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ficiel, au moment du sevrage et dans l'engraissement des veaux qui doivent être vendus sous le nom de veaux blancs. On en retire de bons effets, car la cuisson les a rendues plus digestibles; d'autre part, elles combattent la diarrhée qui souvent se déclare sur les veaux, les fait maigrir et quelquefois mourir. Elles agissent à la façon du décocté désigné sous le nom d'eau de riz, dont l'emploi est si fréquent et si populaire dans les médecines humaine et vétérinaire comme antidiarrhéique et antidysentérique.
Des chasseurs, afin, disent-ils, d'affiner l'odorat de leurs chiens, les nourrissent exclusivement de bouillies de riz, sans graisse, trois semaines avant l'ouverture de lâchasse. Ils atteignent le but parce que cette alimentation est insuffisante et que sous l'influence de la disette, la sensibilité et la finesse des sens s'exaltent d'abord, mais c'est au détriment de la force, de la vitesse et de la santé des animaux; si l'anémie est lente à se montrer quand les chiens ne chassent pas, elle se décèle avec rapidité aussitôt que la chasse commence. Seul, le riz ne peut constituer un aliment suffisant pour le chien pas plus qu'il n'en peut être un pour l'âne ainsi que Ta démontré Magendie et pour les autres animaux, ajouterons-nous; il faut l'associer à d'autres substances. Nous connaissons une circonstance où un propriétaire perdit une meute de quatorze chiens qu'il avait mise pendant cinq semaines au régime exclusif du riz bouilli à l'eau claire (i).
Farines d'orge et d'avoine. — L'orge fournit une farine très exceptionnellement employée seule à la panification, mais quelquefois mêlée à celle du seigle et du blé. Elle
0) Collin, Dangers d'une alimentation insuffisante, Bull, de la Soc. vél. delà Haute-Marne, 1869.
est gris jaunâtre, assez douce au toucher; son amidon ressemble à celui du blé et ne s'en distingue pas facilement; son contour est pourtant moins régulier, sa surface souvent bosselée; son diamètre moyen est deotma,oi4;il résiste mieux que l'amidon du blé à l'action de l'eau bouillante.
La farine d'orge qu'on destine exclusivement au bétail est rarement blutée.
Voici la composition de farines d'orge blutée et non blutée :
Farine d'orge Farine d'orge blutée. non blutée.
Eau 14.5 11.19e
Matières azotées i3.o 11. 6 —
— grasses 2.2 4.9 —
Extractifs non azotés 67.0 34.8 —
Cellulose » 31.9 —
Cendres 2.3 5.7 —
(Gohren.)
Avec celle de maïs, la farine d'orge est la plus employée pour les animaux. C'est ordinairement avec elle qu'on fait des barbotages pour le cheval, en en délayant 5oo gr. dans un seau d'eau. Ces barbotages sont considérés non seulement comme nourrissants, mais encore comme rafraîchissants. Ils sont également donnés tièdes aux femelles qui viennent de mettre bas, aux jeunes qu'on sèvre. Pour le porc on associe cette farine aux eaux grasses. Non blutée, elle absorbe près de deux fois et demi son poids d'eau.
Dans quelques parties de l'Europe, le gruau d'avoine entre dans l'alimentation humaine. Ge n'est qu'exceptionnellement qu'on donne la farine d'avoine aux animaux; on préfère leur distribuer cette céréale sous forme de grains et on la réserve généralement pour les Équidés.
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Mais les ruminants, les vaches laitières en particulier, s'en trouvent très bien; les expériences que nous avons poursuivies sur ce sujet nous ont fait constater une augmentation dans la teneur en beurre du lait des vaches qui recevaient de l'avoine. Mœrker, du reste, l'avait déjà vu. Malheureusement, le prix élevé auquel se maintient cet aliment depuis plusieurs années, nous empêche d'en préconiser l'emploi autant que nous le voudrions, La farine d'avoine a le grand avantage d'être acceptée immédiatement par tous les herbivores domestiques ; elle sert donc de condiment autant que d'aliment, et pour la nourriture des jeunes, elle rend de signalés services. Elle passe aussi pour rendre la viande de qualité supérieure; dans l'engraissement des volailles de choix, on termine l'opération en donnant dans la dernière quinzaine des pâtées de farine d'avoine délayées dans du lait.
