‹ Des résidus industriels dans l'alimentation du bétail 1892Chapitre 62 sur 72 · ALIMENTATION PAR DES PRODUITS EXCRÉMENT1TIELS · texte numérisé non relu

ALIMENTATION PAR DES PRODUITS EXCRÉMENT1TIELS

Des circonstances multiples font qu'une fraction des aliments fournis à l'appareil digestif échappe au travail de la digestion; une autre portion ne le subit qu'imparfaitement. Il reste des éléments qui , introduits dans l'organisme d'espèces différentes, sont encore susceptibles d'être utilisés. On y a songé.

Il ne s'agit point de la très répugnante coutume qu'ont les porcs, élevés à l'antique, de chercher dans les excréments de l'homme de quoi apaiser leur faim et les chiens errants de fouiller dans les immondices pour le même motif. Nous visons la circonstance où l'homme distribue lui-même à des animaux domestiques les résidus de la digestion de quelques espèces.

Ces circonstances se présentent : i? dans les pays méridionaux où s'exerce l'industrie séricicole, par l'utilisation des déjections des vers à soie; 2° dans les pays septentrionaux, par celles des chevaux.

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§ I. — Distribution des déjections des vers à soie aux animaux.

Les vers à soie laissent beaucoup de déjections quand on les nourrit fortement au moment de leur croissance et avant leurs mues. On estime qu'une once de graine de vers à soie en produit 80 kilogr. ou 4 hectolitres. Chaque fois qu'on délite les vers, on les ramasse mêlées aux restes de feuilles et aux brindilles de mûrier. Habituellement, on sépare ces dernières des excréments et on les donne aux bêtes bovines qui s'en nourrissent.

On fait ensuite sécher les déjections des vers à soie auxquelles restent toujours mêlées quelques parcelles de feuilles. Après dessiccation, elles se présentent sous forme d'une matière grossièrement pulvérulente, inodore, noire, glissante à la main, qui n'est pas .sans analogie physique avec la poudre à mine; quelques fragments de feuilles de mûrier les mouchètent en vert. Elles pèsent de 670 à 680 grammes le litre et absorbent environ cinq fois leur poids d'eau, ce qui varie, d'ailleurs, suivant leur état de dessiccation. Mêlées à l'eau, elles forment une bouillie d'un brun-verdâtre, dont la partie supérieure est franchement verte , car elle est formée entièrement par des fragments de feuilles qui, plus légères que les déjections, ont gagné la surface. En s'hydratant, les excréments prennent une coloration verdâtre qui se rapproche de celle des feuilles, mais n'exhalent aucune odeur désagréable ; on ne perçoit que celle de feuilles sèches. On comprend donc que les animaux n'aient aucune répugnance à les manger.

Les excréments des vers à soie de la i*6 mue forment une poudre plus fine que celle des 3e et 4e mues.

*:* T'£5 RESIDUS INDUSTRIELS.

Leur c -r: position dirfere un peu suivant l'âge des ver* qui les ont expulsées, ainsi qu'on en peut juge: o'a^rv:> es indivis suivantes de M. A. Ch. Girard :

Objections de tto a soie recumllita après I*

ia;:. . 12.10 9.70

^Ui\x> o^v.et» 18.21 1) 12.55

— ,t-uns«£s. 0.79 o.63

— v ^rvvnrruneïîs 5o.2Q 5q.28

— T:.':er.i.es M.Ô.S 8.72

L axuv; *e ic part entre Les débris de feuilles et brin c s.s ue murer et les excréments n'a pas été fait, le tac\ c a.:» 'C*. s el^ve.

Lc^ irrres sont les animaux auxquels on distribue \uv.ue- v. vent les excréments de vers à soie; on les *cv.r d- i':îc de 'laves dans des eaux grasses, seuls ou •»*e:a *c/^ a*- ^c un r*eu de farine. Ils en reçoivent i,5oo c* 1 *v v>c^ et pi us chaque ;cur.

