‹ Des résidus industriels dans l'alimentation du bétail 1892Chapitre 43 sur 72 · IÔ.OO · texte numérisé non relu

IÔ.OO

Matières azotées

— grasses

— extractives non azotées..

Cellulose brute

Cendres

La distinction des sons de froment et de seigle assez facilement par l'examen des caractères exté celui du blé étant plus ou moins roux et celui du fauve verdâtre. Il existe une matière colorante dans les cellules à gluten du seigle qui donne le n d'après Benecke, de distinguer le son de cette cén celui du froment. En traitant par l'éther le son de on obtient une coloration bleue persistant pendar sieurs semaines et qui ne diminue point d'ini quand on chauffe l'éther. Traité par l'essence de g il reste coloré pendant des semaines pour pâlir er L'examen microscopique se fait à un grossisseme ne doit pas dépasser 200 et avec un éclairage conve

La matière colorante se développe pendant la ration.

Modes de distribution du son. — Quan — Inconvénients de trop fortes doses. — I se distribue à l'état où -il est livré par le corn c'est-à-dire sec ou bien on l'humecte ; lorsqu'il cette petite préparation, on le dit fraisé ou frh est dans l'habitude de fraiser le son pour les éq les grands ruminants, les porcs et les volailles

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donne plus volontiers à l'état sec aux moutons et aux lapins. En l'humectant, on pare à plusieurs inconvénients : i° on évite que les animaux, soit par la respiration, soit en s'ébrouant, n'en dispersent quelque peu et surtout ne disséminent dans l'air la farine qui s'y trouve mêlée ; 20 on empêche qu'il se gonfle dans l'appareil digestif et n'amène des indigestions par surcharge et parfois des ruptures de l'estomac. On introduit ainsi dans l'organisme de la vache laitière l'eau qui lui est incorporée, comme on le fait dans la distribution des pulpes et des drèches. D'expériences d'E. Wolfif il résulterait que la digestibilité du son sec serait plus élevée que celle du son frisé, ce qui atténue un peu les avantages qui viennent d'être indiqués au sujet de ce dernier.

Le son peut être donné seul, mais souvent on le mêle à d'autres substances auxquelles il sert en quelque sorte de condiment. On en saupoudre les racines et les tubercules, on l'associe à des grains égrugés, on le délaye avec du lait ou des eaux grasses, on l'incorpore à des herbes hachées ou à des pommes de terre cuites; il se prête aux mélanges les plus divers. Par son amylaseou céréalineilsaccharifie l'amidon cuit ou empois ; c'est une raison pour faire cuire les farineux auxquels on leniêle.

ïl entre dans une préparation alimentaire destinée au cheval, la masch. Elle consiste en un mélange d'avoine en grain et de son de froment dans la proportion, en capacité, d'un tiers de son et de deux tiers d'avoine. On y ajoute quelquefois 6 à 8 centilitres de graine de lin. On prépare comme suit : l'avoine et la graine de lin sont déposées dans un vase en bois; par-dessus on verse de l'eau bouillante et on ajoute le son. On recouvre et on laisse refroidir très lentement. La proportion d'eau doit être telle que le mélange de son et d'avoine absorbe à la longue l'eau tout entière.

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On a raison d'ailleurs de l'additionner à d'autre* tances, car il ne peut à lui seul constituer une convenable; la proportion de ses matières tei n'est pas suffisamment élevée. On ne peut, d'autr le donner en quantité un peu forte de crainte de gestions; il est relâchant et détermine la diarrh fait perdre plus que le bénéfice de son administ Pour toutes ces raisons, les quantités à distribi jour ne doivent pas dépasser :

Pour le cheval 2 k.

— l'âne et le mulet. 1 k.

— le bœuf à l'engrais 4 k.

— la vache laitière 5 k.

