Q52 JJ52 Q
L’acide rhubarbarique forme avec l’acétate de plomb un précipité vert qui peut être représenté par Pb* 0^.
L'acide rhubarbarique est un glucoside, si on chauffe sa dissolution aqueuse avec de l’acide sulfurique ou chlorydrique on obtient :
Ç52 h52 Q28 I 2 Ç6 Q6 Sucre.
2 H O 1 Q18 Acide rhéique.
Le sucre obtenu réduit la liqueur de Fehling et ne paraît être qu’une modification isomériquedu sucre de raisin.
Acide rhéique. — L’acide rhéique a été isolé par M. Kubly qui lui a donné pour formule C“
Il paraît exister tout formé dans la rhubarbe, mais quelquefois aussi il peut provenir du dédoublement de l’acide rhubarbarique. Préparé au moyen de ce dernier corps, l’acide rhéique se présente sous forme pulvérulente. Sa saveur est astringente. Il est peu soluble dans l’eau froide, soluble dans l’alcool et dans l’eau chaude, il est insoluble dans l’éther. Il se décompose sous l’influence de la chaleur et donne des vapeurs blanches qui se condensent par refroidissement. La solution aqueuse a une réaction acide; elle réduit les bases organiques, précipite les sels de protoxyde de fer en bleu sombre, les sels de sesquioxyde en gris, l’acétate de plomb en brun. Il réduit les sels d’or et d’argent.
Substance cristalline incolore. — Cette substance a été trouvée par ÎMM. Kubly et Dragendorflf. Elle n’a pas encore reçu de nom particulier, parce qu’on ne connaît pas encore bien sa constitution chimique. M. Kubly en a fait une analyse élémentaire qui ne lui a pas fourni des résultats satisfaisants. La formule 0^ qu’il lui a donnée, et qui
est analogue à celle de la cantharidine a fait supposer à ce chimiste que la substance en question pourrait bien être une modification isomérique de la cantharidine.
— liO —
Ces cristaux sont incolores, insipides, insolubles dans l’éther, à peine solubles dans l’eau froide et l’alcool froid, difficilement solubles dans l’eau chaude et l’alcool. La solution aqueuse est neutre aux réactifs colorés et donne avec l’acétate de plomb un dépôt blanc floconneux qui disparaît par la chaleur et ,se précipite par le refroidissement.
Ces cristaux sont fusibles à la chaleur et dégagent des vapeurs incolores et inodores. Ils se dissolvent lentement dans une solution de potasse et d’ammoniaque sans coloration, mais reparaissent par addition d'acide chlorhydrique, La solution aqueuse évaporée lentement donne de magnifiques cristaux, tandis que la solution alcoolique ne donne que des cristaux mamelonnés.
Brandes avait déjà signalé dans la rhubarbe, l’existence d’une substance cristalline incolore qu’il avait prise pour de l’acide gallique ou du gallate acide de chaux. Mais M. Kubly ne pense pas que la substance signalée par Brandes soit analogue à celle qu’il a isolée lui-même.
Emodine. — L’émodine a été isolée pour la première fois, par MM. Hugo Muller et Warren de la Rue, qui ont étudié ses principales propriétés.
L’émodine dont l’aspect rappelle l’isatine, est d’une couleur rouge orangé brillante; elle ne fond pas à une température inférieure à 250®, tandis que la chrysophane fondé 160. Pendant la fusion, une partie se volatilise sans décomposition et donne une vapeur jaune qui cristallise par le refroidissement. Au point de vue chimique, l’émodine a une grande analogie de composition avec la chrysophane dont elle ne diffère que par sa plus ou moins grande solubilité dans quelques liquides. Ainsi l’émodine se dissout plus facilement que la chrysophane dans l’alcool, l’acide acétique et l’alcool amylique; elle ès^ moins soluble que celle-ci dans la benzine. En présence des alcalis caustiques, elle donne lieu aux mêmes phénomènes que la chrysophane.
Par la combustion de 0 gr. 165 d’émodine, MM. Muller et de la Rue ont obtenu :
0*,4035 d’acide carbonique = 66,69 carbone.
0®,0605 d’eau = 4,07 d’bydrogèn.e
Dans une autre expérience, ils ont obtenu de 0 gr. \ 688 de substance.
0®,4120 d’acide carbonique = 66,57 carbone.
08,0603 d’eau = 4,13 d’hydrogène.
et ils proposent de représenter l’émodine par la notation suivante
D’après M. Rochleder (1) l'acide chrysophanique retiré de la rhubarbe, renferme toujours de l’émodine qu’on peut retirer facilement en faisant bouillir le produit avec de la soude, presque tout l’acide chrysophanique reste indissout, tandis que l’émodine se dissout avec une coloration rouge de sang et est reprécipitée par les acides à l’état de flocons amorphes, jaunes, faciles à purifier par cristallisation dans l’alcool bouillant à 80°. La couleur de l’émodine est légèrement orange, tandis que l’acide chrysophanique est jaune clair. M. Rochleder a confirmé la formule de l’émodine donnée par M. Warren de la Rue.
(1) Bulletin de la Soc. Chim., Janvier 1870, p. 81. Deutsche chemiche Gesellscbaft, 1869, p. 373.