Cette farine est grise, douce, inodore et absorbe son poids d'eau. Son amidon est» en granulations polyédriques, anguleuses, libres ou agglomérées en masses ovoïdes; les granulations libres ont de 5 à 9 millièmes de millimètres et les masses ovoïdes de 4 à 6 centièmes.
Gohren attribue à la farine d'avoine la composition qui suit :
Eau 12.0 °/o
— grasses * 6 . —
Extractifs non azotés 63 . 9 — .
Cellulose »
Cendres »
Farines de Légumineuses indigènes, — Les farines des légumineuses sont employées parfois pour falsifier celle du blé ; on en fait entrer quelques-unes dans la
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DES RÉSIDUS DE LA MEUNERIE. 3g5
composition de poudres alimentaires ou condimentaires vendues sous divers noms pour l'allaitement artificiel des veaux; enfin toutes ou à peu près sont distribuées en nature assez fréquemment : triple motif pour en dire un mot à cette place.
La farine deféverole (Faba vulgaris, L.) est la plus usitée; on la mélange surtout aux blés pauvres en gluten pour augmenter le taux de leur farine en azote ; elle ne trouble pas, à doses modérées (3 #),le travail de la fermentation panaire. A défaut de féveroles, on emploie la farine de fève (Faba equina).
Les farines de fèves et de féveroles sont l'une et l'autre grises jaunâtres, hygrométriques, d'une odeur êl d'une saveur qui rappellent celles du haricot. Leur amidon est un peu différent. Celui de la fé vérole, arrondi ou ovalaire, est à granulations du diamètre de 9 à 40 f*; celui de la fève, en grains irréguliers, souvent fendus transversalement, du diamètre moyen de 20 à 3o [x.
La farine de haricot est moins avantageuse que celles de fèves et féveroles, d'abord parce que possédant l'odeur et la saveur particulières du fruit d'où elle dérive, elle les communique à la farine et au pain de blé dans lesquels on la fait entrer, ensuite parce qu'elle gêne la panification; désagrège le gluten, le rend coulant et l'empêche de se boursoufler.
Sa couleur varie du blanc sale au brun très clair; son amidon est en grains réniformes pour la majorité, quelques-uns ovales ou presque cylindriques; quand leur hile est visible, il a la forme d'une fente. Leur longueur oscille de 35 à 5o jx. Blutée, elle absorbe 33 % d'eau, L'agriculteur n'a point intérêt à en acheter; seule, les animaux la refusent; mêlée à d'autres farines, elle n'est prise que difficilement et forme une pâte grise mal liée exhalant l'odeur de haricot. Soumise à la cuisson, l'o-
3g6 DES RÉSIDUS INDUSTRIELS.
deur spécifique devient plus nette et il se forme une bouillie vitreuse, gluante.
Le pois ordinaire {Pisum sativum) donne une farine verdâtre, assez douce, d'une odeur qui n'a rien de désagréable ; son amidon est en grains irréguliers, habituellement réniformes et souvent pourvus d'un hile linéaire; leur grandeur moyenne est de 22 à 33 ja.
Le pois chiche {Cicer arietinum, L.) donne une farine blanc jaunâtre, assez douce au toucher, d'une odeur non désagréable; son amidon est en grains ovales ou sphériques, avec ou sans hile linéaire, assez réguliers, d'environ 20 \l de grandeur. Autant qu'on en peut juger par l'examen microscopique , les farines de pois chiche et de lentille sont particulièrement utilisées pour la confection des poudres dites nutritives et des préparations qualifiées de laits artificiels.
