P. Janet, Névroses et idées fixes, t. 1. Paris
AA ph
typie. Cette immobilité entraine à la longue l’impotence motrice et même l’atrophie des muscles (1). Comme conséquence de cette immobilité, de la dépression simple ou de l’état émotionnel qui l’accompagne, il se produit une action prédominante de l’ensemble des muscles fléchisseurs. Si la supériorité des extenseurs accompagne la joie, la satisfaction, l’euphorie, celle des fléchisseurs exprime la crainte et la douleur. € Le plaisir répond à un mouvement d'épanouissement, de dilatation, d’expansion. Au contraire, dans la douleur, on se rapetisse, on se renferme sur soi; c’est un mouvement général de flexion (2). » Et si cette tendance à la flexion affecte plns particulièrement les muscles des membres supérieurs, c’est, comme le fait remarquer A. Cullerre dans son mémoire, que ces membres sont « les plus intellectuels, les plus appelés à traduire la profonde perturbation des régions corticales dévolues à l’exercice de la volonté et de l'intelligence (3) ».
« Les émotions, dit Féré, exagèrent souvent les phénomènes spasmodiques ; c’est ce qu’on voit dans la plupart des contractures aussi bien dans les contractures sans lésion permanente que dans les contractures secondaires à la.dégénération du fais-
ceau pyramidal (4). »
1. Ch. Féré. Pathologie des émotions. Paris, 1892. 2, Ch. Richet. L'Homme et l'Intelligence. Paris 1884, 3. Loc. cit.