CARACTÈRES GÉNÉRAUX. — ÉTUDE MICROSCOPIQUE
Les rhubarbes chinoises prennent diflérents noms suivant les pays d’où on les tire et suivant la voie par laquelle elles arrivent en Europe. C’est ainsi qu’en Russie on connaît deux sortes de ces racines connues sous les noms de Rhubarbe du nord de la Chine et Rhubarbe du Sud de la Chine. En Angleterre elles sont appelées Rhubarbes Est Indiennes et Ruhbarbes hollandaises. En France, elles constituent plusieurs sortes connues autrefois sous les noms de Rhubarbe de Moscovie.^ Rhubarbe de Chine et Rhubarbe de Perse : maintenant elles sont confondues toutes sous le nom de Rhubarbe de Chine ou Rhubarbe de Canton.
Les rhubarbes de Chine affectent différentes formes que je décrirai plus loin en parlant des diverses sortes commerciales et présentent des caractères qu’on rencontre très rarement dans les rhubarbes cultivées en Europe.
Les rhubarbes chinoises présentent sur leur contour dans les morceaux ronds et sur leur face convexe dans les morceaux plats un fin réseau à mailles ovales ou rhombiques dont la couleur blanche apparaît très nettement sur un fond jaune orangé. Quelquefois ce réseau n’est pas très visible quand les morceaux ont été imparfaitement décortiqués, tantôt il est interrompu par la présence de nodosités qui
marquent la trace des radicules, tantôt il cesse d’être visible dans les morceaux qui ont été mondés trop profondément comme dans un grand nombre de morceaux de l'ancienne sorte moscovite.
La face plane des rhubarbes chinoises plates diffère bien nettement de la face convexe. Elle est généralement moins foncée en couleur et n’est pas reticuléej de plus elle présente deux grandes bandes noirâtres disposées longitudinalement de chaque côté des bords de la racine. Ces bandes interrompues et d’une largeur variable sont presque parallèles dans les morceaux demi cylindriques et vont en se rapprochant des extrémités dans les racines pyriformes. Les extrémités des racines de rhubarbes chinoises présentent généralement une forme concave d’un côté et convexe de l’autre, et offrent des caractères très remarquables qui deviennent bien plus apparents quand on scie tranversalement les racines et qu’on gratte soigneusement avec un morceau de verre la surface mise à nu.
Dans les morceaux qui ont été imparfaitement décortiqués, on aperçoit sur la coupe transversale, à la périphérie, une ligne ondulée qui est la trace de la zone génératrice ; cette ligne n’apparaît pas dans les racines qui ont été mondées assez profondément. Sur les bords de la circonférence, on aperçoit des lignes jaunes disposées à peu près parallèlement et se dirigeant vers la partie extérieure des racines où elles dépassent d’un millimètre environ la ligne ondulée. Ces lignes jaunes qui ne sont autres que les rayons médullaires, se confondent bientôt, en se rapprochant de la partie centrale de la racine, et forment une zône qui a reçu de M. Berg le nom de zône pulvérulente ou cercle pulvérulent. A l’intérieur de cette zône se montre assez régulièrement disposé un cercle plus foncé formé par la réunion d’un grand nombre d’étoiles plus ou moins développées et à branches plus ou moins nombreuses. Ces étoiles sont généralement formées d’un certain nombre de rayons de longueur variable qui sont coupés dans leur direction par une ligne circulaire ou elliptique. Dans quelques rhubarbes chinoises, la réunion de ces étoiles forme un cercle bien défini. Ce cercle n’offre pas la même disposition, selon qu’on l’observe à l’extrémité où à l’intérieur d’une racine de rhubarbe. Dans les morceaux cylindriques, i! a
une structure à peu près identique dans toute la longueur de la racine; mais il n’en est plus de même si on examine une racine ovale dans ses différentes parties. Très condensées à l’extrémité des racines, les étoiles semblent, pour ainsi dire, liées entre elles ; elles confondent leurs branches et forment à l’intérieur de la zône pulvérulente un cercle brun noirâtre et non interrompu ; mais il n’en est plus de même si on examine une coupe transversale faite à 3, 4 ou 3 centimètres de l’extrémité, alors ces étoiles deviennent plus parsemées, sont plus rares, se montrent très distinctement et apparaissent avec des contours bien définis. Ce système d’étoiles n’est pas disposé avec autant de régularité dans toutes les rhubarbes chinoises ; quelquefois, il pénètre dans la zône pulvérulente , d’autres fois, comme cela se présente surtout dans la sorte moscovite, les étoiles sont irrégulièrement dispersées dans toute la partie interne de la racine et souvent elles semblent former sur une coupe transversale plusieurs cercles concentriques. A l’intérieur du cercle étoilé, se trouve la zône centrale formée par le tissu médullaire ; celui-ci, dans quelques espèces, est constitué par des rayons médullaires qui suivent des directions bien différentes et vont en serpentant dans tous les sens ; mais généralement cette partie apparaît comme une masse uniforme d’un jaune rougeâtre, formée de petits points jaunes semés en très grand nombre sur un fond blanc, et il est impossible de suivre, même à la loupe, la trace des rayons. Cette partie centrale se trouve souvent entrecoupée par des veines irrégulières d’apparence ligneuse qui semblent se rapprocher du cercle étoilé.