Celle de lentille, qu'on emploie aussi à cause du peu d'odeur de légumineuse qu'elle répand à la cuisson, ce qui fait qu'elle ne décèle pas sa présence comme le feraient celles de haricot ou de pois, est jaune-clair et assez rude au toucher. Son amidon est ovale ou réniforme avec un hile linéaire prononcé; il est plus petit que ne l'est habituellement celui des légumineuses ; sa grandeur moyenne est de 20 fx.
La vesce cultivée fournit une farine également jauneclair, dégageant l'odeur de haricot à la cuisson. Son amidon est en granules ovoïdes ou même elliptiques, d'un diamètre moyen de 22 \k.
Nous ne signalerons les farines de gesse chiche et de lupin que pour détourner les agriculteurs d'en présenter à leu r bétail. Nous avons indiqué ailleurs ( 1 ) les accidents pathologiques, véritables empoisonnements, qui résultent
(1) Op. cit., pages 3 14 et 326.
*3JÉÇ?Œf-;
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de l'alimentation prolongée avec les graines de ces deux légumineuses. Les farines produisent les mêmes effets; il y a peu de temps, nous avons été consulté relativement à l'empoisonnement de porcs qu'on tentait d'engraisser avec un mélange de farines de maïs et de lupin.
Voici les caractères qui permettent de reconnaître les farines de gesse chiche et de lupin. Celle de gesse, de couleur jaune pâle, est rude au toucher et n'a qu'une odeur faible de légumineuse. Son amidon est en grains arrondis, dont quelques-uns assez longs; hile linéaire. Grandeur moyenne : 25 jx de large sur 29 de long.
La farine de lupin jaune est de couleur légèrement jaunâtre; elle n'a pas d'odeur; sa saveur, d'abord amère, devient rapidement acre, styptique et strangulante.
Traitée par l'iode, elle prend une coloration brune toute particulière au lieu de la coloration bleue que manifestent les autres farines sous l'influence de ce réactif.
Examinée au microscope elle se montre constituée : i°par des corpuscules ovoïdes (fig. 3o, A.) ou arrondis, granuleux à l'intérieur, n'ayant aucun rapport de forme et de structure avec l'amidon des autres plantes papilionacées, et mesurant de 18 à 22 a de diamètre : quelquesuns de ces corpuscules sont faiblement colorés en brun par l'eau iodée, la plupart demeurent incolores. 2°Par des granulations très tenues, libres ou associées deux à deux, fixes ou animées de mouvements très actifs, toutes réfractaires au réactif iodé. Rencontrées dans des farines provenant de grains anciens et récents, elles sont considérées comme des sphérobactéries qui ont envahi les graines, s'y sont multipliées et y ont vécu aux dépens de la granulose d'un amidon primitivement existant :
la substance restante, colorée en jaune brun par l'iode, serait l'autre élément de l'amidon, c'est-à-dire Yamylose. (Boucher.)
Quoi qu'il en soit, les caractères de cette farine sont tels qu'on en découvrira aisément la présence dans
Fie. 3o. — A. Amidon de lupin jaune. B. Amidon de maïs (grossissement : 3oo).
celle de maïs quand elle y aura été introduite, dans une intention frauduleuse. Cette dernière, en effet, est formée de grains amylacés polyédriques, libres et pourvus d'un hile central triangulaire, très visible à un grossissement de 3oo diamètres (fig. 3o, B.)
