‹ Des rétinites secondaires ou symptomatiquesChapitre 31 sur 49 · OBSERVATION XXV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXV

Hémorrhafiies de la rétine; corps flottants du corps vitré.

Lémée, broyeur de couleurs, âgé de -49 ans, entre, le 17 septembre 1867, à la salle Sainte-Marthe, hôpital Saint-Louis, n** 9.

Cet homme éprouve subitement, au milieu de son travail, il y a huit mois, des étourdissements et des tintements d'oreilles ; il s'appuie contre un mur pour ne pas tomber : céphalalgie modérée. En mcmc

temps, sa vue faiblit, il voit des étincelles et des mouches volantes : il continue son travail.

Un mois après, saignements de nez presque quotidiens, peu abondants chaque fois, mais qui persistent pendant cinq semaines. Sous leur influence, la vue s'améliore un peu.

Depuis trois mois, les épistaxis ont cessé, et la vue est restée mauvaise, surtout de l'œil gauche. Il y a quatre jours, en se réveillant, le malade ne distingue presque plus les gros objets de l'œil droit ; il entre à rhôpital.

Examen ophthalmoscopique. — Œil droit. Papille rouge; bords effacés par une suffusion séreuse qui se propage assez loin le long des vaisseaux et se perd dans la rétine. A la partie supérieure, grosse tache rouge, de formation récente, empiétant sur la papille; deux autres plus petites dans les environs. Fond de l'œil très-rouge. La région de la tache jaune est occupée par une vaste hémorrhagie ancienne, présentant des points à son centre.

Œil gauche. Corps flottants dans le corps vitré ; hémorrhagie dans la macula. Des deux yeux, il lit le n° IS Gir.-T., à 15 centimètres; d'un seul œil, il ne lit que le n" 20.

Les jours suivants, l'œil droit, qui était relativement le meilleur, se perd totalement ; à peine s'il distingue l'ombre d'un écran qu'on interpose momentanément entre l'œil et une lampe.

A l'ophthalmoscope, les lésions devienn^t de plus en plus obscures ; voile tendu en avant de la rétine ; à l'éclairage direct, la teinte est louche, roussâtre, et une foule de corpuscules rouges et noirs voltigent dans le corps vitré. Tension oculaire modérée.

A gauche, il y a, par contre, une légère amélioration : la papille et les vaisseaux sont plus nets ; dans la région de la macula, les dépôts sanguins sont en partie résorbés, le centre est occupé par une tache blanc-jaunâtre.

Confusion très-grande dans la perception des couleurs ; absence d'albumine dans l'urine, constatée à plusieurs reprises. Hypertrophie du cœur sans lésion d'orifices bien déterminée.

Le 1" décembre, le malade demande à sortir. Je l'ai revu quatre ou cinq mois plus tard chez Desmarres et chez Liebreich ; il présentait toujours une différence considérable du corps vitré avec des corps flottants. Quant à la rétine, les plaques hémorrhagiques avaient en partie disparu, et à leur place on constatait une atrophie prononcée, caractérisée par une coloration d'un blanc jaunâtre circonscrit par du pigment choroïdien.

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