— le mouton o k. 5oo

— le porc o k. 700

Dans la ration des chevaux, le son constitue ut vant, dont le rôle est surtout de maintenir la libe ventre et d'empêcher les constipations opiniâti surviennent chez les sujets qui reçoivent une trè ration d'avoine et ne sont jamais soumis au régi vert. On n'en donnera pas plus aux poulains adultes, car poussée au delà de ce qui convienl alimentation les rend mous, les met dans de mai conditions pour le dressage et l'entraînement» Le! chevaux dont la dentition est irrégulière ou mauv recevront davantage, parce qu'une portion est des remplacer les fourrages qu'ils mâchent difficil< mais pour pallier aux indigestions possibles, on pliera les repas, en en offrant peu à chaque fois. Donné à trop hautes doses ou même constituai seul le régime, il provoque la diarrhée et la flati pousse à la sueur et à la mollesse, abaisse le poid: ne permet pas d'obtenir de grands efforts ou un pénible des sujets ainsi nourris. Il se gonfle d

^S-v ' lu^e digestif, amène des indigestions, quelquefois des

i'o 4 ruptures de l'estomac ou du vertige. On lui attribue

aussi une action dans la production des calculs intestinaux. Ces calculs qu'on voit particulièrement à l'autopsie des chevaux de meuniers, dans l'anse repliée du colon et qui atteignent parfois des proportions considérables, sont à base de phosphate ammoniaco-magnésien qui s'y rencontre dans la proportion de 72 à 94 %. On y trouve aussi du phosphate et du carbonate de chaux, de l'acide silicique, du chlorure de potassium et de sodium, des traces d'oxyde de fer et de la matière organique.

Lorsqu'on eut remarqué « que les chevaux des meuniers, des boulangers et des marchands de farine étaient plus sujets aux affections calcùleuses intestinales que ceux placés dans d'autres conditions, on en conclut que les poussières et les débris pierreux provenant du repiquage des meules se mélangeant à la première farine que ces industriels font consommer par leurs chevaux s'aggloméraient dans l'intestin et que les concrétions calcùleuses en tiraient leur origine. L'analyse chimique et l'observation comparatives réfutèrent ce mode de formation. Le résidu du repiquage des meules est composé de silice; les calculs n'en renferment que de minimes proportions ; il s'accumule dans l'intestin, donne lieu à des phénomènes morbides, mais ne s'agglomère jamais en masses cohérentes. Reubold appela l'attention sur la présence du phosphate de magnésie dans les calculs; ce sel étant abondant dans le périsperme des céréales, il le considère comme la source probable des ehtérolithes qui se forment, lorsque le son entre pour une forte proportion dans le régime alimentaire du cheval. Furstenberg traduisit cette probabilité en fait. Analysant le bon son de froment, il le trouva composé de 46 1 \i % de périsperme contenant 1 % de

phosphate de magnésie ; le son de qualité inférieure en renferme 2,5. L'élément principal des calculs existe donc dans la matière alimentaire; ils se forment dans l'estomac et le cœcum. . L'acide chlorhydrique du suc gastrique est le dissolvant du phosphate de magnésie qui, se combinant avec l'ammoniaque, constitue un sel double tribasique insoluble; ce sel fournit l'élément principal de la concrétion. La présence d'un corps étranger que les sucs digestifs laissent intact donne le noyau autour duquel le sel se dépose par couches successives ; le mucus intestinal les consolide, car dans le résidu organique de tous les calculs traités par l'acide chlorhydrique, le microscope fait reconnaître des corpuscules muqueux. » (Verheyen.)

Le son ne sera donné qu'avec modération et sec de préférence aux bœufs et aux moutons. Les doses en sont plus élevées pour les vaches laitières. Si elles le reçoivent sec, elles sont incitées à boire beaucoup et si on le leur donne mouillé, elles introduisent de l'eau dans leur organisme. Dans l'un et l'autre cas, la production quantitative du lait est augmentée; il se pourrait qu'en raison du galactose et de la proportion de phosphate contenus dans le son, il agisse aussi qualitativement sur ce liquide.