Farine de caroubes. — Le Caroubier (Ceratonia siliqua, L.) est un arbre de la famille des Légumi-
Pour le travail industriel, on emploie la pulpe. En effet, le fruit du caroubier est une gousse assez longue, à valves épaisses, remplie d'une pulpe sucrée ou mielleuse à demi solide et contenant des semences ovales, aplaties, luisantes, ombiliquées, à testa corné. Après utilisation de la pulpe, restent les graines qu'on jetait et qu'on jette encore dans beaucoup d'endroits. On a eu l'idée de les moudre et d'en retirer une farine que le bétail accepte bien. Jusqu'ici le prix en est resté très bas; aussi s'est-on empressé, en Angleterre, d'en importer pour les opérations d'engraissement. On a eu raison; pourquoi ne pas imiter cette pratique en France ?
Farine de graines de cotonnier. — Il a été dit qu'en Orient les graines de cotonnier sont données aux animaux. On commence à importer dans l'Europe centrale la farine de ces graines et à la faire entrer dans la nourriture des bétes bovines.
§V. — Altérations et sophistications des farines.
Altérations. — Les farines peuvent être de qualité inférieure, parce qu'elles proviennent de graines avariées ou parce qu'elles se sont altérées depuis la mouture.
Les grains germes ont été accusés de donner une farine non seulement inférieure, mais encore nuisible. Pour juger cette affirmation, il faut voir quelles modifications se produisent sous l'influence de la germination. Parmi les recherches faites sur ce point, nous emprunterons aux plus récentes, celles de MM. Brown et Morris, les conclusions qui en décou-
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ndant la germination, les sont solubilisées, mais on nt qui produit cette solubiart. MM. Brown et Morris :s graminées s'applique sur :iale qui a reçu le nom de le l'albumen d'un épiderme le début de la germination, mts dans le contenu de ces vient grenu et trouble de strait presque entièrement ste jusqu'à ce que l'albumen dé et que la plantule ait îz importantes. La couche uche à gluten ne se dissout e totale de l'amidon, ce qui orte de cutinisation de ses sont occasionnés par un fer- Tépithélium du scutelle.
l'amidon pendant la germiformation de maltose, qui ^ M«M«w*«*w 4«r*v.w44iw*t jn sucre de canne; c'est ce dernier sucre et les produits de son inversion qui représentent chez les graminées la forme de voyage des hydrates de carbone.
On n'a point décelé jusqu'à présent la production de substances toxiques pendant la germination; c'est donc un premier et très sérieux motif pour accueillir avec grande réserve les quelques observations dans lesquelles on a regardé des farines provenant de céréales germées comme facteurs d'accidents; il en est d'autres. A notre
(1) Recherches sur la germination de quelques graminées par Horace Brown et fe. G. Harris Morris, Biederm. Centrait!., XX, 19, traduction de M. Vesque, dans les Annales agronomiques, 1891, p. 23o.
connaissance, on n'a incriminé que la farine de seigle et les symptômes constatés : coliques légères et persistantes, anorexie, faiblesse du train postérieur, difficulté dans l'émission de l'urine, tendance à rester couché sur le flanc, respiration accélérée, pulsation doublée, artère tendue, rappellent ceux qui sont occasionnés par l'ivraie enivrante ou par un champignon parasite du seigle dont il sera question tout à l'heure.
Que faut-il penser des farines et des sons provenant de graines insuffisamment mûres? Nous n'avons jamais entendu incriminer nos céréales indigènes et, en Auvergne, il est même d'usage de réserver le seigle incomplètement mûr pour la confection de pain à bestiaux.
Un médecin néerlandais, M. Van den Driessche accuse le riz non mûr de produire chez l'homme qui le consomme une maladie singulière appelée béribéri; elle se caractérise par des symptômes multiples, avec prédominance de troubles intellectuels, sensoriels, moteurs; le plus souvent elle affecte le type chronique. Elle n'est pas rare sur les populations de l'extrême Orient qui se nourrissent de riz. La lumière est loin d'être faite complètement sur la cause exacte du béribéri; mais dans le doute, il paraît sage de tenir compte des observations de M. Van den Dreissche, d'autant plus qu'il les appuie par des expériences exécutées sur des singes, des poules et des pigeons qu'il nourrit de riz non mûr et sur lesquels, dit-il, il fit apparaître la maladie. Il existe d'ailleurs dans l'Amérique du Sud une maladie du cheval dont la symptomatologie fait songer au béribéri, on la nomme là-bas guebrabunde. Enfin, les chevaux européens importés en Indo-Chine succombent au bout de quelques années de séjour à une paraplégie que des médecins rapprochent du béribéri.
