‹ Des rétinites secondaires ou symptomatiquesChapitre 39 sur 49 · OBSERVATION XXXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXI

Rétinite piçraentaire; choroïdite atrophique. *

La nommée Jeanne Caquet, âgée de 70 ans, marchande de parfumerie, entre, le 26 février 18G8, à l'Hôtel-Dieu, salle Sainte-Martine, lit n" 2.

Petite vérole à 4 ans. A la suite de cette maladie, elle ne pouvait pas recouvrir le globe oculaire et dormait l'œil ouvert. Cet état était préjudiciable à sa vue. Elle aimait passionnément la lecture et passait des nuits entières à lire des romans et autres livres ; à 22 ans, elle perdit la vue sans inflammation et presque subitement. Elle se fit soigner par Carron du Villards ; au bout de quelque temps, elle put encore voir à se conduire et lire les gros caractères, mais elle ne pouvait distinguer les numéros des rues, s'égarait quelquefois en chemin ; un brouillard lui recouvrait la vue tout à coup, et elle était Dbligée d'attendre un quart d'heure ou une demi-heure pour reprendre sa route. Les médecins appelaient sa maladie goutte sereine, amaurose.

Cet état dura trente-quatre ans, et, au bout de ce temps, disparut graduellement et spontanément, mais la malade conserva toujours un défaut dans la faculté visuelle; elle marchait de côté, au lieu d'aller devant elle ; elle voulait faire de la bijouterie, mais elle manœuvrait sa lime de travers. Néanmoins, elle voyait très-bien à lire en mettant son livre de côté. Elle se met à faire des fleurs artificielles, travaille beaucoup la nuit; sa vue diminue encore, mais le repos l'améliore comme auparavant, elle avait alors 6U ans. Elle n'a jamais eu de maux de tête.

Depuis l'âge de 60 ans, la vue est au point où nous la trouvons aujourd'hui ; elle est presque complètement abolie de l'œil droit ; avec beaucoup d'attention, la malade lit cependant le n" 70 de Giraud- Teulon, à 10 centimètres. De l'autre œil, c'est-à-dire le gauche, elle lit le n« 30.

L'œil droit présente l'aspect suivant : les taches d'atrophie cboroïdienne sont très-nombreuses et de toutes dimensions, répandues sans régularité dans tout le champ visuel. Toutefois, c'est dans la région de la tache jaune qu'elles sont le plus nombreuses et le plus larges.

D'un blanc nacré par places, avec un reflet bleuâtre sur d'autres, elles sont généralement d'un blanc jaunâtre. Trois de ces plaques, situées. Tune en haut et en dehors, les deux autres vers la macula, sont surtout remarquables par leur grandeur et leur blancheur éclatante ;

elles sont trois ou quatre fois plus larges que la papille. Entre elles, les vaisseaux choroïdiens semblent oblitérés par places et sont d'un jaune pâle. La rétine offre des altérations remarquables ; elle est infiltrée de pigment depuis la papille qui en est entourée jusqu'à Vora serrata. Ces taches étant absolument semblables à celles que je viens de décrire et de figurer, je m'abstiendrai d'en donner une description détaillée. Je ferai remarquer seulement qu'elles sont plus nombreuses au niveau et autour des staphylômes postérieurs. La papille offre à peine la moitié de la dimension normale ; les vaisseaux rétiniens sont assez nombreux, mais petits et peu ramifiés.

L'œil gauche n'offre rien de semblable. La papille et les vaisseaux sont normaux. Le fond de l'œil est louche ; les vaisseaux choroïdiens sont très-apparents. En somme, il n'y a qu'un peu d'atrophie choroïdienne.

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