Dans les pays chauds où la question du lait est si importante et l'affouragement convenable des vaches laitières difficile, le son entre avantageusement dans leur régime. Une association d'aliments pour vache laitière qui a donné de bons résultats en Algérie est la suivante :

Foin 8 k.

Son 2 k.

Caroubes 4 k.

(Bonzom et Delamotte.)

Briser les caroubes et les faire macérer pendant 24 heures, mélanger au son les caroubes et l'eau de macération. On obtient une pâte sucrée dont les vaches sont friandes.

Mais si, incontestablement, le son est favorable à la lactation et si à ce titre les nourrisseurs et les laitiers en font de larges distributions à leurs vaches, on n'oubliera pas qu'il affaiblit les animaux par la diarrhée qu'il amène et qu'à la longue, il diminue l'appétit ou le rend capricieux; on est obligé de le régulariser ou de le relever par divers condiments. C'est le cas de rappeler qu'il ne faut pas envisager seulement le rendement brut d'une machine animée, mais se préoccuper aussi de sa durée.

Indépendamment des accidents ci-dessus, on attribue encore au son chez le cheval, la production d'autres manifestations morbides auxquelles on a donné en Allemagne le nom de « maladie du son » comme on a appelé a maladie de la pulpe » une série d'accidents signalés antérieurement. Elle est le résultat de l'alimentation exclusive au son et paraît n'être qu'un mode du rachitisme.

Elle débute par des troubles digestifs, de la faiblesse et des sueurs, puis le régime se prolongeant « apparaissent au voisinage des articulations du genou et du tarse, des tuméfactions osseuses accompagnées de boiteries et d'accès de douleur; ces altérations se montrent également aux os de la tête, notamment aux mâchoires et aux os du nez; la préhension et la déglutition sont difficiles ou impossibles, les dents s'ébranlent et tombent. Les animaux s'affaiblissent de plus en plus et succombent dans la cachexie ». (Friedberger et Frohner.)

Est-ce seulement à la petite proportion de chaux contenue dans le son qu'il faut attribuer ces accidents?

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Faut-il faire intervenir quelques acides formés pends la fermentation et la digestion du son? On a voulu trouver la causalité dans la surabondance des phospr tes. Pûtz a comparé la maladie du son à l'intoxicati phosphorique chronique et il a assimilé les lésions c mâchoires à la nécrose phosphorée qu'on observe da le personnel des fabriques d'allumettes. Mais comme peut-on établir un rapprochement entre les effets phosphore libre, si irritant et si dangereux pour '. tissus vivants, et ceux de l'acide phosphorique combi à des sels sous forme de phosphates ?

Le porc est peut-être l'animal qui, proportionnel! ment à sa masse, reçoit le plus abondamment le son pourtant c'est un de ceux qui l'utilisent le moins bie on en retrouve une partie intacte dans ses exe ments. Ce n'est donc pas une nourriture recomma dable dans l'engraissement de cet animal; on ne le de\ donner qu'associé à d'autres aliments ayant subi cuisson, particulièrement aux pommes de terre ou à c graines. Mais son usage est indiqué pour la truie en g< tation et fortement nourrie; il lui maintient la libei du ventre.

Dans l'alimentation du lapin et du cobaye, le son c< rige l'excès d'eau qui peut exister dans les herbes et '. racines qu'on distribue à ces petits rongeurs.

Les oiseaux de basse-cour se trouvent bien de re< voir des pâtées composées d'herbes hachées menu mélangées à du son. Au printemps, les orties aii préparées conviennent très bien aux dindons et di donneaux, aux canards et aux oisons. Il est utile distribuer des pâtées à base de son aux volailles q couvent pour combattre la constipation dont ell sont souvent atteintes.

Conservation.— Altérations.— Falsification

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— Le son n'est pas une matière de conservation longue ni très facile; les altérations qu'il subit sont sans doute pour quelque chose dans les préventions que beaucoup de praticiens ont à son endroit. Substance très hygroscopique, elle a besoin d'être placée sur des greniers aérés, secs et non dans des magasins bas et humides; on ne doit pas l'amonceler en masses trop considérables ni la tasser, car elle s'échaufferait, prendrait une odeur et une saveur désagréables.