En examinant les racines de rhubarbe au microscope, nous pouvons nous faire une idée bien nette de la texture anatomique de ces différentes zônes.
M. Schroff, de Vienne, paraît être le premier pharmacologiste qui ait appliqué le microscope à l’étude des rhubarbes. Après lui, M. Fluckiger et M. Berg essayèrent de trouver des caractères qui permissent de distinguer les différentes espèces de rhubarbe ; mais ces savants ne s’appliquèrent pas d’une façon spéciale à l'étude de ces racines qui demandent un examen très sérieux. Cette lacune restait à combler et je
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crois avoir épuisé la question en examinant la structure intime des différentes racines de rhubarbe.
Si on examine au microscope une coupe transversale des rhubarbes chinoises faite récemment, on aperçoit très distinctement un certain nombre de cellules allongées généralement, remplies d’une matière colorante jaune ou jaune rougeâtre, des cellules hexagonales renfermant des corpuscules d’amidon et des cristaux d’oxalate de chaux. Les corpuscules d’amidon sont assez régulièrement sphériques, quelquefois ils sont polyédriques, par suite de la pression qu’ils exercent les uns contre les autres; ils sont percés en leur milieu, d’un trou ou hile en forme d’étoile ou de trèfle; leur diamètre est d’environ 20 millièmes de millimètre. Comme dans tous les autres végétaux, la quantité d’amidon renfermée dans les rhubarbes varie notablement avec chaque espèce et surtout avec l’âge des racines. Quelquefois, ces grains sont répandus en petit nombre dans chaque cellule ; tantôt ils sont très nombreux et groupés en amas arrondis qui remplissent les cellules, tantôt ils sont réunis sous forme de cordons longitudinaux qui semblent remplir plusieurs cellules contiguës.
Les cristaux d’oxalate de chaux sont fort nombreux dans certaines espèces de rhubarbes chinoises ; ils ressemblent à des sphères épineuses mesurant environ 120 millièmes de millimètre. Dans certaines racines, ils sont très petits. Les angles saillants de ces cristaux sont généralement un peu arrondis, à quelques exceptions près.Turpin a considéré la présence de ces cristaux comme suffisante pour distinguer les rhubarbes chinoises de celles qui croissent en Europe ; mais j’ai pu m’assurer que ces rhubarbes indigènes renferment aussi ces cristaux, en moins grand nombre toutefois que les rhubarbes chinoises.
La matière colorante jaune se trouve à l’état liquide dans les rhubarbes fraîches, mais dans les racines sèches, elle se trouve tantôt à l’état de dépôt solidifié, dont on ne peut déterminer la forme précise, tantôt sous l’apparence de corpuscules ronds, tantôt encore elle se trouve à l’état demi-liquide, renfermée dans des bulles de diverses grosseurs. Ces dernières sont tantôt isolées et remplies d’un liquide
limpide, tantôt elles s'agrègent en certain nombre et renferment une grande quantité de nouvelles petites bulles qui ont un mouvement moléculaire quand le réservoir commun se crève. La couleur de cette matière varie du jaune clair à l’orangé ou au brun rouge. La forme des cellules qui renferment la matière colorante est variable. Sur une coupe transversale, ces cellules sont tantôt rectangulaires, allongées, tantôt arrondies, tantôt régulièrement hexagonales. Leur disposition varie beaucoup selon qu’on examine la partie interne ou la partie périphérique des racines.
