‹ Des Résultats Éloignés de la Prothèse Immédiate dans les Résections du Maxillaire InférieurChapitre 19 sur 23 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

N. J. M... âgé de onze ans (Isère).

Entré à la Charité salle Saint-Augustin, 3, service de M. le professeur agrégé Levrat, pour une tumeur du maxillaire inférieur, le 13 septembre 1888,

Opéré au commencement d'octobre, la résection a porté sur la face antérieure du maxillaire inférieur, c’est à dire juste en avant de la première molaire permanente de chaque côté.

Nous lui plaçons un appareil qui correspond à toute cette partie du fer à cheval. Il est composé d’une partie inférieure

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du corps de l'os et de la partie alvéolaire, Cet appareil était muni de canaux d'irrigation ; il était maintenu aux fragments osseux par quatre lames en acier étamé, lesquelles étaient VISsées aux 08.

Les suites de l'opération furent très simples.

Pas de température.

Le 26 novembre, nous lui enlevons la partie alvéolaire de son appareil qui était tout en caoutchouc, pour lui en placer un autre qui avait des dents.

À ce moment, ce petit malade présentait ceci de particulier, c’est que sa lèvre inférieure, sans être paralysée n'avait pas de tonicité ; elle était retombée en dessous de l'appareil, comme le représente la figure suivante, ce qui ne lui permettait pas de retenir sa salive.

Fig. 21

Espérant que ceci se modifierait avec le temps, nous le laissâmes partir, en lui faisant promettre de revenir deux ou trois mois après, et nous lui placions en fronde, une petite bande de caoutchouc pour lui soutenir la lèvre et le menton qui étaient sur le même plan.

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Au mois deljanvier suivant, c’est à dire en 1889, nous revimes ce petit malade, dont la situation s’était peu modifiée ; sa lèvre cependant était un peu remontée et il perdait un peu moins sa salive.

Bien que notre appareil ne dépasse pas l’arcade dentaire supérieure, nous le lui dévissons, afin de pouvoir le diminuer, attribuant cette déformation à son volume. D'ailleurs nous n'avions plus de raisons pour lui conserver sa pièce primitive. La cicatrisation était parfaite, et même, si nous l’'avions laissé si longtemps, c’est que nôus ne voulions pas lui placer une plaque à la mâchoire supérieure pour maintenir la pièce inférieure. Nous voulions consolider celle-ci en plaçant simplement deux crochets qui seraient venus prendre un point d'appui aux deux grosses molaires.

Cependant en présence de cette difformité qui empéchait ce petit malade de très bien se nourrir, sa lèvre inférieure ne fonctionnant pas, et sa parole étant difficile, nous fûmes obligé de l'enlever, el nous fimes une pièce un peu plus petite, fixée par des ressorts à la voûte palatine, espérant que sa lèvre allait récupérer immédiatement toutes ses fonctions. Le malade retourna chez lui, en conservant toujours sa bande de caoutchouc.

A ce moment il ne perdait sa salive que lorsqu'il était couché, mais il mangeait encore difficilement, quoique sa lèvre se soit bien modifiée. L’occlusion ne se faisait que très difficilement comme le montre la figure 22, mais il y avait cependant une grande amélioration.

Nous le revoyons en avril 1890. Nous lui faisons un nouvel appareil qui était maintenu seulement par les dents de la mâchoire inférieure. À ce moment la prononciation était bien meilleure, il se nourrissait mieux, mais sa lèvre avait encore quelque difficulté à faire une occlusion complète.

Les années suivantes les amélioralions s’accentuent et voilà la situation dans laquelle nous le trouvons aujourd'hui, en juin 1893.

Aspect extérieur. — Parfaitement régulier, sauf une légère dépression en masse vers la branche montante gauche. (Dépression préauriculaire). Le menton est un peu

plus pointu que normalement. Quand le malade ouvre la bouche avec l'appareil, l'articulation de la mâchoire inférieure est un peu en retrait sur la supérieure, Pas de déviation latérale dans les mouvements de mastication.

Fig. 22

Fonctions. — Mastication parfaite. Il n'ose pas manger de la croûte un peu dure, dans la crainte de casser son appareil. .

Pas de gêne de la déglutition. Il a perdu pendant un certain temps sa salive, mais maintenant la garde parfaitement, même pendante sommeil. Aucun gêne pour la phonation.

Parle mieux avec l’appareil. Mange un peu plus lentement que les autres. .

Quand il l'enlève, le menton parait plus pointu encore par rapprochement des deux fragments.

Point de douleur ou point d'application de l'appareil. Aucune trace de récidive.

Sensibilité bien conservée au pourtour de la bouche. Quand l'enfant siffle, il n'y a pas de déviation des comumissures.

Fig. 23

Cinq ans après l’opération.

Il ouvre la bouche âussi grande que norm alement.

La projection de la langue en avant est aussi normale. Quelques gros ganglions dans la région sus-hyoidienne, Résultat excellent.

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Quand l'enfant n’a pas son appareil, ses parents disent qu’il parle très mal et qu’ils ne peuvent le comprendre.

Réflexions. — La figure que nous donnons de ce petit malade cinq ans après son opération nous montre qu'il ne laisse rien à désirer au point de vue de l’esthétique. Sa lèvre est devenue tout-à-fait normale et toutes les fonctions qui lui sont dévolues s’exécutent très bien. - Il parle bien et peut même siffler facilement. Si ce jeune homme ne peut pas manger la croûte un peu dure du pain, celà tient à son système dentaire qui est très défectueux. Il n’a pour ainsi dire pas de molaires. Les dents sont en outre complètement cariées et dépourvues de tous soins, Comme on l’observe en général chez tous les enfants qui viennent dans les hôpitaux.

= On remarque cependant que ses maxillaires se sont bien développés et que la mâchoire supérieure dépasse l’inférieure. Comme cette dernière est formée à sa partie antérieure par l'appareil qui date de trois ans, ét qui est actuellement trop petit, il a donc fallu que la supérieure prenne un dévoloppement plus grand pour que linférieur soit en retrait.

Nous en avons encore la preuve par la mensuration des moulages que nous avons comparés.

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