‹ Des résidus industriels dans l'alimentation du bétail 1892Chapitre 29 sur 72 · IMPORTATION DE GRAINES DE LIN EN FRANCE EN · texte numérisé non relu

IMPORTATION DE GRAINES DE LIN EN FRANCE EN

Provenances :

Russie, par la mer Baltique 6.605.432

Russie — Noire 51.281.090

Allemagne 1.360.867

Belgique 328.295

Italie 752.642

Algérie 1 .928.231

Indes anglaises 1 5. 057. 040

Autres pays 1 . 595 .843

« En laissant de côté l'usage de la graine de lin en médecine comme émollient, cette semence est traitée pour en extraire une huile qui est le type des huiles siccatives et dont l'usage dans la peinture et le vernissage est journalier.

Il arrive, en Angleterre particulièrement, que les graines entières et non pressées sont distribuées au bétail. Cette pratique date du jour où l'exportation des tourteaux fut entravée en France par un droit prohibitif (loi du 9 juin 1845) et elle a survécu à la circonstance qui l'avait fait naître. Elle est excellente et elle se maintient à côté de l'usage des tourteaux. On a remarqué aussi que les graines de lin concassées et cuites favorisent le développement de la faculté laitière sur la génisse de

même qu'elles sont favorables à la lactation chez les adultes.

Les tourteaux de lin sont habituellement en galettes de 0,02 centimètres d'épaisseur et du poids de 800 gr. à. 1 kilogr. Leur coloration est brun rougeâtre, avec des variantes dans les nuances depuis le brun pâle confinant au blanchâtre jusqu'au brun foncé. Comme la majorité des agriculteurs recherche de préférence le tourteau brunpâle, il en résulte même une série de falsifications pour lui donner cette teinte dont nous aurons à parler. Il est inodore ou avec une légère odeur d'amandes, sa saveur est douceâtre et assez agréable. Quand on le casse, on voit dans sa gangue les débris rougeâtres ou bruns du spermoderme, tandis que le reste de la pâte est plus pâle. Pulvérisé et placé dans l'eau, il forme deux couches : celle du fond est brun-noirâtre et constituée par le mucilage qui reste adhérent au spermoderme ; celle du dessus est incolore.

Les analyses de tourteaux de lin sont nombreuses. Nous reproduisons l'une des plus récentes, due à M. Van den Berghe :

Eau 12.60 %

Matières grasses 1 3 . 8 1 —

Matières protéiques brutes solubles dans ]

reau I7'I9(32 37

Matières protéiques brutes insolubles dans C " '

l'eau 1 5 . 1 8 j

Matières résineuses 0.47 —

Sucre 2.76 —

Matières mucilagineuses solubles dans

l'eau . 1 7 . 1 7 —

Matières extractives non azotées, insolubles dans l'eau 7 . 98 —

Cellulose '. 6.28 —

Matières minérales 6. 56 —

Il y a dans les tourteaux de lin , comme dans tous les aliments, des variations de composition étendues. M. Van den Berghe a publié le résultat des analyses qu'il a effectuées pendant treize années sur de nombreux échantillons de ces résidus. Nous relevons les chiffres suivants :

Minimum. Maximum.

Matières protéiqucs 24-44 37. 5o

— grasses 6.04 i3.8i

Les écarts sont considérables, surtout pour les matières grasses puisque leur teneur varie au delà du simple au double. Ils sont moins prononcées pour la protéine.

Est-il besoin de faire remarquer que le tourteau de lin contient en bonne proportion (17 %) des matières mucilagineuses? Cest à leur présence qu'il doit en partie d'occuper le premier rang parmi les résidus d'huilerie.

Les agriculteurs de tous pays sont unanimes à dire que le tourteau de lin est une excellente nourriture pour le bétail ; il a des propriétés émollientes et un peu laxatives qui contrastent avec celles de plusieurs autres tourteaux; son goût est agréable et les animaux le mangent très facilement; enfin il rancit plus lentement que les autres. De temps immémorial, on l'utilise en Flandre sous le nom d'oliebrood (pain d'huile).

La pratique seule n'a pasplacé le tourteau delin au premier rang, l'expérimentation scientifique est arrivée aux mêmes conclusions. En Angleterre, le dr Wœlcker a étudié comparativement les résidus de lin et ceux de colza. Ce dernier, moins cher que celui delin, a presque la même composition chimique, surtouten cequiregarde la teneur en huile et en matières protéiques. Les recherches de

Googk

Wœlcker ont démontré que, malgré cela, le tourteau de lin a une grande supériorité sur celui de colza, ce qfu'il attribue surtout :

i° A ce que le tourteau de lin ayant un goût agréable. est pris plus avidement par le bétail que celui de colza;

2° A ce que son huile rancit moins facilement;

3° A ce que le tourteau de colza renferme davantage de fibres végétales indigestibles que le tourteau de lin, soit 20 #pour le premier et g% pour le second.

Wœlcker ajoutait que les falsifications du tourteau de colza étaient plus fréquentes que celles de lin, ce qui était aussi une cause d'infériorité. S'il en était ainsi, il y a quelques années, au moment où le docteur Wœlcker écrivait, aujourd'hui les falsifications dont est l'objet le tourteau de lin sont au moins aussi nombreuses et diverses que celles constatées sur celui de colza.

On est dans l'habitude de distribuer le tourteau de lin aux animauxà l'engraissement, aux jeunes et aux femelles prêtes à mettre bas plutôt qu'aux vaches laitières. Nous lavons fait donner, pendant l'hiver, à la dose de i kilog. à des poulains de 8 à 1 5 mois ; ils en ont retiré de bons effets, se sont maintenus avec le poil luisant et suffisamment en chair. C'est un moyen à utiliser pour remettre en bon état des poulains et des veaux qui ont souffert du sevrage ou de la nourriture d'hiver et sont restés ventrus, maigres, ensellés.

On le donne souvent simplement écrasé ou concassé; il est préférable d'en faire des buvées chaudes ou mieux de le soumettre, une fois mêlé à l'eau, à la cuisson.

Il a été dit que la graine de lin entière et intacte est employée à l'alimentation animale. MM. Lawes et Gilbert ont étudié comparativement les effets de cette nourriture avec celle dont le tourteau est la base. Ils ont reconnu que la graine de lin cuite donne de meilleurs

résultats dans l'engraissement que les tourteaux simplement concassés, mais lorsqu'on a la précaution de sou mettre ceux-ci à la cuisson , ils sont préférables à la graine de lin cuite.

Tourteau de faînes.

Plusieurs arbres, dont quelques-uns de grandes dimensions, fournissent des fruits oléagineux ; parmi eux le Hêtre (Fagus sylvatica), abondant dans les forêts de Test de la France et de l'autre côté du Rhin.

et qui donne un bois de chauffage très apprécié, a un fruit appelé faine, triangulaire (fig. 12), à péricarpe brun-rougeâtre, luisant, co- FlG- I2- riace, qu'on recueille dans les an-

Page 1