La partie centrale examinée au microscope laisse voir très distinctement les rayons médullaires disposés irrégulièrement au milieu d’une masse de cellules remplies d’amidon etd’oxalate de chaux. Ces rayons médullaires composés d’un nombre variable de cellules remplies d’une matière colorante jaune n’ont pas une direction bien déterminée ; ils s’entrecroisent dans tous les sens pour aller se confondre enfin avec les rayons qui forment les branches des étoiles. Pour bien suivre la direction des rayons, il faut examiner la préparation aussitôt qu’elle vient d’être faite, alors que le liquide conservateur (alcool et glycérine ma P. E.) n’a pas encore dissout la matière colorante.
Disposés avec une certaine régularité pour former les branches des systèmes étoilés, les rayons médullaires viennent de nouveau s'entrecroiser dans tous les sens pour former la zône pulvérulente, dont la constitution est la même que celle de la zône centrale; puis, ils pénètrent alors dans la zône périphérique en suivant une direction sensiblement parallèle ; ils traversent ensuite la ligne ondulée brun noirâtre pour se perdre dans le tissu cellulaire placé immédiatement au-dessous de l’épiderme de la racine. Le tissu blanc compris entre les rayons médullaires de l’anneau périphérique est formé comme la zône centrale, de cellules contenant de l’amidon et de l’oxalate de chaux ; il est seulement plus riche en vaisseaux et sa constitution change dans la partie qui avoisine la ligne ondulée.
En effet, si on examine cette ligne ondulée à la loupe ou à l’œil nu, on voit qu’elle n'est pas seulement traversée par les rayons médullaires jaunes, mais encore par de petites lignes brunes qui la dépassent d’un
millimètre environ de chaque côté. Les lignes jaunes sont constituées par les rayons médullaires ; les lignes brunes proviennent de la multiplication des éléments qui forment la couche ligneuse.
En examinant au microscope cette partie des racines de rhubarbe, on voit que la ligne ondulée est formée par la réunion des couches ligneuses. Les éléments qui composent ces couches ligneuses apparais- .sent sur une coupe transversale sous la forme de petites cellules quadrilatères pressées les unes contre les autres, et leur assemblage forme un anneau ondulé qui entoure toute la racine et qui est traversé par les rayons médullaires. Cette partie des racines de rhubarbe est très intéressante à examiner ; elle est formée par la réunion du liber et du bois, sans qu’il soit possible d’apercevoir, comme dans les tiges des dicotylédones, le tissu cellulaire qui sépare généralement ces deux parties. Malgré leur réunion, les fibres du liber et du bois ne constituent pas une couche bien épaisse dans les racines de rhubarbe.
Si on examine, au microscope, une des étoiles bien développées dont j’ai signalé l’existence dans les rhubarbes chinoises, on voit immédiatement que la structure de ces étoiles rappelle dans son ensemble la structure des racines des plantes dicotylédones. En effet, les branches de ces étoiles ne sont autres que les rayons médullaires. Partant d’abord d’un centre commun pour rayonner dans tous les sens, ces rayons coupent la ligne ronde ou elliptique qui limite le contour de l’étoile pour aller se confondre avec les rayons des étoiles voisines ou pour se perdre dans la zône centrale de la racine. Le tissu compris entre les branches de ces étoiles est formé vers le centre d’utricules rectangulaires ou hexagonales renfermant généralement de l’amidon et quelquefois de l’oxalate de chaux j puis, en se rapprochant de la ligne ronde, ce tissu utriculaire, perforé souvent de lacunes assez larges, se fond insensiblement avec une couche annulaire de tissu fibreux renfermant encore quelques corpuscules amylacés.