La conclusion est que l'agriculteur ne doit acheter,
pour la nourriture de ses animaux, que des brisures de riz en bon état.
Le maïs avarié a été et est accusé de développer une affection spéciale, la pellagre. Cette affection se traduit par des troubles digestifs, une éruption à la face dorsale des mains et des pieds, à la poitrine, éruption constituée par des plaques érythémateuses qui se recouvrent de vésicules et plus tard se desquament ; il y a des troubles nerveux indiquant une lésion fonctionnelle de la moelle épinière. Les accidents cérébraux ne sont pas rares.
La cause de ces désordres serait une moisissure appelée verderanne par les Italiens et verdet par les Français. Des bactériologistes ne croient point que le verdet soit le coupable direct, il n'agirait qu'indirectement en préparant le terrain à des microbes qui seraient les producteurs du mal. Enfin d'autres observateurs ne pensent pas qu'il faille accuser le mais, avarié ou non, de produire la pellagre.
Dans un livre de la nature de celui-ci, il serait déplacé de discuter à fond les idées émises sur l'étiologie de la pellagre, mais ce qu'il importe que l'agriculteur n'ignore point et ce qu'il doit tenir pour certain, c'est que le maïs avarié est nuisible aux animaux qui le consomment. Nous avons contrôlé expérimentalement les observations de Lombroso et nous avons amené la mort de coqs auxquels nous faisions distribuer du maïs altéré. Sans doute, la farine de ce maïs, après son passage aux ventilateurs et aux blutoirs, est débarrassée d'une partie des cryptogames qui se trouvaient à la surface du grain ; mais l'épuration complète étant impossible, elle doit néanmoins être écartée de l'alimentation du bétail.
Récemment la farine de seigle a été désignée comme
4o4 DES RESIDUS INDUSTRIELS.
productrice d'accidents, signalés en France et en Russie sur des personnes qui s'étaient nourries du pain qui en provenait. Ces effets, qui consistaient en un engourdissement général et dans l'impossibilité de. travailler pendant vingt-quatre heures, ressemblaient à ceux que produit l'ivraie enivrante, mais ils étaient plus rapides et plus intenses.
M. Woronine qui a examiné des échantillons du seigle dangereux, a constaté que les grains étaient envahis par des végétations cryptogamiques et il a indiqué plusieurs formes de champignons comme devant être soupçonnées d'avoir produit les accidents.
M. Prillieux a procédé au même examen sur des seigles de la Dordogne également nuisibles. Il a trouvé des grains de médiocre apparence, légers, petits, mais dépourvus des champignons observés par M. Woronine. Le microscope lui a fait constater, à l'intérieur de ces grains, la présence d'un champignon, toujours le même dont le mycélium avait envahi la couche externe de l'albumen. Il a distingué de nombreux filaments entrelacés formant une sorte de stroma entourant l'albumen et pénétrant même dans les téguments. Des grains d'amidon étaient corrodés, probablement par l'action d'une diastase sécrétée par le parasite (i).
M. Prillieux estimant que ce champignon ne peut entrer dans aucun des genres connus, proposa d'en créer un nouveau pour lui. Il en a fait, avec le concours de M. Delacroix, l'étude botanique. Des grains placés dans une atmosphère saturée d'humidité se couvrirent de coussinets blanchâtres formés par l'épa-
(i) Prillieux, Le seigle enivrant, dans les Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, 1891, icr semestre, page 894.
nouissement à l'extérieur de rameaux conidiophores du champignon dont le stroma entoure l'albumen. Ces fructifications se caractérisent par des spores hyalines, naissant en courts chapelets à l'intérieur des rameaux vers leur partie terminale (fig. 32, A). MM. Prillieux et Delacroix appelèrent cette moisissure Endoconidium temulentum (1).
