‹ Des Rétractions Tendineuses et de l'Amyotrophie: Consécutives aux Attitudes Stéréotypées dans les PsychosesChapitre 39 sur 40 · P. Janet. Loc. cit · texte numérisé non relu

P. Janet. Loc. cit

normale ; des mouvements passifs pourront ètre communiqués, et si le sujet se prête aux pratiques de la mécanothérapie, il est probable que, si la lésion n’est pas trop ancienne, nous obtiendrons d’excellents résultats. Les succès de cette méthode ne sont plus à compter, surtout lorsqu'on accompagne la mécanothérapie d’électrothérapie, et nous croyons qu'en aucun des cas où elles seront applicables on ne devra priver le sujet des bénéfices qu’il en peut retirer. Ajoutons à ces divers modes de traitements l'introduction électrolytique d’ions médicamenteux, qui, d’après Brillouet (1) possède une influence résolutive constante sur les formations scléreuses.

«Lorsque l’état mental sera amélioré, et que le sujet s’intéressera lui-même à son traitement, notre tâche sera toute facilitée, car, comme le dit excellemment E. Feindel, (2) si l’on peut beaucoup avec le malade, on ne peut rien sans lui. »

Convient-il de procéder à des opérations chirurgicales pour rendre au membre ses fonctions ? Charcot, dans les cas de rétractions du tendon d'Achille et de productions fibreuses autour de l'articulation tibio-tarsienne consécutives aux paraplégies hystériques conseille l'intervention ; mais elle ne doit pas èlre tentée tant que l’élément spasmodique persiste ;

1. Brillouet. Les ions, et particulièrement l'ion iodé, et leuremploi en thérapeutique. Thèse de Paris, 1908.

2, E. Feindel. Pratique médico-chirurgicale Art. Discipline psycho-motrice. Paris 1907.

Re CARE

ce n’est qu'après la disparition de ce symptôme qu’on est dans des conditions favorables au succès, et, dans plusieurs circonstances, M. Terrillon ‘a opéré et guéri, sous son inspiration, des malades qui fussent demeurés infirmes pour leur vie entière, L'intervention chirurgicale ne serait indiquée que dans les cas de guérison du trouble mental, et au cas où la rétraction gênerait lrop les mouvements des doigts et de la main; mais cette indication se posera bien rarement, parce que:

1° Quand l’état mental s'améliore, il est habituel de voir aussi s'améliorer l’état local de sorte même que la guérison complète peut-être obtenue naturellement, en théorie tout au moins.

2° Quand le trouble mental persiste à l’état chro-

nique, une opération n'aurait aucune utilité, ni pra-

tique, ni esthétique.

Les cas individuels, toutefois peuvent-être indéfiniment variés, et dans l'hypothèse où un malade présenterail une guérison mentale tardive avec

rétraction définitive, non modifiable par les procédés

ordinaires, l'opportunité d’une intervention chirur-

gicale se poserait comme chez les hystériques.

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