Le son ne se conserve guère, avec toutes ses propriétés premières, que cinq ou six mois; ce n'est donc pas un aliment dont on doive ou puisse faire de grandes provisions à l'avance. Par suite de l'absorption de l'eau, les pellicules s'agrègent en paquets et bientôt commence une fermentation acide, qui s'accompagne habituellement d'un changement de coloration, une odeur et une saveur aigres se montrent. Laisse-t-on aller les choses, la fermentation putride succède à la précédente et elle se décèle par une odeur connue de tous.

Des moisissures se développent en même temps que prolifèrent les microphytes des fermentations. En supposant que ces cryptogames ne soient toxiques ni par eux-mêmes ni par les produits qu'ils sécrètent, ils dépouillent le son de ses matériaux alibiles.

Des parasites animaux pullulent aussi dans le son altéré; on y trouve des acariens du genre Tyroglyphe et des larves du Tenebrio molitor.

Le résidu qui nous occupe n'a point échappé aux sophistications; on y a ajouté de la terre, du plâtre et surtout de la sciure de bois.

L'addition de terre a pour but d'augmenter le poids du son; c'est une fraude grossière, facile à déceler. En projetant dans l'eau une portion delà matière qu'on soupçonne

adultérée, les matières terreuses se précipitent au fond du verre et se reconnaissent aisément; elles tachent les doigts et souvent s'écrasent, ce qui n'arrive point avec le son.

La falsification par la sciure de bois est la plus commune; elle est parfois telle qu'on a vu du son en renfermer 35 %. On emploie habituellement la sciure de bois blanc, mais si on veut falsifier des sons d'épeautre et de blé roux, rien de plus facile que de s'en procurer de foncée. On mêle des sciures grossières aux gros sons et de plus fines aux moyens et aux petits sons.

L'examen microscopique est nécessaire pour déceler cette fraude ; on prélève dans la masse quelques fragments qu'on suppose être de la sciure, on en fait de fines coupes qu'on immerge dans la glycérine et qu'on examine au microscope, comparativement avec celles de son.

Vu en coupe transversale (fig. 29, A), le son de blé se montre formé de plusieurs couches superposées, savoir :

i°Une couche épidermique constituée par deux séries de cellules quadrilatères dont l'externe est tapissée par la cuticule. Vues de face, ces cellules apparaissent sous forme de losanges étirés longitudinalement.

20 Une couche parenchymateuse de longues cellules à parois minces, déchiquetées et criblées de ponctuations.

3° Une couche de cellules allongées tangenliellement, disposées comme les précédentes, mais à parois épaisses et presque dépourvues de cavité centrale.

4° Une couche interne appartenant à la graine et formée de cellules carrées, à parois très épaisses, contenant du gluten et des granulations graisseuses.

De plus, on aperçoit au-dessous de cette dernière couche

les vestiges des grandes cellules du périsperme qui renferment de la matière amylacée.

Les particules de sciure de bois mêlées au son se reconnaissent facilement par la présence de fibres fu-

Fig. 29. — Aspects comparés du son et de la sciure de bois

vus au microscope.

A. Son de blé. — B. Sciure de bois de sapin (grossissement. s5o).

sifôrmes et de trachées. Quand il s'agit de sciure de conifères, les faisceaux fibreux ont un cachet tout particulier qu'ils doivent aux aréoles creusées sur chaque fibre (fig. 29, B).

§ III. — Embryons ou germes de blé.

Des meuniers effectuent la séparation des embryons de blé des autres issues et livrent au commerce un produit désigné couramment sous le nom de germes. Il ressemble à du son moyen, de couleur paille, à pellicules sensiblement égales et aplaties.

Il pèse de 39 à 40 kilg. l'hectolitre, il absorbe environ deux fois son poids d'eau et forme une pâte qui, soumise pendant quelques heures à une température de 38°, fermente et se boursoufle. L'analyse chimique a révélé la composition suivante :

Eau 1 2,40

Matières azotées 31,64

— grasses 6.24

— hydrocarbonées 43.8g

— minérales 4.69

Cellulose 1.14

(A. Ch. Girard.)