Fig. 32. — Champignon donnant au seigle des propriétés vénéneuses.
A. « Endoconidium temulentum », nov. gen., nov. sp., P. D.
B. « Phialea temulenta », nov. sp., état ascospore d'Endoconidium.
(Dessin communiqué par M. Prillieux.)
Ces botanistes poursuivirent leurs recherches afin d'obtenir l'état ascospore de Phyphomycète. Ils réussirent et virent apparaître sur les grains de seigle une pézize, à cupule pédicellée, àhyménium jaunâtre, tirant tantôt sur le Touge brique, tantôt sur la couleur chamois clair (fig. 32, B).
Ce discomycète se rapporte au genre Phialea, Fr. et MM. Prilleux et Delacroix en firent l'espèce Phialea te-
(1) Prillieux et Delacroix, Endoconidium temulentum, nov. gen., nov. spc, Champignon donnant au seigle des propriétés vénéneuses. — Bulletin de la Société mycologique de France, 1891, t. VII, page 1 16.
mulenta. Il prend naissance dans le grain même. A ce moment, l'albumen a complètement disparu et on trouve à sa place le mycélium du champignon, intriqué en stroma à mailles peu serrées (i).
Nous ne savons pas exactement à quel moment le seigle est envahi par le parasite en question. Son mélange à la farine est tellement intime qu'il n'y a pas à espérer de le séparer au blutage, ni à s'étonner de voir celle-là être nuisible.
Les accidents signalés pour l'espèce humaine se montrent quand cette farine est donnée aux animaux. M. Prillieux a indiqué que les porcs, les chiens, les volailles auxquelles on a donné, en Dordogne, du pain fabriqué avec de la farine de seigle ainsi altéré, sont devenus mornes, engourdis et ont refusé de manger et de boire pendant vingt-quatre heures. Les probabilités sont grandes qu'il s'agissait d'accidents de même origine dans les relations des vétérinaires où la germination, la fermentation, l'insuffisance de maturité étaient indiquées comme causales des états morbides qu'ils ont observés. Voilà donc un nouveau parasite du seigle à placer à côté de l'ergot et qui prouve que cette céréale a une réceptivité particulière pour les cryptogames.
En raison de son hygroscopicité, la farine est d'une conservation qui exige des soins. Et même quand on les lui donne, elle n'échappe pas toujours au rancissement et aux moisissures.
En vieillissant, les farines rancissent, avec diminution du sucre et production d'acidité. Il y a parfois désagrégation partielle du gluten et transformation d'amidon en dextrine ; cette sorte d'altération apparaît quand
(ij Prillieux et Delacroix, Phialea temulenta nov. sp. état ascospore d'Endoconidium temulentum, Bulletin de la Société mycologique de France, 1892, t. VIII, pages 22 et 23.
"Tf".
parvient à isoler permettent de distinguer soit les canaux de Havers, soit les ostéoplastes si caractérisés par leur forme et leurs ramifications en pattes d'araignée (fig. 34, B). Les canaux de Havers mesurent de omm,09 à omm,oi4 de diamètre, les corpuscules osseux ont 18 à 25\l de longueur et de 6 à 11 jx de large.
Fie 33. — Farine de blé additionnée de plâtre (grossissement : 170).
L'alun est employé pour modifier la qualité des farines. L'examen microscopique ne permet pas de le déceler, car il se présente sous forme de granulations qui rappellent celles de quelques fécules et qui ne se distinguent de ces dernières qu'en ce qu'elles' ne réagissent point au contact de la solution iodée.
La combustion et l'essai chimique sont plus sûrs.
