‹ Des rétinites secondaires ou symptomatiquesChapitre 21 sur 49 · Y. — RÉTINITE DIABÉTIQUE OU GLYCOSURIQUE · texte numérisé non relu

Y. — RÉTINITE DIABÉTIQUE OU GLYCOSURIQUE

Comme la plupart des maladies générales, le diabète exerce fréquemment une action funeste sur l'organe de la vision. Cette action se traduit habituellement par des opacités du cristallin, mais quelquefois aussi la rétine peut devenir le siège de lésions inflammatoires.

L'amaurose glycosurique a été signalée, depuis longtemps, et malgré d'importants travaux, les auteurs sont encore loin d'être d'accord sur les symptômes ophthalmoscopiques qu'il faut lui assigner. M. Lécorché a noté dans plusieurs cas l'atrophie de la rétine ; la papille était pâle, souvent excavée, les vaisseaux petits et peu colorés. Le microscope a montré dans le tissu cellulaire interstitiel des granulations graisseuses et des corpuscules amylacés.

M. Testelin (2), dans une amblyopie glycosurique consécutive à une lésion traumatique, a trouvé la papille pâle et les vaisseaux peu volumineux ; mais nulle part on ne voyait d'ecchymoses ni d'altérations graisseuses.

Desmarres, dans la dernière édition de son Traité des mala-

(1) Gazette hebdomad., 1861.

('2) Annales d'oculist., t. XLIX, p. 263; 1863.

dies des yeux, t. III, p. S25, rapporte deux observations où les rétines ont présenté les mêmes altérations que dans l'albuminurie^ bien que les urines ne continssent que du sucre.

D'autre part, M. Galezowski a lu au Congrès d'ophthalmologie de Paris, 1862, la relation d'un fait où les lésions étaient véritablement celles d'une rétinite. La papille était blanche et luisante, les artères amincies, et les capillaires collatéraux atrophiés. Les contours papillaires nettement accentués ne présentaient aucune trace d'infiltration séreuse. Mais plus loin, le champ de la rétine était semé de petites lâches blanches et rouges, analogues à celles de l'albuminurie, mais plus petites. Le malade ne lisait que le n" 18 de Jaeger, et n'avait pas la perception nette des couleurs. Les urines contenaient du sucre.

Chez quatre diabétiques atteints de troubles de la vue que nous avons eu l'occasion d'observer depuis l'année dernière, nous avons examiné le fond de l'œil avec tout le soin possible. Trois nous ont présenté des altérations à peu près identiques : atrophie choroïdienne disséminée avec répartition irrégulière du pigment et commencement d'atrophie rétinienne.

Dans la troisième au contraire, que nous donnons plus loin in extenso^ on observait des lésions manifestement inflammatoires. La papille n'avait plus ses contours nets et précis, et était sillonnée par une foule de petits vaisseaux qui lui donnaient un aspect rouge uniforme ; tout autour existait une infiltration de matière louche assez considérable. Dans l'autre œil, il n'y avait qu'un peu d'atrophie choroïdienne. A l'autopsie, j'ai trouvé une infiltration graisseuse assez étendue et une sclérose des fibres nerveuses. On peut du reste en voir les détails plus loin.

Ces altérations sont semblables à celles qui accompagnent la maladie de Bright. Or, je dois dire que cette malade ofl'rit à plusieurs reprises de l'albumine dans ses urines ; de sorte qu'on peut se demander si elle n'était point atteinte d'une rétinite

néphrétique au premier degré. On sait que cette lésion rénale accompagne fréquemment le diabète, et dans le cours souvent Tort long de cette dernière affection, l'albuminurie se montre à un moment donné pour disparaître quelque temps après ; dès lors il faut prendre garde d'attribuer à la glycosurie des lésions qui en sont indépendantes. Le malade de Galezowski présentait des taches rouges et blanches disséminées ; ce sont les lésions de la rétinite albuminurique. Desmarres à la suite des deux observations précédentes, se demande judicieusement s'il n'y avait point eu une albuminurie antérieure, dont on ne trouverait plus de traces.

Voici notre observation :

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