I c* ok^ux en reçoivent aussi, seuls ou meian- ;vn si ce l'cvce. à de L'avoine, à des farines et à Feu: vx ca »> l'une ce l'autre circonstances. Ils les mangen: ^1 t> u ïîcu tvs; m leur en donne environ 600 à 700 gr. a c-ucuc r-eiMs*

v.\>- ,\ cc.vus cassent pour constituer une nourriture va:uu: mlïvC ci amener. ?cur peu qu'elles soient données vi a n •incuin^ni ou en :rop fortes quantités, des pou sncc> a ,a .va a. Dans l'Àrdeche. où leur distribution a-i

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non -u-îteît a.rcs urée. Amitiés, eïc 4.-0

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animaux est habituelle, les paysans les considèrent comme un aliment de force pour le cheval; ils les lui donnent à la façon de l'avoine quand cet animal doit exécuter quelque travail pénible ou soutenu. On ne devra point perdre de vue leur grande puissance absorbante et ne pas dépasser pour le cheval qui les reçoit sèches, les quantités qui viennent d'être indiquées.

§ IL — Distribution des déjections des chevaux aux bêtes bovines*

Il y a longtemps que les naturalistes ont dénoncé le goût étrange et très prononcé qui pousse le buffle de l'Inde ou arni à se repaître du crottin de cheval. Est-ce par imitation de cette manière de faire que les Lapons et les Suédois de l'extrême Nord ont été amenés à donner les déjections de leurs poneys aux bêtes bovines? Avaient-ils remarqué que celles-ci , placées dans des pâturages que viennent de quitter des chevaux , mangent très volontiers les touffes d'herbes qui ont végété au contact des crottins? N'est-ce pas plutôt par suite de la disette de fourrages que pour nourrir leurs bêtes ils ont eu l'idée d'utiliser les crottins qui contiennent encore une proportion d'aliments non digérés?

Quoi qu'il en soit, il paraît que, dès le milieu du siècle dernier, les montagnards norvégiens ajoutaient du fumier de cheval au foin destiné à leurs vaches, et qu'en Suède ce mode d'alimentation était recommandé. Aujourd'hui, au centre de la Laponie proprement dite et dans la partie la plus septentrionale de la Laponie suédoise, le crottin des chevaux remplace en hiver le foin dans l'alimentation du bétail.

D'après Fleischmann, c'est à M.Swartz, de Hofgarden

(Suéde), inventeur du procédé d'écrémage qui porte son nom, « que revient le mérite d'avoir le premier entrepris, en 1868, dans son étable peuplée de vaches shorthoms, des essais étendus sur ce singulier moyen d'alimentation. Ces essais ont été, sous tous les rapports, si satisfaisants, que depuis cette époque le fumier de cheval constitue un élément constant de la ration quotidienne des vaches laitières de Hofgarden. D'après les observations recueillies jusqu'ici, 8 litres de fumier frais de chevaux de fatigue bien nourris équivalent, comme valeur nutritive, à environ 3 livres de bonne paille. Comme un cheval donne en moyenne 1 kilogr. 5 de fumier par jour, soit cn\ iron x x .000 litres par an, et que cette quantité comme valeur nutritive équivaut à peu près à vingt quintaux inotùquos de paille, on peut, en utilisant cette matière. économiser une notable quantité de fourrage brut. A Mot^xUvwn, on donne aux vaches, par jour et par tête, S hues vie tumîer de cheval, et même 1 1 litres ces derioco temps» sans qu'on ait observé le moindre inconvénumt» ^olt pour la santé des animaux, soit pour laqua- .' .c aV .\w •*«:* rt Je ses dérivés. Beaucoup de vaches

0 v v,\ciu uwucdtatcmem le fumier de cheval, d'autres v-o 'xv'.«t svv Accoutumées à cette nourriture par petites VVAV\ xu\^ "cu:a:xt graduellement. Le crottin doit touw xc-v C'^/.onc à re:at frais, le jour même ou au plus

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