‹ Des RhubarbesChapitre 15 sur 17 · ACTION DE LA RHUBARBE SUR L’ÉCONOMIE · texte numérisé non relu

ACTION DE LA RHUBARBE SUR L’ÉCONOMIE

Depuis longtemps on a constaté qu’après l’ingestion de la rhubarbe, les urines possèdent une couleur plus ou moins foncée et fournissent des sédiments d’une nature particulière. Heller a montré que cette coloration varie suivant le moment où l’urine est examinée et selon qu’elle possède des propriétés acides ou alcalines. Si après l’administration de la rhubarbe l’urine a une réaction acide, elle prend une teinte jaune plus ou moins foncée; mais si elle a une réaction alcaline, elle prend une teinte jaune rougeâtre ou rouge sang. Tiédeman et Gmelin ont constaté la présence d’une matière colorante jaune dans le sérum du sang des animaux auxquels on avait administré de la rhubarbe. Quelques observateurs ont aussi observé celte coloration dans le lait et la sueur, mais aucun chimiste n’avait encore eu l’idée d’examiner la nature du principe constituant de la rhubarbe qui est excrété par les urines. C’est M. Schlossberger qui entreprit en 1849 les premières expériences sur ce sujet. Il administra séparément et successivement de la phéorétine, de l’érythroréline et le parnaélia parietina qui renferme une quantité notable d’acide chrysophanique. Les résultats qu’il obtînt (1) l’amenèrent à conclure que la coloration jaune des urines, consécutive à l’administration de la rhubarbe devait être attribuée à la phéorétine et à l’érythrorétine.

Les sédiments de phosphates terreux qui se déposent dans l’urine dans ces circonstances sont d’une couleur rouge tirant au violet et possèdent des propriétés analogues aux principes que l’on obtient en traitant une solution de phéorétine et d’érythrorétine par une dissolution de phosphates terreux dans l’acide chlorhydrique.

D’après M. Schlossberger, l’acide chrysophanique débarrassé de toute trace de phéorétine et d’érylhrorétine ne communique pas la moindre coloration à l’urine.

La rhubarbe doit ses propriétés toniques aux acides gallique et

(1) London Pharmaceutical Journal, 1848-49, p. 190.

tannique qu’elle contient : mais elle est plus souvent employée comme purgative. M. Schrolf, de Vienne, a entrepris de très nombreuses expériences dans le but d’étudier la nature du principe purgatif de la rhubarbe; et il est arrivé à conclure que celte racine ne devait ses propriétés purgatives qu’à l’acide chrysophanique.

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