La richesse des embryons en matières azotées et leur pauvreté en cellulose est remarquable ; ils constituent un aliment très concentré. En effectuant la séparation des matières grasses, nous avons obtenu une huile limpide et jaune-brunâtre. L'industrie l'utilisera peutêtre un jour à l'instar de celle de maïs.

Présenté aux ruminants et au cheval, ce résidu a été d'abord accepté avec un peu d'hésitation et bien consommé dans la suite. Nous savons qu'un éleveur qui en distribuait quotidiennement à ses bestiaux vit survenir delà diarrhée. En donnait-il une proportion trop élevée et ne faisait-il point d'association d'aliments? Dans nos expériences, 600 grammes par jour à chaque mouton et i5oo grammes par cheval n'ont point provoqué dedérangement de la santé.

38o DES RÉSIDUS INDUSTRIELS.

§ IV. — Farines de froment troisième et quatrième. Farines de seigle, de sarrasin et autres grains. Brisures de ri\.

En moyenne, la mouture du blé de bonne qualité donne de 74 à 75 % de farines. Celles-ci se subdivisent comme suit :

Farine première ou farine fleur 68

Farine seconde 4

Farines troisième et quatrième (encore dites

bises et fi eu rage dans quelques régions)... 3

Les deux premières qualités sont destinées à l'alimentation de l'homme; on utilise de moins en moins les bises pour cet usage. Le lecteur sait déjà que les meuniers font des mélanges pour aboutir à une farine moyenne qui est leur marque, mais la tendance générale est de donner de bonnes farines aux boulangers, d'où élimination progressive des farines bises. Celles-ci entrent de plus en plus dans les résidus qu'on destine à la nourriture du bétail ; le prix auquel les agriculteurs les achètent est un encouragement pour les meuniers à les vendre en vue de cette utilisation.

La mouture des petits blés ou blés de criblures fournit environ 67 % de farine considérée comme bise et mélangée aux farines troisième. et quatrième du bon froment. On soumet également à la mouture des blés échaudés, germes ou avariés. Les farines inférieures qu'on en retire sont habituellement réservées au bétail.

Farines 3e et 4e. — Au lieu d'être blanches, douces comme les farines premières et secondes, les troisièmes et quatrièmes sont plus grises, plus dures au

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DES RESIDUS DE LA MEUNERIE. 38i

toucher et on y trouve quelques débris de son. Les farines bises provenant de la mouture des petits blés et des blés avariés sont constituées par des granulations d'amidon généralement plus petites que celles du bon froment. Sans être très dissemblables des premières par leur constitution chimique, elles s'en différencient néanmoins par une proportion moindre de gluten et de matières extractives non azotées et un peu plus de cellulose; les chiffres suivants le démontrent :

Farine bise. Farine ordinaire.

Eau i3«94 n-47

Matières azotées i5.23 ï6-77

— grasses 2.62 i.56

— extractives non azotées . 64.96 68.93

Cellulose 1.40 0.48

Cendres 1,67 0.76

Le poids des farines bises oscille autour de 80 kilogr. à l'hectolitre ; elles sont deux fois plus lourdes que les remoulages et près de quatre fois plus que le gros son.

Administration. — Quantités. — Ces farines se donnent habituellement sous forme de barbotages et d'eau blanche; on en mélange à d'autres aliments, au son frisé, à des pommes de terre cuites, à des betteraves hachées. Elle sont particulièrement distribuées aux jeunes animaux et aux sujets qu'on engraisse.

