‹ Des Rétractions Tendineuses et de l'Amyotrophie: Consécutives aux Attitudes Stéréotypées dans les PsychosesChapitre 24 sur 40 · RÉSUMÉ CLINIQUE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ CLINIQUE

Si nous cherchons à résumer les particularités cliniques qui découlent des observations précédentes, nous sommes conduit à quelques remarques intéressantes qui ont leur importance an point de vue de la nature du syndrôme que nous étudions.

Le plus jeune de nos malades a dix-huit ans, la plus âgée quarante-cinq ans, d’un côté l'adolescence, de l’autre à peine l’âge mûr. L'âge moyen de nos onze sujets est de trente-deux ans et demi : ce n’est guère l’époque des affections constitutionnelles ou diathésiques. Nous remarquons encore que la gravité de la lésion n’est pas en rapport avec l’âge des sujets.

Le sexe féminin est prédominant , nous comptons huit femmes contre trois hommes seulement. Mais, d'un côté, les psychoses aiguës sont plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes à cetie époque de la vie, à cause surtout de l’activité prédominante des fonctions génitales chez la femme, raison denombreuses affections mentales où la catatonie et la stupeur sont habituelles. On pourrait songer aussi à faire intervenir l’hystérie ; cependant nous

constatons ici maintenant que nos malades femmes n’ont présenté, ni dans leur passé, ni dans leur état actuel, de stigmates ou de symptômes ressortissant nettement à cette névrose.

Le siège des lésions n’a rien non plus qui rappelle les affections analogues d’origine constitutionnelle ou diathésique, où la symétrie est la règle : quatre fois les deux membres supérieurs ont été pris avec prédominance des symptômes tantôt de l’un, tantôt de l’autre côté ; quatre fois le membre supérieur droit est exclusivement touché, et trois fois le gauche.

Les contractures se développent toujours pendant une période de stupeur ; elles en suivent exactement les phases, s’exagérant ou diminuant avec elle ; disparaissant même brusquement pour revenir ensuite quand se produit un retour agressif de l’état catatonique. Elles ont un caractère nettement actif, rappelant la crampe, et sont parfois assez intenses pour produire des excoriations ou des ulcérations dans la paume de la main. Les amyotrophies et les rétractions tendineuses paraissent être exclusivement fonction de la durée de la contracture ; ce n’est qu’exceptionnellement (observation IIL) que l’on constate au niveau de la paume de la main ou le long des gaines, des épaississements et des nodosités analo- .gues à celles que l’on rencontre dans le rhumatisme fibreux, ou un état douloureux des parties atteintes (observ. XI). -

La tendance normalé du syndrôme est la guérison,outout au moins une amélioration considérable:

le résidu pathologique, quand il existe, ne permet de constater aucune déformation accentuée, mais seulement un raccourcissement des tendons fléchisseurs faisant obstacle à l’extension des deux, exceptionnellement des trois derniers doigts de la main atteinte.

Enfin l’état mental du malade paraît intervenir dans la production du phénomène. Dans la stupeur catatonique profonde, cette action ne peut être que soupçonnée, mais dans les états intermédiaires, on constate nettement l’action d'idées obsédantes, d’idées de défense ou de gestes qui, de voulus d’abord, sont devenus secondairement stéréotypés.

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