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VI. — La diathermo-coagulation

La diathermo-coagulation est le phénomène de coagulation des albumines tissulaires qui se produit au voisinage de l’une des électrodes de diathermie réduite au minimum de dimen-

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sion, C’est une application d'intensité des courants de haute fréquence, En 1898, d'Arsonval découvre les courants de haute fréquence et constate le développement de chaleur qu'ils produisent dans l'organisme : c’est la diathermie. En diminuant la surface d'application de lune des électrodes, il condense toute l'intensité du courant en une région de contact très limitée, au niveau de laquelle la chaleur qui prend naissance produit le phénomène de diathermo-coagulation. En 1900, au Congrès d'électro-biologie de ‘Paris, Rivière indique que « Les courants de haute fréquence semblent guérir les petits épithéliomas de la face...; 1ls produisent une action thermo-électrique qui a pour effet d'éliminer les tissus néoplasiques, de détruire les micro-organismes et leurs toxines. »

En 1904, au Congrès de l'Association française pour l'avancement des Sciences, tenu à Grenoble, H. Bordier « fait connaître une méthode très élégante et très efficace qu'il a imaginée pour le traitement des épithéliomas de la peau ». « C’est par l'emploi des courants de haute Îréquence, appliqués au moyen d’un excitateur spécial, qu'il a pu guérir plusieurs cas de cancers cutanés. » (Archives d'éleclricité médicale, 1904, p. 589.)

En 1909, au Congrès international de Budapest, Doyen pré-sente l’ensemble de ses recherches, remontant à 1907, sur les courants de haute fréquence : la voltaïsation bipolaire, par l’électrode maintenue à une petite distance du malade il se produit une carbonisation superficielle; lélectro-coagulation : l’électrode est au contact du malade, la coagulation se produit sans carbonisation, la chaleur atteignant 65 à 10 degrés à la limite de la zone coagulée. Dès lors plusieurs électrothérapeutes et spécialistes continuent à étudier l’électro-coagulation (Bergonié, Réchou, Bordier).

Après un temps d'arrêt, pendant la guerre, qui vit l’apparition de la lampe triode capable de donner des oscillations entretenues, de très nombreuses publications sont venues montrer les indications, les avantages et les résultats de la

diathermo-coagulation. Parmi celles-ci, citons : les travaux des Anglo-Saxons (Whight, Steward, Milligan); ceux de Bordier à Lyon; ceux de Stefani à Nice; ceux de Réchou, Jeanneney et Mathey-Cornat à Bordeaux; enfin, en 1935, les dernières publications de Ducourtioux.

Appareillage.

On à utilisé d'abord les appareils à éelateurs donnant des ondes amorties; puis, après la guerre, on se servit des appareils à lampe donnant des ondes entretenues. En réalité, le pouvoir coagulant des appareils à éclateur est bien plus marqué que celui des appareils à lampe; ces derniers donnent plutôt des effets de section. Cependant, la chirurgie des cancers cutanés nécessite souvent la section, pour des tumeurs végétantes par exemple; il sera donc préférable d’avoir soit un appareil mixte (à lampe et à éclateur) qui est monté de facon à donner simultanément des ondes entretenues et des ondes amorties alliant ainsi les elfets de section et de coagulation; ou mieux un appareil à éclateurs pouvant être réglé de facon à donner soit des ondes semi-entretenues (section), soit des ondes amorties (coagulation).

Instrumentation.

Elle varie peu suivant les auteurs; qu'elle soit de Bordier, de Doyen ou de Stéfani, nous trouvons des éléments comparables : une électrode indifférente (froide) de large surface; des électrodes actives (chaulfantes) de formes variables : électrodes sphériques, olivaires; en forme de couteau, d’aiguille; en anse.

Technique.

On utilise en général la méthode unipolaire qui emploie deux électrodes d'inégale section, seule la plus petite étant active; la méthode bipolaire utilise deux électrodes fines, produisant toutes les deux des phénomènes de coagulation.

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L'effet recherché devant être destructeur, il faut agir par action directe et ne pas faire d’étincelage; pour cela, si la lésion est superficielle, il faut appuyer fortement l’électrode active à sa surface; si elle est profonde, il faut recourir à la thermo-pénétration, en faisant pénétrer l'aiguille dans la tumeur. C'est là la coagulation en masse. Ducourtioux préconise « la destruction plan par plan », c'est-à-dire à mesure qu'on avance de détacher à la curette les parties qui viennent d'être coagulées. « Elle facilite les interventions dans les régions les plus dangereuses, au bord libre des paupières par exemple; elle permet à l'opérateur de s'assurer avec certitude qu'une tumeur volumineuse et adhérente a bien été intégralement détruite, les zones qui, après coagulation, restent friables et hémorragiques doivent être tenues pour suspectes : il faut les coaguler à nouveau. On répétera cette manœuvre jusqu à ce qu'on ait trouvé partout le plan résistant des tissus sains qu'on coagulera légèrement. Enfin, elle simplifie l'évolution des plaies, l’escarre étant presque supprimée, par suite de l’ablation à la curette des tissus qui devaient la former. »

H. Seemen montre l'intérêt de l'association diathermocoagulation et radiothérapie. Le nivellement du champ à irradier, l’ablation des masses tumorales par la diathermocoagulation, facilitent la mise en place d’un appareil moulé.

FAUTES DE TECHNIQUE. — Les effets de coagulation dépendant de la résistance des tissus, de l'intensité du courant et du temps de passage du courant, sont connus par les seules constatations immédiates du résultat obtenu à chaque instant au cours de l'intervention. Aussi cette méthode nécessite-t-elle une grande prudence et une longue expérience: sinon, ou bien les limites nécessaires sont dépassées, donnant des escarres très longues à cicatriser, ou bien la destruction est insulfisante, et toutes les cellules néoplasiques ne sont pas détruites. C’est ce qui se produit en particulier si on fait de l’étincelage. Nous avons réalisé l'expérience sui-

vante sur la peau saine d’un bras venant d'être coupé pour un phlegmon de l’avant-bras. Nous avons utilisé l'appareil à éclateur de Gaïffe et Gallot et l’électrode à boule de Bordier (d’un diamètre de 5 mm.).

L'appareil étant réglé pour la diathermo-coagulation, on applique l’électrode active en appuyant fortement et pendant 10 secondes : aucune étincelle ne jaillit; la peau se plisse et donne une

couronne blanc grisâtre autour de l’électrode; celle-ci, retirée,

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Ce Peau Etincelage normale

Disthermocoagulation

FiG. 2. — Coupe d’une inclusion d’un fragment de peau sur lequel on à pratiqué une diathermo-coagulation et un étincelage.

laisse une dépression blanchâtre en eupule. (L'intensité atteinte par le courant est de 5 mA.). A côté de cette première lésion, nous posons, mais sans l’appuyer, la même électrode : de nombreuses étincelles crépitent; une croûte brunâtre se forme (l'intensité du courant ne monte qu'à 2 mA.).

Dans le premier cas, nous avons fait une diathermo-coagulation, dans le second de l’étincelage.

A la coupe, nous constatons macroscopiquement une différence

très nette des deux lésions obtenues : la région de la diathermo-

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