La farine de froment crue n'est pas un aliment de facile digestion pour les animaux; les Jeunes ruminants ont pour elle un coefficient de digestibilité plus élevé que les adultes. Pour ceux-ci, il importe de n'en donner que de petites quantités et toujours mélangées à d'autres substances, de manière que la forte proportion de matières amylacées qu'elles renferment ait sa diges-

tibilité augmentée par la présence d'autres éléments. 11 y a toujours avantage à faire cuire la farine pour l'usage des animaux comme pour celui de l'homme, afin d'opérer la transformation de l'amidon qui sans cela traverse, partiellement inattaqué, le tube digestif, pouvant même occasionner des dérangements intestinaux s'il a été donné en quantité un peu forte.

Nous reviendrons plus loin sur les avantages de la panification appliquée au fleurage. Pour le moment, nous rappellerons que cet aliment est couramment . employé pour la préparation des boissons alimentaires utilisées dans le sevrage graduel des veaux et des porcelets. Les commissionnaires en bestiaux et les bouchers remploient aussi pour la nourriture des veaux entre le moment de l'achat et celui de l'abatage. Dans ces divers cas, il faut se servir d'eau chaude dans laquelle ondélaye i5ogrammesde farine par litre. Un jeune veau peut recevoir 1,200 grammes de fleurage par jour, quantité considérable proportionnellement à ce qu'en digèrent les adultes.

Les ruminants et les porcs à l'engrais en prennent en barbottages et en mélanges; il en est de même des vaches qui viennent de mettre bas. Voici une ration donnée à des bœufs à l'engrais, dont nous nous sommes bien trouvé :

Première période de l'engraissement. Deuxième période de l'engraissement.

Farines 5e et 4e 2 k. 000

Tourteau de colza.. 1 k. 5oo

Betteraves 1 5 k. 000

Foin 8 k. 000

Farines 3e et 4e.... 2 k. 000

Petit son 1 k. 000

Tourteau de pavot. 1 k. 000

Glands.. , o k. 600

Trèfle sec 10 k. 000

La suivante a donné de bons résultats dans la dernière période d'engrais d'un porc de 120 kilogr.

Farine quatrième 1 k. ^délayées dans q. s.

Pommes de terre cuites. 6 k. j d'eaux grasses. Débris de triperie. 1 k.

Il est bon de saler un peu les farines données aux ruminants afin de les faire prendre plus facilement. Des farines autres que celle de froment.

— Parmi les farines autres que celle de froment, il en est trois qui après préparation entraient, mais qui entrent de moins en moins dans l'alimentation humaine, celles de seigle, de maïs et de sarrazin. D'autres n'ont servi et ne servent qu'exceptionnellement à sa nourriture. Dans cette catégorie, se trouvent les farines d'orge, d'avoine, de millet, de sorgho, de haricots, de pois, de pois chiches, de vesces, de fèves, de lentilles, de féverolles, de lupin, de châtaignes et de pommes de terre. Celles de caroubes et de graines de cotonnier ont toujours été réservées aux animaux.

Farine de seigle. — Elle est blanc-grisâtre, un peu teintée de jaune; elle a notablement moins de gluten que celle de froment; sa composition est la suivante :

Eau i5.5i

Matières azotées 8 .90

— grasses 1 . 97

Glycosides 65. 5 1

Cellulose 6. 36

Sels 1.75

(POGGIALE.)

Son gluten est jaune et devient brun , corné; sec, il donne une cassure vitreuse. D'après Einhof, la farine de seigle contient du mucilage; on y trouve aussi une substance

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qui se colore en brun par la chaleur et une matière douée d'une odeur spéciale.

Il y a plusieurs procédés pour distinguer la farine de seigle de celle de blé ; il est utile d'être à même de faire la distinction car le mélange des deux farines n'est pas rare.

Est-on en présence de farines mal épurées où se voient des pellicules de son, on recueille ces dernières et on les traite comme il a été dit à propos du son de seigle, page 369.

La distinction des farines se fait par l'examen microscopique des grains d'amidon. Ceux du seigle sont à diamètre allant de omni,oo4 à omm,04, plus grands en moyenne que ceux de blé. Ils sont discoïdes, irrégulièrement bosselés et ils montrent fréquemment, mais non constamment, un hile étoile ou déchirure centrale à 3 ou 5 branches.

