‹ Des résultats dans les différents traitements des épithéliomas cutanés de la faceChapitre 11 sur 59 · HISTORIQUE ET RESULTATS DES DIFFERENTS TRAITEMENTS · texte numérisé non relu

HISTORIQUE ET RESULTATS DES DIFFERENTS TRAITEMENTS

« On peut, sans crainte d’être taxé de paradoxe, ranger les cancers de la peau parmi les plus curables des maladies cutanées », dit Lacassagne. « On connaît en effet (ce qui est le cas pour bien peu de maladies) la condition nécessaire et suffisante pour l'obtention de la cure du cancer. On sait que si l’on parvient à détruire, par un procédé quelconque — mais avant qu'elles n'aient essaimé à distance de leur lieu d’orieine —— toutes les cellules pathologiques qui constituent une tumeur maligne, celle-ci sera radicalement guérie. »

Pour obtenir cette destruction dans les meilleures condilions possibles, les moyens thérapeutiques se sont succédé avec les progrès des connaissances biologiques et des agents thérapeutiques.

[. —— Les caustiques chimiques.

Les caustiques chimiques furent très employés autrefois; mais ils sont de plus en plus délaissés. Cet oubli total dans lequel on les laisse tomber n’est peut-être pas toujours Jjustilié, car ils réalisent dans bien des cas un mode de traitement d'application facile et économique, dont il serait regrettable de perdre la tradition et d'oublier la technique assez délicate et les indications. À côté de ceux qui, tels que le nitrate d'argent, ne présentent aucune valeur et même sont souvent nuisibles en jouant le rôle d'irritants, d’autres caustiques ont guéri un grand nombre de cancers; parmi eux

prennent place surtout le permanganate de potasse et l’arseniC

Vanhaecke et Delelis ont signalé, en 1929 (Société de médecine du Nord, novembre), les bons résultats qu'ils avaient obtenus dans le traitement de certains épithéliomas de la face par le curetage dermatologique suivie d'une caulérisalion par le permanganate de potasse pulrérisé. La cicatrisation rapide, dispensée de tout pansement, donne une cicatrice très esthétique.

L'arsenic peut s’employer suivant plusieurs procédés W. Dubreuilh a longtemps utilisé une poudre classique

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à laquelle il ajoute assez d’eau pour faire une pâte épaisse au moment de l'emploi. « On prépare le terrain par une cautérisation superficielle au thermocautère, pour détruire l'épiderme corné que l’arsenic n’attaque pas et diminuer le suintement des surfaces ulcérées; puis on applique sur toute la lésion une épaisse couche de la pâte, qui se dessèche et durcit, Pendant les jours suivants, l’épithéliome se nécrose en masse, Ce qui s'accompagne d’une forte inflammation et de douleurs d'autant plus violentes que la tumeur est plus volumineuse. Au bout de trois ou quatre jours, la nécrose est achevée; on peut enlever la croûte sèche que forme la pâte et mettre un pansement humide. Graduellement, l’escarre s’élimine, la plaie, très étendue au début, bourgeonne et guérit en laissant une cicatrice plane, non rétractile, quelquefois invisible. » (Extrait du Précis de dermatologie de Dubreuilh, p. 432.)

Le Professeur Petges l’a aussi employée rt en a obtenu de beaux résultats également, avant que la radiothérapie, vers 1906, ne lui fournisse une arme plus puissante et plus sûre. et en lutilisant dans des cas bien limités : épithéliomas superficiels el peu élendus, ne paraissant pas avoir dépassé les limites de la peau.

En réalité, l'emploi des caustiques chimiques doit aujourd'hui céder le pas aux autres moyens plus actifs; ils ne gardent leur utilité, à condition de rester dans leurs indications bien limitées, que pour le médecin isolé ef dépourvu de moyens chirurgicaux ou physiques (radiothérapie; diathermo-coagulation), traitant des malades ne pouvant pas se déplacer facilement. Mais dans leur emploi on n'oubliera pas qu'ils ne conviennent pas aux épithéliomas cutanés recouvrant immédiatement les cartilages (nez, oreilles), ou un plan osseux, sous peine de risquer de provoquer une nécrose cartilagineuse ou osseuse,

Il. — La cautérisation ignée.

Elle est connue depuis la plus haute antiquité. Ambroise Paré utilisait le fer rouge.

En 1896, Gaucher, au Congrès international de dermatologie de Londres, a précisé ses indications et ses avantages dans le traitement des épithéliomas cutanés : « Mieux que le bistouri, qui nécessite des délabrements considérables et ouvre les vaisseaux, favorisant la dissémination »; « mieux que les caustiques chimiques (les cautères potentiels d’autrelois), qui produisent une action destructive infidèle et inintelligente », la cautérisation ignée permet une destruction dirigée, aussi limitée et aussi profonde que l’on veut; elle ne provoque pas de réaction inflammatoire; elle donne des cicatrices limitées, assez régulières; elle laisse la possibilité de nouvelles cautérisations si la précédente a été insuffisante ou s’il se produit une récidive.

L. Périn, dans le service de Milian, emploie encore la méthode de Gaucher : Il utilise le thermocautère de Paquelin, laissant de côté le galvanocautère, Après anesthésie locale, il pratique la cautérisation, d’abord en surface, puis en profondeur, jusqu'au tissu sain; il détruit avec un soin particulier le bourrelet périphérique. Il se produit alors une escarre noire, qu'il protège par un pansement sec occlusif;

SR. me

la croûte tombe d'elle-même au bout de quinze à vingt jours. laissant une cicatrice régulière, blanche ou rosée. Si la destruction est incomplète, il apparaît une zone végétante ou ulcéreuse, que l’on détruit à nouveau; on peut ainsi pratiquer plusieurs cautérisations successives.

Cette méthode présente des avantages de facilité et de rapidité; mais, par suite de son action destructive très superficielle et imprécise, ses indications sont restreintes, et Périn n'a obtenu des résultats que dans les formes peu étendues, peu infillrées et de nature baso-cellulaire.

Ses deux statistiques successives indiquent dans ces Casla

— en 1925 : 45 guérisons sur 59 cas traités, soit 34,5 p. 100; — en 14927 : 95 guérisons sur 32 cas traités, soit

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