OBSERVATION XXIX
B... (Clémence), 66 ans; juillet 1934.
Petite tumeur de la joue, de la grosseur d’une graine de raisin, dont le début remonte à 2 mois environ; {type clinique « Forme condylomateuse ».
Rœntgenthérapie Quillet 1931). — 2 séances à R jours d'intervalle suivant le protocole : Tension constante, 180 kKV.; filtralion, { mm. Al: intensité, 3 mA.; distance, 28 cm.
Août 1931 : Troisième séance supplémentaire de radiothérapie.
Octobre 1931 : La lésion n'étant pas stérilisée, on pratique une diathermo-coagulation.
Décembre 1931 : Guérison clinique.
Juin 1932 : Guérison clinique persistante.
Octobre 1936 : Guérison clinique persistante.
Intérêt de l'observation : Radiorésistance de la tumeur. Succès de la diathermo-coagulation,
1° Parmi les 25 cas guéris
Nous trouvons des épithéliomas de taille petite et moyenne allant de la nodosité (de la grosseur d’une lentille) à l’étendue d'une petite paume de main ou à la grosseur d'une NOIX. Aucun n'est adhérent aux plans profonds. Toutes les formes cliniques sont représentées : cancer incipiens; Jorme ulcé-
reuse; forme sclérodermique; forme végétante.
Sur 11 lésions dont la biopsie a été faite, nous trouvons 7 épithéliomas baso-cellulaires; 3 spino-cellulaires; 1 intermédiaire.
Le nombre de séances de ræntgenthérapie a été de
Lo)
dans 18 cas; 3 dans 2 cas (la troisième étant une séance supplémentaire);
dans 4 cas;
Aans 2LCaS.
Une seule guérison locale a été suivie d’une récidive ganglionnaire 18 mois après l'irradiation. Cette récidive d'ailleurs, traitée par l’évidement sous-maxillaire et carotidien, a été radicalement guérie (obs. X).
Les temps de guérison sont de
3 ans pour 11 malades; 4 ans pour & malades; ù ans pour 6 malades.
2° Dans les échecs de la rœntgenthérapie (4 cas), nous trouvons
— Un épithélioma de la racine du nez de la grosseur d’un haricot, traité par 2 séances de rœntgenthérapie. Après diathermo-coagulation : guérison persistante depuis # ans.
— Un épithélioma de la tempe droite, à forme sclérodermique, de la taille d’une pièce de 50 centimes, traité par 2 séances de rœntgenthérapie. Après diathermo-coagulation, guérison clinique persistante depuis 4 ans.
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— Un petit épithélioma cutané incipiens qui, traité ensuite par diathermo-coagulation, donne une guérison de 4 ans.
— Un épithélioma de la grosseur d’une graine de raisin. Stérilisation complète par la diathermo-coagulation depuis D ans.
Le taux de guérisons obtenu est done de 85 p. 100 environ.
TecaniQue. — La technique utilisée à la Fondation Bergonié est la suivante :
Indications. — On ne traite par la rœntgenthérapie que les lésions d'étendue petite (Jusqu'à 2 cm. de diamètre) ou moyenne (de 2 à 4 cm. de diamètre), et ne présentant aucune adhérence avec les plans profonds. La prise ganglionnaire contre-indique en général la rœnteenthérapie. On ne tient aucun compte de la nature histologique de la lésion, qui est souvent soignée sans biopsie.
Préparation de la lésion.
Si elle est trop infectée, un traitement antiseptique nettoie l’ulcération en quelques jours.
Traitement proprement dit. — Le champ irradié dépasse toujours d’au moins 1/2 centimètre la lésion, qui est circonscrite par un cache en plomb. Le protocole habituel est le suivant
a) Pour les petits épithéliomas : 2 séances de 30 minutes à 6 jours d'intervalle;
b) Pour les épithéliomas moyens : # à 6 séances de 30 minutes à jour passé,
Dans les deux cas, la tension constante est la même allant de 180 à 200 kV.; l'intensité est en moyenne de 3 mA.; la distance anti-peau oscille de 20 à 40 centimètres.
Seule la filtration est différente : Réduite à 4 mm. AT dans le traitement des petits épithéliomas, elle est forte de 2 mm.
Cu + 1 mm. Al dans l’irradiation des autres.
NT
Alors que la radiothérapie non filtrée est un traitement
purement empirique, la radiothérapie filtrée est mesurée par la méthode ionométrique.
Les complicalions Sont pratiquement inexistantes par suite de la protection des tissus sains réalisée du côté de la peau par le tube de verre localisateur et le cache en plomb du côté des muqueuses sous-jacentes : nasale, conjonctivale et maxillaire par des lames de caoutchouc au plomb.
Les soins post-thérapeutiques doivent être donnés au début quotidiennement; ce sont des lavages au sérum et la protection de la lésion par le tulle gras Lumière ou des compresses de vaseline goménolée. Il est nécessaire d'attendre 1 mois à 1 mois 1/2 la fin de la réaction et la guérison de la lésion radiothérapique. Parfois il faut savoir prolonger ce délai jusqu'à 3 et # mois.
Ainsi appliquée, nous voyons que la rœntgenthérapie compte peu de récidives locales qui semblent dues soit à la déficience de la lampe à rayons X, qui, marchant depuis longtemps, devient insuffisante; soit au fait que le malade ne reste pas immobile sous l'appareil déplaçant le champ d'irradiation. (C'est ce qui explique peut-être dans certains cas le succès de la radiumthérapie après échec des rayons X.)
Les récidives ganglionnaires sont rares (1 à 2 cas par an).
Le Professeur Petges nous a signalé qu'il a traité ou fait traiter par la radiothérapie, dès 1908, des sujets atteints d'épithéliomas spino-cellulaires avec guérison; mais qu'il a observé aussi, et récemment encore, avec les moyens actuels appliqués par des radiothérapeutes expérimentés, des insuccès., IT nous à rapporté un cas d’épithélioma spinocellulaire gros comme une noisette, du bord incarnat de la lèvre inférieure, dont la guérison a pu être obtenue et se