Cet anneau n’est autre que la ligne ronde ou elliptique qui limite le contour des petits systèmes étoilés. 11 représente la ligne ondulée brune dont j’ai signalé l’existence vers la circonférence des rhubarbes chinoises et, comme cette ligne ondulée, il est formé de plusieurs cou-
ches de tissu fibreux emboîtées les unes dans les autres. Cet anneau fibreux est entouré d’un tissu cellulaire renfermant des corpuscules amylacés et des cristaux d’oxalate de chaux. Un fait important à signaler : c’est que l’on n’observe aucun vaisseau à l’intérieur du système que je viens de décrire. Ces éléments se trouvent seulement disposés autour de la ligne fibreuse entre les rayons médullaires, où ils semblent former un cercle qui entoure le système étoilé ; les vaisseaux sont quelquefois isolés, mais, le plus souvent, ils sont disposés en assez grand nombre et ont un diamètre variable. Les rayons médullaires , qui forment les branches des petits systèmes étoilés des rhubarbes chinoises, sont composés d’un nombre variable de cellules allongées. A peu près constant pour toutes les étoiles qui forment le cercle étoilé dans une rhubarbe, ce nombre varie suivant les échantillons et quelquefois même il peut varier pour les étoiles qu’on observe dans les différentes parties d’une même racine. Ainsi, dans une rhubarbe de Moscovie que j’ai examinée, j’ai constaté que les petites étoiles dispersées dans la partie centrale étaient formées de rayons médullaires à une seule rangée de cellules sillonnant une masse de tissu ulriculaire très riche en amidon, tandis que les étoiles de la périphérie renfermaient de deux à cinq rangées de cellules pour chaque rayon médullaire.
Le contenu des cellules qui forment les rayons médullaires est constitué, d’après le plus grand nombre des pharmacologistes, par de la chrysophane et de l’acide chrysophanique. Quelquefois, la couleur jaune est nuancée de violet ; cela tient à la présence du chrysophanate de fer. D’après M. Kubly, la matière renfermée dans les cellules des rayons médullaires ne serait antre que le tannin de la rhubarbe (rheumgerbsaûre) qui est en même temps le principe colorant de cette racine.
Cette disposition anatomique qui nous prouve que les étoiles qu’on aperçoit sur la coupe des rhubarbes chinoises ne sont que la trace des radicules, n’a pas, à beaucoup près, autant de régularité dans les rhubarbes exotiques; tandis que les étoiles que j’ai décrites plus haut sont remarquables généralement par la petite quantité d’oxalate
de chaux et d’amidon contenue dans les cellules comprises entre les rayons médullaires, tandis qu’elles rappellent par leur structure la disposition anatomique des racines des plantes dicotylédones, il en existe d’autres, et surtout celles qui se trouvent au centre des racines, qui sont presque entièrement composées d’un tissu utriculaire très riche en amidon ; d’autres encore, quoique assez développées, renferment dans leurs cellules des quantités considérables d’oxalate de chaux et d’amidon, et il est impossible de distinguer les couches fibreuses dont j’ai parlé plus haut.
Examinées dans le sens de leur longueur les racines de rhubarbe présentent une disposition différente de celle que nous avons observée sur une coupe transversale.
La surface extérieure, qui offre à l’œil nu l’aspect réticulé, est très intéressante à examiner au microscope; les lignes blanches qui forment le réseau paraissent être de nature fibreuse; mais en examinant attentivement leur structure avec un fort grossissement, on s’aperçoit qu’elles sont formées de cellules très allongées qui ne doivent leur teinte foncée qu’à la condensation énorme de très petits grains d’amidon. Dans l’intérieur de chacun des losanges, on aperçoit encore des corpuscules d’amidon réunis en assez grand nombre et entourant un amas d’utricules 'a contour arrondi ou hexagonal, disposés sur plusieurs rangs dans les sens horizontal et vertical, t'es utricules qui apparaissent remplis de matière colorante jaune dans une préparation récente et qui se montrent en blanc dans les préparations qui ont macéré dans la glycérine, ne sont que la coupe longitudinale des rayons médullaires faite dans un plan perpendiculaire à leur grand axe. C’est la réunion de ces utricules qui donne aux rhubarbes leur couleur jaune. Dans chacun de ces losanges, ils forment plusieurs groupes dont chacun renferme de huit à dix utricules superposés, tandis que dans le sens horizontal le nombre des cellules juxtaposées varie ordinairement entre deux et cinq. Dans ce dernier sens, le nombre dés cellules paraît augmenter avec une certaine régularité ; tandis que la première rangée n’en compte ordinairement que deux, la cinquième ou la sixième en compte jusqu’à quatre ou cinq; ce
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nombre paraît ensuite aller en diminuant depuis la cinquième jusqu’à la dernière rangée, où on ne compte plus que deux cellules. Sur la partie externe des rhubarbes chinoises, on aperçoit encore quelques cristaux d’oxalate de chaux ; la même texture se présente dans toute la partie qui entoure le cercle pulvérulent.
