir à la distillation, en raison du bas prix de l'alcool de vin concurrencé par les alcools de betteraves, de pommes déterre ou de grains; il peut également se faire que, synchroniquement, les fourrages et les autres aliments du bétail soient à un prix élevé. Comme l'habileté en agriculture et surtout dans la pratique du bétail consiste avant tout à se plier aux circonstances, il y avait lieu de voir si l'on pourrait, avec profit, faire entrer dans l'alimentation des animaux de la ferme les vins de qualité inférieure, ceux qui commencent à s'avarier, qui n'ont pas de débouché ou dont la conservation est incertaine.

M. Monclar a étudié cette question. Nous allons lui emprunter le résumé de ses observations sur la. façon d'administrer le vin aux animaux et les résultats obtenus par cette manière de faire (i) :

<t II est certain que la substitution ne devra pas se faire d'une façon brusque. Presque tous les chevaux refusent le vin la première fois qu'on le leur présente. Voici la méthode qu'il faut suivre pour les y habituer: on fait macérer dans du vin la moitié de l'avoine qu'on leur destine ; lorsqu'elle est gonflée, on la met au fond

(i) Monclar, Lettre au rédacteur en chef du Journal d'Agriculture pratique, année 1875, p. 294.

i6o DES F

du baquet et on 1 restée dans son i ment la quantité c jours, le cheval es imbibée de vin.

quantité de vin et en diminuant proportionnellement celle d'avoine, on arrive chez certaines bêtes à leur faire boire le vin presque pur. Plusieurs deviennent même très gourmandes de cette boisson. Je me souviens d'une paire de juments qui, à la suite de l'abondante récolte de 1848, furent soumises pendant un temps assez long à ce régime. Elles buvaient du vin d'une qualité médiocre avec un empressement singulier et elles n'ont jamais mieux trotté qu'à cette époque. On leur avait pourtant retranché autant de kilogr. d'avoine qu'on leur donnait de litres de vin.

« II paraîtrait résulter de cela qu'un poids donné d'avoine peut être remplacé par un poids égal de vin. Cependant, je ne voudrais pas tirer une conclusion définitive qui ne pourra évidemment découler que d'expériences multiples; du reste, il y aura toujours, à tenir compte de la richesse alcoolique du vin employé.

« En résumé, je crois qu'il est facile de remplacer dans l'alimentation du cheval, du mulet, la moitié au moins de l'avoine qu'on leur donne par du vin de qualité inférieure, même quand il serait louche ou tourné; seul le vin aigre ne doit pas être employé. Je crois aussi qu'une addition de vin peut permettre de remplacer entièrement l'avoine par de l'orge, des féverolles, etc., le vin donnant à ces grains le stimulant qui leur manque ».

Ce qui vient d'être dit du vin est applicable aux autres boissons fermentées et notamment à la bière.

Dans les pays du Nord, il n'est pas très rare de voir les conducteurs de chevaux faire macérer l'avoine dans de la bière avant de la distribuer, et les gens du turf imitent cette pratique pour les animaux de course. Beaucoup de chevaux prennent rapidement la bière ou les grains qui en sont imprégnés.

Nous avons recherché quelle est la puissance d'absorption de l'avoine ainsi que celle des féverolles concassées, afin d'avoir des bases pour effectuer les macérations avec baissières, lies et boissons alcooliques.

Nous avons trouvé que :

l'avoine noire de Brie, en grains bien secs, absorbe

5o % de son poids d'eau en 24 h.

les féverolles, très sèches et concassées, en absorbent

leur poids.

Ces chiffres ont leur intérêt; si les crèches n'étaient pas parfaitement étanehes, ils indiquent dans quelles limites on doit se tenir pour préparer les aliments macérés, afin qu'il n'y ait pas perte du liquide dont on les a additionnés.

§ IV. — Coques de cacao.

L'industrie de la chocolaterie utilise les graines d'un arbre de la famille des Buttnériées, le Cacaoyer [Théobrofna cacao, L.).

Ce beau végétal, originaire des terres chaudes que baigne le golfe du Mexique, est aujourd'hui cultiyé dans l'Amérique centrale, aux Antilles, à la Guyane, au Brésil, à Ceylan et dans l'Inde.

Son fruit, vulgairement appelé cabosse, de la gros-

i6a DES RESIDl

seur d'un gros citron, de couleur jaunâtre, est à écorce dure et raboteuse. Il contient, dans une pulpe blanchâtre et acide, de 20 à 40 graines, ovoïdes, un peu aplaties. Chaque graine est entourée d'un tégument qui devient brun en se desséchant (fig. 8).

On n'expédie en Europe, pour le travail des chocola teries, que les graines entourées de leur tégument ; leur extraction de l'intérieur des cabosses se fait dans les pays de production, soit en enfouissant ces fruits dans la terre et en les y laissant jusqu'à ce que la pulpe ail été détruite, soit en les fendant et en les jetant dans un vase; la fermentation s'empare de la pulpe qui se liquéfie et les graines sont isolées et séchées au soleil.

Dans les usines européennes, les graines sont soumises à une torréfaction à chaleur modérée et la décortication du tégument se fait assez facilement. L'amande est alors employée à la confection du chocolat ou à celle de poudres alimentaires telles que le racahout. Quand on la presse à une température convenable, elle fournit le beurre de cacao.

La membrane tégumentaire, détachée comme il vient d'être dit, est couleur café brûlé, très friable, d'odeur rappelant un peu celle du chocolat. En langage commercial on l'appelle coque de cacao. On estime qu'en moyenne 100 kilogr. de graines ou fèves de cacao fournissent 1 2 kilogr. de coques. Comme il entre annuellement en Europe plus de 12 millions de kilogr. de fèves de cacao, c'est donc au moins 240,000 kilogr.* de coques qui restent comme résidus de l'industrie chocolatière et dont on a cherché l'utilisation.

En Irlande, on prépare avec elles une boisson hygiénique; la pharmacie en fait le thé de cacao; quelques personnes en tirent des boissons alimentaires.

ib4 DES RESIDUS INDUSTRIELS.

Elles ont été employées comme engrais ainsi que pour l'alimentation du bétail.

Ont-elles un rôle à jouer à ce dernier titre? Consultons-en d'abord la composition chimique; on en doit la première connaissance à Boussingault qui fit une étude complète du cacao (i) ; ultérieurement, M. de Marneffe a repris cette analyse en l'étendant aux matières minérales (2).

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