La farine sophistiquée avec de l'alun donne, q on l'incinère, un charbon dense et adhérent; en pendant l'opération il se produit un boursouflemen est dû à la fusion de l'alun dans son eau de crista tion. Une farine normale donne un charbon léger
Fig. 34. — A. Amidon de blé. — B. Poudre d'os (grossissement
poreux et non adhérent et pendant l'incinération el se boursouffie pas avant la combustion.
La farine alunée, diluée dans de l'eau distillée d< après filtration, un liquide styptique et astringen produit avec le chlorure de barium un précipité 1 insoluble dans l'acide azotique, et avec l'ammoniaqi précipité grumeleux, soluble dans un excès de pc (Chevalier et Baudrimont). Jamais une farine pu donne de pareilles réactions.
4io DES RESIDUS INDUSTRIELS.
L'addition de poudre de corozo est une falsification qui a été signalée récemment en Allemagne. Un palmier, le Phytelephas macrocarpa, qui croît dans l'Amérique du Sud , fournit des fruits très durs (fig. 35), appelés noix de pierre et aussi noix de Carthagène, de Panama, de Para, de Guyaquil, de San Loren%o, etc. Ces fruits, dépouillés sur place de leur coque, sont
Fie. 35. — A. Noix de corozo (fruit du Phytéléphas macrocarpa). B. Noix coupée transversalement.
expédiés en Europe où l'industrie s'en empare et les transforme en divers objets, notamment en boutons. A la suite du travail industriel, il reste de la poudre provenant de l'action de la polissoire. En raison de son bas prix, elle est employée pour falsifier les farines, les recoupes, la semoule. Une pareille fraude est des plus blâmables, d'abord parce que la poudre de corozo a une composition chimique bien inférieure à celle des farines de céréales ; cette composition est la suivante d'après Lages :
Eau 9-3%
Matières azotées 5 . i —
— grasses 1.7 —
Extractifs non azotés 7.0 —
Ligneux et cellulose 73.7 —
Cendres 1.2 —
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On ne peut manquer de remarquer dans cette analyse, la forte proportion de ligneux et de cellulose; c'est elle qui donne au corozo sa dureté particulière, mais c'est elle aussi qui en fait un produit peu assimilable et de faible valeur nutritive.
Fig 36, — A. Amidon de seigle.
B. Poudre de corozo (grossissement : 290).
La poudre d'ivoire végétal est inodore et insipide, de coloration blànc-jaunâtre, rappelant celle de la farine de plusieurs céréales. Sa densité est cependant plus élevée, car si l'on agite un mélange de cette poudre et de farine dans un tube d'essai contenant du chloroforme, le corozo, au bout de deux minutes de contact gagne le fond, tandis que la farine reste en suspension dans le liquide et s'assemble peu à peu en
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couche opaque à la partie supérieure. Ce moyen est à employer pour isoler rapidement les deux corps.
En examinant directement, sous le microscope, la poudre de corozo, on la voit opaque, amorphe et sans structure : il est nécessaire de faire intervenir divers réactifs pour en isoler les éléments. Ceux qui nous ont le mieux réussi sont : une solution bouillante de potasse au -fo <lue V°n fa** a8*T de 5 à 7 minutes et une solution d'acide sulfurique au -^ qu'on maintient durant £ d'heure à la température de Tébullition. Les fragments qu'on observe ensuite dans la glycérine simple ou iodée se montrent formés de cellules quadrangulaires à parois épaisses et dont la cavité centrale mesure de 3o à 5o i*. : de plus les cellules d'une même série communiquent entre elles, grâce à la présence d'une petite fenêtre pratiquée sur leurs parois transversales adjacentes (fig. 36, B): Quelques-unes renferment à leur intérieur une substance qui se colore vivement en jaune par l'action successive de l'acide azotique et de l'amomniaque, substance qui est la matière de l'albumen (Boucher.)
Section II. — Produits fournis par la boulangerie