Cailletet et Benecke ont indiqué chacun un procédé de distinction des farines de blé et de seigle.

D'après Cailletet, on agite 20 grammes de farine avec deux fois son volume d'éther; on sépare la liqueur éthérée, on évapore dans une capsule de porcelaine et l'on obtient un résidu qu'on traite par un ce. du mélange suivant : acide azotique 1 volume, eau 1 vol., acide sulfurique deux volumes. Si Ton est en présence de farine de seigle, le résidu prend une coloration rouge cerise, tandis qu'elle est jaune s'il provient du blé. S'il y a eu mélange des deux farines, la coloration se rapprochera d'autant plus du rouge que la proportion de seigle sera plus grande.

Benecke conseille d'agir comme suit :

Mettre dans un matras de 5oo ce. 100 gr. de la farine à examiner, remplir de chloroforme le matras aux deux tiers, boucher et agiter énergiquement pour que

la farine se répande uniformément dans le liquide. Ajouter une nouvelle portion de chloroforme jusqu'à ce qu'il ne reste plus que quelques centim. c. d'air; on rebouche, on agite de nouveau et on laisse le tout reposer. Les corpuscules étrangers forment les premiers un dépôt couleur chocolat; au bout de vingt-quatre heures, une nouvelle partie de farine se dépose; ce sont les cellules à gluten qui vont de préférence au fond. Avec la farine de seigle, le dépôt est vert olive foncé; avec celle de froment, il est brun.

La farine de seigle est distribuée au cheval, au bœuf et au porc à l'engrais. On la donne au cheval sous forme de barbotage, au porc en la mêlant à des eaux de cuisine, et au bœuf d'engrais en l'associant à d'autres aliments. Le veau la digère bien. Elle est rafraîchissante, peut-être en raison du mucilage qu'elle contient.

Voici deux exemples de rations d'engraissement pour bœufs :

i° Farine de seigle 2 k. 5oo

Pulpes 25 k. 000

Luzerne 8 k. 000

20 Farine de seigle \ [ 2 k. 000

— de maïs / mélangées 12 k. 000

— blé 4e I pour cuisson.) 1 k. 000

Pommes de terre cuites ) l 10 k. 000

Foin 7 k. 000

On avait la précaution de saler le mélange de pommes de terre et de farines afin qu'il fût mieux appété. Pour des antenais à l'engrais, on donna :

RESIDUS INDUSTRIELS.

Première période. Deuxième période.

Farine de seigle, o k. 3oo

Betteraves i k. ooo

Luzerne i k. 5oo

Farine de seigle... o k. 200

— de maïs o k. 200

Drèches 2 k. 5oo

Tourteau de coton., o k. 25o

Farine de maïs. — Cette farine, de couleur jaune pâle ou jaune doré selon la variété de maïs qui l'a fournie, a une odeur particulière. Elle est moins douce au toucher que les précédentes et elle rancit rapidement, aussi ne doit-on point en faire de grandes provisions à la fois. Son amidon est à granulations assez uniformes, de omm, oi3o de diamètre en moyenne, arrondies, souvent pentagonales, à hile étoile.

La composition de la farine de maïs est la suivante :

Eau i3 .89 %

Matières azotées 10.21 —

— grasses 6 .89 —

Glycosides 63 .44 —

Cellulose 4-°9 —

Sels i .48 —

Cette farine présente une particularité (Poggiale), qui permet de la déceler quand elle a été mêlée à celle d'autres céréales : Soumise à l'action des alcalis caustiques, elle prend une coloration jaune serin intense ; la teinture d'iode donne à son décocté une teinte lie de vin.

De toutes les farines, celle de maïs est la plus employée pour l'alimentation du bétail, surtout de celui qu'on engraisse. On la donne peu au cheval, mais elle est largement distribuée au bœuf, au mouton, au porc ; son rôle dans le gavage et l'engraissement des volailles est de première importance.

Les formules qui suivent ont été expérimentées sur le bœuf, le mouton et le porc :

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