Sur la partie la plus extérieure des rhubarbes chinoises on n’aperçoit généralement pas de vaisseaux réticulés, du moins disposés longitudinalement : on observequelquefois seulementle système des vaisseaux qui travei se toute la partie comprise entre le cercle étoilé et la partie externe pour se rendre dans les radicules.
En grattant soigneusement dans le sens de la longueur le cercle brun formé par les systèmes étoilés et qui se présente sur la surface plane des rhubarbes plates comme deux grandes bandes noires ou brunes disposées longitudinalement , on voit que ce cercle est composé d’étoiles analogues à celles que nous avons examinées plus haut sur la coupe transversale ; seulement ces étoiles sont généralement beaucoup plus allongées. Sur certaines rhubarbes elles sont très régulières ; dans d’autres échantillons elles sont très déformées ; dans d’autres enfin elles paraissent réunies entre elles et les lignes elliptiques qui traçaient le contour de chaque étoile semblent s’être confondues pour former de chaque côté de la racine un double cordon longitudinal qui s’étend dans toute la longeur du morceau et qui est entrecoupé de chaque côté par les branches des étoiles. Celte partie est très intéressante à examiner au microscope et varie notablement dans les rhubarbes chinoises. Tantôt les étoiles apparaissent avec les mêmes caractères que celles que nous avons examinées sur la coupe transversale; d’autres fois, quand elles sont un peu déformées, elles présentent des caractères différents. Si on examine par exemple la disposition du double cordon longitudinal dont je viens d’indiquer la formation et la constitution, on observe une structure très singulière qui mérite d’être expliquée. Si nous examinons par exemple un cylindre assez large traversé dans le sens de son petit axe par des réunions de canaux qui rayonnent dans tous les sens pour aboutir au centre du cylindre et si nous admettons que ces canaux sont formés par la réunion de petits tubes juxtaposés
bout à bout, il est clair qu’en faisant une section longitudinale de ce système, les canaux perpendiculaires au plan de la section apparaîtront sous une forme arrondie tandis que ceux qui font un angle avec le plan de section présenteront une forme un peu allongée ; ceux qui font un angle droit apparaîtront sous une forme rectangulaire et leur réunion ressemble à un parenchyme dit muriforme. La même disposition s’observe quand on examine au microscope le double cordon longitudinal. Chacune des branches du cordon apparaît composée d’une réunion de faisceaux fibreux bordés de vaisseaux accolés en nombre variable. L’espace compris entre ces deux systèmes de vaisseaux et de cellules fibreuses est composé de cellules allongées renfermant de l’amidon. Les rayons médullaires perpendiculaires au plan de la coupe apparaissent au milieu de ce tissu cellulaire sous forme d’utricules juxtaposés et superposés en nombre variable. Les rayons qui forment un certain angle avec le plan de la coupe apparaissent sous forme de cellules rectangulaires. Celles-ci surtout sont très visibles dans la partie comprise en dehors de la couche fibreuse. Le parenchyme muriforme formé par leur réunion se détache parfaitement au milieu du tissu environnant.
Ces caractères existent constamment avec quelques légères différences dans les rhubarbes chinoises.
devais maintenant examiner les caractères extérieurs des rhubarbes de Chine qui se trouvent dans le commerce et dans les collections et je décrirai succinctement la disposition anatomique qu’elles m’ont présentée sous le champ du microscope.