EMULE
Aussi, dans la suite, presque tous les chirurgiens sont arrivés à essayer de les isoler par des éléments vivants ou organisés, et à pratiquer autour d’eux les greffes les plus inattendues.
M. Whalter à fait remarquer que «si au-dessous d’un nerf libéré on glisse un plan musculaire, non érodé, non avivé, engainé dans son enveloppe celluleuse intacte il ne doit pas y avoir de pénétration et de prolifération de cylindres-axes signalés par Nageotte, et l’isolement par des plans musculaires normaux doit donner de bons résulals. »
Nous estimons, en effet, que cette remarque de M. Whalter est justifiée, mais on se trouve bien souvent en présence de difficultés qui ne permettent pas une telle façon de faire, soit à cause de la pénétration du tissu de sclérose au niveau du musele sous-jacent, soit parce que ce muscle a été dilacéré ou écrasé par l'agent vulnérant. Dans ces cas, que nous avons constaté le plus souvent, le choix d’un isolant s’impose.
Comme tissus vivants on s’est adressé aux aponévroses (Bailleul) aux muscles ; aux séreuses (sacs herniaires, P. Bonnet, E. Duroux) Sacs kystiques (péritoine de lapin) aux tissus graisseux, aux parois vasculaires (veine jugulaire de veau, veine superficielle. Cunéo). Greffe de tissu cellulaire {P. Bonnet).
Comme corps inertes, on a employé les vaselines, les huiles, les paraffines, les feuilles d'aluminium, d’étain stérile (Dumas) et des lames de caoutchouc.
Pour la première catégorie on n’a pas tardé à constater ainsi que l’indique Tinel (Blessures des Nerfs) : « que tout tissu vivant est exposé à se sphacéler, à s’éliminer, ou à se -cléroser lorsque ses connexions vasculaires et trophiques ne sont pas abolument parfaites et bientôt le nerf est à
rer
nouveau étranglé par son protecteur et par les tissus voisins dont on voulait l’isoler ».
Pour les tissus que l’on fait glisser comme les graisses, les aponévroses et les muscles, les cas où l’on peut les employer sont assez restreints.
Dans certaines régions, l'épaule, la fesse, les cuisses et sur ies sujets gras, on peut faire glisser des tranches graisseuses, en leur conservant un large pédicule, assurant leur vaseularisation. On obtient ainsi d’excellents manchons qui peuvent persister longtemps quoiqu'ils ne soient pas assurés contre le risque d’amaigrissement à une échéance plus ou moins longue.
Les glissements aponévrotiques exposent aux hernies musculaires s'ils ne sont pas exactement compensés el amènent de tiraillements sur le nerf ; d'autre part, la moindre réaction inflammatoire, insoupçonnable cliniquement amène des brides et de constrictions aussi dangereuses que la sirueture primitivement libérée. Les muscles ont été employés par beaucoup de chirurgiens ; la technique habituelle consiste à enfouir le nerf lésé dans un trajet intra-musculaire parallèle à sa direction et à maintenir la suture par l’aponévrose du muscle utilisé. Lei, on va exactement à l'encontre du résultat cherché, car !oin de constituer au nerf un protecteur, le tissu musculaire devient un agent extrêmement actif de tiraillements et d’aühérences ; en cutre, le tissu musculaire, non maintenu par son aponévrose à une tendance et une prédilection particulière pour adhérer aux éléments nerveux ; nevrilemnes ou tubes isolés. Tous les chirurgiens ont pu constater que dans les lésions nerveuses en trouve très fréquemment des fibres musculaires insérées sur le nerf, le nevrôme ou le gliôme. Dans notre pratique personnelle, nous avons constaté ces insertions musculaires dans 60 0/0 des
LR Ad
cas opérés. Le projectile a dilacéré dans sa course à travers le membre, des muscles dont les franges pendent au milieu du foyer de la blessure. S'ils sont insuffisamment hématosés, ces débris se nécrosent et s'éliminent, mais si lcur vitalité est assurée par de bonnes annexions vasculaires, ils viennent contracier avec le tissu nerveux, avec les aponévroses blessées, avec les tendons éraillés et avee le tissu de selérose cicatriciel des adhérences qui, à chaque contraction de leurs éléments fibrillaires tiraiilent le nerf.
Un voit que les lissus vivanis sont de mauvais et d'intéles isolants des nerfs lésés.
Si l'on s'adresse aux corps uon organisés, on constate que les feuilles métalliques, étain ou aluminium, se fragmentent très vite sous linfluence des contractions muscu laires et s'éliminent non sans danger d'infection en non sans menace pour les parois vasculaires.
La vaseline et les paraffines sont éliminées, mais leur éliir ination se fait par gouttes moins visibles, car elles sont obsorbees par le pansement ; il n’est pas douteux cependant qu'elles sont irritantes pour les tissus voisins, qu'elles excitent à la sclérose.
Il nous restait done un corps, utilisé comme prothè- -e des parois, et dont on à bien étudié la tenue : le caoutchouc.
Les premières expériences sont dues à Finochetto, qui l'avait employé chez le lapin et avait signalé la tolérance parfaite de l'organisme animal ; on l’a employé easuite comme prothèse des parois (Delbet, Mauclaire, de Saint- Martin, ete). welbet avait indiqué que le caoutchouc ne peut être suturé avec les tissus vivants, mais les expériences de Fieschi on montré que lorsqu'on fait des greffes avec des éponges en eaoutchoue, le tissu conjonetif pousse
SOA 0 tt
ces bourgeons dans les aréoles de ce tissu et le fixe remar-œuablement, enfin Ducruin à montré expérimentalement sur le lapin que le caoutchouc abandonné dans les tissus Vivanis, à une tendance naturelle et presque invincible à s enrouler sur lui-même.
Durant la guerre, M. de Saint-Martin, fait prisonnier, ? el chargé d'un centre de blessés de guerre s’est servi des tubes de caoutchouc pour isoler les nerfs libérés. Dans les deux observations qu'il a rapportées, il s'agissait une fois d'une lésion du radial, au niveau de sa bifureation : la libération n'avait été suivie d'aucune amélioration des troubles, après quatre mois. Dans un second cas : lésion du nerf eubital, deux mois après le malade était enchanté du résultat et l'amélioration fonctionnelle était suffisante nour que 1e .1essé fût envoyé comme travailleur à la eanmpagne, M. de Saint-Martin, dans Le rapport qu'il fit de ces observations conelut que les tubes de caoutchouc sont suyérieurs aux trachées d'oiseaux utilisées par Mauclaire, « parce que plus maniables et moins sujets à se résorber ».
D'autre part, M. Rochard cite deux observations d’engainement du nerf radial et du sciatique ou l'élimination du caoutchouc à eu lieu deux mois après l'intervention « ce sont là deux faits indiscutables dans lesquels au bout € un temps assez éloigné le caoutchouc a du être retiré.»
D à À L me
ve
rh CREER VE 1: SEM ;