Menjaud. Thèse de Paris
tanée et progressive des doigts dans ses rapports avec la goutte et le rhumatisme goutteux concluait à une relation de cause à effet entre le rhumatisme goutteux et les lésions palmaires.
I nous est bien difficile, en somme, d’assigner une étiologie spéciale à la maladie de Dupuytren, toutes les explications qui en sont données sont satisfaisantes, et nous sommes convaincus, pour notre part, que l’immobilité prolongée en état de contracture survenant au cours d’une psychose chez un arthritique peut suffire en dehors des lésions nerveuses ou traumatiques à produire une forme atténuée de maladie de Dupuytren.
Quoique les cas observés par nous et ceux qui ont bien voulu nous aider dans ce travail, ne soient pas tous absolument identiques, et que leur mode de développement diffère un peu suivant les malades (V. observation), nous croyons qu’il s’agit là d’une seule et même affection, et jusqu’à nouvel ordre, notre conclusion ne diffère pas de celle de A. Cullerre, qui, en 1904, se ralliant à l'opinion de Brissaud au sujet de la rétraction des deux derniers doigts chezles tourneurs de bouchons, concluait à une forme atténuée de la maladie de Dupuytren.
$ 11. — Pronostic
Le pronostic des rétractions tendineuses et des amyotrophies qui font suite aux attitudes stéréoty-
pées est forcément assez sévère, puisqu'il s'agit généralement de lésions siègeant au membre supérieur, mais il ne doit pas être désespéré. Nous avons mon tré en effet qu'il y a tendance à l'amélioration locale quand il y a amélioration de l’état mental, et les observations I. IL. II. VII IX. X. XI. semblent nous le prouver.
Néanmoins nous ne croyons pas que; lorsque la contracture aura duré plusieurs mois, ou même des années, la restitutio ad integrum puisse s'effectuer. Ici d’ailleurs, comme pour les cas de rétractions consécutives aux contractures hystériques, l’examen électrique des muscles devra être pratiqué, et la constatation de la réaction de dégénérescence assombrira le pronostic.
$ LI. — Traitement
L'état mental des malades étant susceptible de s'améliorer parfois au point de leur permettre de vivre de la vie commune dans la suite, il est important de leur faire suivre un traitement qui les mette à l'abri, dans la mesure du possible, d’une infirmité permanente et définitive. Malheureusement, au moment de la période aiguë pendant laquelle se forme
‘la rétraction, il est assez difficile de leur faire faire
les exercices qui conviendraient ; tout au plus, à celle époque pourrons nous employer des procédés palliatifs ou prophylacliques, ajoutés au traitement
général qui s’impose le plus souvent: reconstituants, toniques, hydrothérapie.
Nous proposerons à cet effet l'emploi de bandes roulées ou de pelotes placées dans la paume de la
main comme le montre la figure,
Mais les malades ne s’y plieront que difficilement, souvent même pas du tout.
Contre l’amyotrophie, Charcot (1) puis P. Janet (2)
ont recommandé le massage. Chez les malades visés
précédemment, les manœuvres du massage pourront être tentées, et l’effleurage, le pétrissage les malaxations, etc., pourront rendre au muscle sa tonicité