USAGE MÉDICAL
La rhubarbe occupe un rang très important en médecine comme substance tonique et purgative. D’après MM. Trousseau et Pidoux, la poudre, l’infusion et la décoction sont doucement purgatives, elles ne causent pas de coliques et ne fatiguent ni l’estomac ni les intestins. Tandis que les autres purgatifs diminuent en général l’appétit et causent un état de malaise assez pénible, la rhubarbe relève au contraire les fonctions de l’estomac et stimule plutôt qu’elle ne déprime l’économie. Ces faits trouvent leur explication dans la constitution élémentaire de la rhubarbe, car l’analyse démontre que le principe purgatif se trouve uni au tannin et à un principe amer, qui, tous deux, jouissent d’une action tonique incontestable.
C’est surtout et presque exclusivement contre les maladies de l’appareil digestif que la rhubarbe est employée maintenant. Elle est indiquée dans les dyspepsies apyrétiques qui succèdent aux maladies aigües et s’accompagnent de l’amertume de la bouche avec douleur à l’épigastre et constipation, dans celles qui suivent les excès de tables, de femmes, de veilles, dans celles qui s’observent chez les chlorotiques, les femmes nerveuses et les hypocondriaques.
Tous les auteurs qui ont écrit sur la thérapeutique s’accordent à dire que la rhubarbe est un des remèdes les plus utiles dans les dyssenteries.