Séglas et Chaslin. La Catatonie, Archives neurologie
à vaincre, elle reparaït d’ailleurs bientôt et le malade réagit douloureusement contre ces manœuvres. »
Il nous dépeint ensuite une démence primitive aiguë avec stupeur, se compliquant de troubles vaso-moteurs et musculaires. « Assez souvent, on remarque des troubles de l’innervation musculaire ; la fente palpébrale parait plus grande d’un côté que de l’autre ; une moitié du visage est plus contractée, une moitié du corps plus rigide que l’autre ; ces phénomènes varient pendant la marche de l'affection ; ils disparaissent et peuvent se reproduire encore ; on voit alterner la flaccidité et la rigidité musculaire (1). » |
Dans le délire systématisé avec status attonicus ou catatonie, expression qu'il emprunte à Kahlbaum, tout en faisant remarquer que sa description des types cliniques diffère en certains points de celle de cet auteur, il insiste sur l’évolution de la rigidité. musculaire qui tantôt relève de la contracture et tantôt de la catalepsie, et fait à ce sujet les remarques suivantes : « Il est intéressant de signaler ce fait que certains vesliges de la rigidité musculaire peuvent se reproduire pendant la convalescence, par exemple la flexion d’un doigt, qui n'empêche pas la main d’avoir recouvré sa dextérité primitive. »
A ces trois modalités cliniques il ajoute le status. attonitus hystérique qui ne diffère pas du précédent.
1. H. Schuele. Traité clinique des Maladies mentales. Paris, 1838.
Certains ouvrages récents sont beaucoup moins explicites sur le sujet qui nous occupe. Krafft- Ebing (1) désigne sous le nom de tétanie les phénomènes de contraction musculaire observés dans les psychoses : « Les muscles sont contractés dans une légère flexion qui acquiert une résistance énorme quand on intervient pour les faire ouvrir et pour faire cesser la passivité du malade. »... « Ge phénomène se limite toujours aux fléchisseurs, adducteurs, ou pronateurs, et laisse indemnes les extenseurs. »
Il signale que cette tétanie se rencontre @ dans la mélancolie et dans les états d’imbécilité qui en sont la conséquence ».. « Souvent il n’y a que les muscles de la figure, et 1 fléchisseurs de He main et des doigts qui soient atteints.
Il ne parle pas des conséquences possibles de ces stéréoiypies.
Dans la partie consacrée à la séméiologie des affections mentales du Traité de Pathologie mentale de Gilbert Ballet (2), M. Séglas donne sous le nom de tétanisme la description d’un état particulier d’excitabilité réflexe du système musculaire qui se rencontre dans certains cas de stupidité aiguë, et du catatonisme, contraction tonique de certains groupes musculaires provoquant des attitudes fixes, sté-
1. Krafft-Ebing. Traité clinique de Psychiatrie. Traduction S. Laurent. Paris, 1897.