‹ Des Rétractions Tendineuses et de l'Amyotrophie: Consécutives aux Attitudes Stéréotypées dans les PsychosesChapitre 36 sur 40 · Claude. Définition et nature de l'hystérie. Genève · texte numérisé non relu

Claude. Définition et nature de l'hystérie. Genève

« On nait hystérique, on ne le devient pas », a dit le professeur Pitres. Il est remarquable que plusieurs de nos malades, arrivées presque à l’âge mûr quand elles ont été prises de leur affection mentale, n'avaient antérieurement présenié aucun accident hystérique digne d’être noté.

En somme ce qui nous paraît le plus rapprocher les deux affections dont nous avons essayé de faire le parallèle, c’est, ainsi que l’a fait observer le professeur Joffroy, la communauté d’origine.

Les psycho-névroses sont fonction d’un terrain plus ou moins modifié par la dégénérescence. Dans les psychoses catatoniques, la modification est seulement plus profonde, la tare congénitale est d’un caractère plus grave, le trouble évolutif du système nerveux a été plus formel, plus nettement tératologique ; c’est pourquoi il aboutit plus sûrement à des lésions anatomiques probables bien qu'’encore peu définies et à un état mental incurable qui est la démence.

Les affections organiques du système nerveux susceptibles de retentir sur un menbre ou un segment de membre devront être soigneusement éliminées, et, à part les quelques cas rares où l'affection mentaleet l’affection nerveuse pourraient s'être superposées, le diagnostic sera en général facile.

La syringomyélie. dont les lésions ont été trouvées par MM. Deny et Barbé (1), chez une cataltonique,

1. Deny et Barbé. Lésions syringomyéliques chez une catatonique. (L'Encéphale, septembre 1907).

se caractérise comme l’on sait par une atrophie musculaire progressive associée à des troubles moteurs.

La dissociation de la sensibilité qu’on y observe, la thermo-anesthésie, l'importance des troubles trophiques et vaso-moteurs, la gravité des troubles de la motilité et les déformations particulières de la main sont autant de signes dont l’un ou l’autre passera rarement inaperçu.

Chez nos malades nous n’avons rien observé de semblable, et l’autopsie que nous avons pu faire ne nous a pas montré les lésions caractéristiques que l’on rencontre à l’autopsie des malades atteints de cette affection.

La sclérose latérale amyotrophique, quand elle s'accompagne de troubles mentaux, pourrait peut-être donner le change ; mais la contracture est rarement limitée à un membre, l’atrophie musculaire est beaucoup plus étendue, l'existence de troubles bulbaires intéressant le domaine de distribution du facial, de l’hypoglosse, du trijumeau (portion motrice) du glosso-pharyngien, du spinal, du pneumo-gastrique etla paralysie toute spéciale qui en résulte, nous mettront sur la voie du diagnostic ; de plus, le trouble mental est généralement celui de la démence apathique et délirante, non celui de la catatonie.

Les atrophies musculaires progressives, de types nettement définies, suivent une marche lente et fatale que nous n’avons jamais constatée chez nos malades.

La pachyméningite cervicale hypertrophique, dont

le début passera rarement inaperçu à cause des douleurs qu’il entraîne, ne donne de l’atrophie qu’à une période avancée de la maladie ; la contracture porte sur les extenseurs, et donne des déformations exactement opposées à celles que nous avons décrites. |

Les névrites périphériques sont ordinairement symétriques, et l’atrophie qu’elles entrainent s’accompagne habituellement de dégénérescence.

La rétraction isolée des muscles fléchisseurs des doigts, décrite par Patel et Viannay en mai 1903 se rapprocherait assez par des symptômes de laffection qui nous occupe ; néanmoins, nous croyons pouvoir différencier les deux syndrômes en nous basant sur l’étiologie très spéciale que les deux auteurs assignent à la rétraction isolée des muscles fléchisseurs des doigts. De plus, les déformations ne sont pas absolument les mêmes, et l’extension devient toujours possible et complète quand la main est fléchie sur l’avant-bras.

Chez nos malades, la rétraction tendineuse se modifie le plus souvent avec l’état mental ; la rétraction isolée des muscles fléchisseurs des doigts est au contraire incurable et les lésions qui la produisent et l’accompagnent sont définitives.

La paralysie générale s'accompagne parfois de rétractions palmaires. Les travaux dé Féré et Mr Francillon, puis la thèse de Tichet tendent à considérer ces rétractions comme des cas demaladie de Dupuytren;: Les conclusions de Tichet à ce sujet sont formel-

les, et, si la maladie de Dupuytren peut revêtir chez les paralytiques généraux une forme atypique, les. deux affections évoluent chez eux simultanément et rigoureusement indépendamment l'une de l’autre ; dans les cas que nous relatons, au contraire, il nous semble qu'il y ait un rapport étroit entre l’étatmental et le développement de la rétraction tendineuse. dans la paralysie générale, la catatonie est rare, et les symptômes propres à cette maladie sont la plupart du temps assez significatifs pour lever les doutes. |

La maladie de Dupuytren,que nous avons mentionnée à diverses reprises au cours de ce travail présente une symptomatologie très voisine de l'affection qui nous occupe. C’est constamment au niveau du bord cubital de la main qu’apparaissent les lésions ; c'est d’abord l’auriculaire, puis l’annulaire qui se fléchissent, et quand les autres doigts ont atteint leur tour, ils le sont à un degré moindre. Les doigts envahis sont dans une flexion permanente ; la première phalange fléchie sur le métacarpien, la seconde sur lapremière, la troisième est, au contraire, en extension sur la seconde ; on ne peut arriver à étendre les doigts fléchis ; la flexion peut arriver à un point tel que les doigts s'appliquent contre la paume de la main et s'y enfoncent. Voilà aussi, à quelques lègères différences près, ce que ce que nous avons observé chez nos catatoniques : la maladie de Dupuytren tel que nous la trouvons décrite dans les auteurs aboutit cependant toujours à la formation de brides saillan-

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