NO NUE
Si elle passe «à frottement», on la laissera plus longtemps, 30 à 45 minutes ou plus.
Si la suture a produit un certain degré de rétrécissement et que la sonde n° 14 ne peut franchir la cicatrice, on essaiera avec un Calibre inférieur qu'on laissera en place une dizaine de minutes, puis on tentera de passer une sonde un peu plus grosse qu’on laissera au moins 30 minutes.
S'il y a rétrécissement, ou tendance au rétrécissement, un cathétérisme avec dilatation devra être pratiqué, au début du moins, deux fois par semaine. C’est, en effet, à cette période qu’on peut espérer gagner sur le rétrécissement. Plus tard, les chances de réussite seront moins grandes. Chaque fois, on laissera la sonde urétérale la plus grosse possible, une demi-heure, une heure et même davantage si la malade la supporte. Lorsqu'on sera arrivé au n° 13 ou 14, on espacera les séances qui n’auront plus lieu que tous les 8 jours, puis tous les 15 jours, puis tous les mois, toujours avec la plus grosse sonde possible.
Dans tous les cas, même dans ceux où il ne s’est pas produit de tendance au rétrécissement immédiat, un cathétérisme devra être pratiqué au moins une fois par mois: pendant l’année qui suit l’urétérorraphie.
On mesurera chaque fois la quantité d’urine en rétention dans le bassinet, le cas échéant, et, si possible, un examen de la valeur fonctionnelle des deux reins sera pratiqué tous les mois.
S'il y a un degré quelconque de pyurie, on pratiquera tous les 15 jours des lavages du bassinet avec une solution de nitrate d'argent à 1/200° puis à 1/100e.
Enfin, une pyélographie sera effectuée un mois après la suture, examen qui sera répété au sixième puis au douzième mois, soit par voie rétrograde, soit par voie intraveineuse.
La deuxième année, les cathétérismes seront espacés de deux ou trois mois si le résultat se maintient, et dans les
années qui suivent, deux examens par an sont suffisants pour surveiller la suture et le fonctionnement rénal.
Telle est la théorie. En pratique, il en va malheureusement bien rarement de même. Au début, les malades se soumettent assez volontiers aux séances de dilatation, mais bientôt, vient une certaine lassitude, assez compréhensible, il faut bien le reconnaître. Les examens ne peuvent plus être pratiqués que d’une façon irrégulière, ou même plus du tout.
Et c’est là que réside la cause de nombreux déboires. On a dit qu’un uretère se dilatait encore plus mal qu’un urètre, ce qui est certain pour des rétrécissements anciens, organisés, mais non au début pour des sténoses qui s’organisent et qui se laissent facilement dilater.
De même, les examens pratiqués mensuellement permettent de contrôler la façon dont se comportent l’uretère sus-jacent et le rein. Nous avons vu que la pyélonéphrite était passible d’un traitement par lavages du bassinet au nitrate d’argent, qui pourra être employé également dans les cas d’urétéro-hydronéphrose légère à titre préventif contre l’atonie du bassinet.
Et si l’urétérroraphie échoue, si l’hydronéphrose augmente dans des proportions telles qu’elle amène la mort du rein, si ce rein s’infecte — pour une cause ou pour une autre — malgré des soins attentifs, on sera à même de suivre cette évolution, et, connaissant toutes les données du problème, on pourra, dans les meilleures conditions possibles, assez tôt et pas trop tôt, se résoudre à une néphrectomie inévitable cette fois-ci.
Les soins post-opératoires ont donc une importance capitale qu’on doit s’efforcer de faire apprécier par les malades. C’est grâce à eux qu’on peut suivre la bonne marche de la cicatrisation, la rééducation de l’uretère et le fonctionnement du rein sus-jacent. C’est grâce à eux également que seront évitées les complications qui peuvent être graves parce qu’elles n’auront pas été décelées au début.