‹ Des RhubarbesChapitre 9 sur 17 · RHUBARBE D’AUTRICHE · texte numérisé non relu

RHUBARBE D’AUTRICHE

La rhubarbe cultivée en Autriche fournit au commerce deux sortes de racines connues sous les noms de rhubarbe de Moravie et de rhubarbe Hongroise. M. le professeur Schroff, de Vienne (1) et M. Wiggers (2) ont parfaitement décrit ces deux sortes commerciales.

Rhubarbe de Moravie.

On distingue dans le commerce autrichien deux sortes de rhubarbe de Moravie, celle qui vient d’Auspitz et celte qui croît à Austerlitz. Comme ces deux sortes n’offrent entre elles que de légères différences, M. Schroff les confond sous le nom de rhubarbe de Moravie.

Cette rhubarbe bien choisie se présente en morceaux parfaitement mondés, lissés, non percés, assez lourds, pesant de 2 à 4 onces, en partie oblongs, coniques à l’extrémité ; longs de 4 à 5 pouces et gros de 2 à 3 pouces à la base. Le fond de leur couleur est blanc avec des points d’un rouge brunâtre qui leur donnent une couleur jaune brun. L’odeur de cette rhubarbe est bien moins prononcée que celle de la rhubarbe chinoise ; seulement elle est plus forte dans la sorte d’Austerlitz que dans celle d’Auspitz. Sa saveur est amère etmucilagineuse; elle croque légèrement sous la dent. Elle est semblable à la meilleure rhubarbe française ; elle lui est néanmoins quelquefois supérieure. Elle lui ressemble tellement qu’on confondrait les deux espèces. La poudre n’est pas d’un jaune aussi vif que celle de la rhubarbe de Chine : celle d’Austerlitz est d’un jaune brunâtre assez sombre ; celle d’Auspitz est d’un jaune brun rougeâtre plus clair.

Sur une coupe transversale, cette rhubarbe présente la structure régulièrement radiée de la rhubarbe française. Les rayons très fins, jaunâtres ou rougeâtres sont coupés à une demi ligne ou]à une ligne de

(1) Prager Vierteljahrsschrift der Medicin, 1858, p. 143.

(2) Grundriss der Pharmacognosie.

la périphérie par un cercle brun rougeâtre. A la partie centrale, la partie centrale est ordinairement peu cohérente et poreuse et dans les morceaux les plus gros elle est percée d’un trou qui la traverse dans toute sa longueur.

Sur les coupes transversale et longitudinale, la rhubarbe de Moravie présente des grains d’amidon en bien plus grande quantité que les rhubarbes exotiques ; ceux ci sont groupés au nombre de 2 ou 3 et présentent un hile en forme de treffe ou d’étoile. On observe très peu de cristaux d’oxalate de chaux dans celte sorte commerciale.

Rhubarbe Hongroise.

Dans le commerce allemand on distingue quelquefois deux sortes de rhubarbe hongroise : celle de Kremnitz et celle de Wiesselbourg. La première se présente en morceaux plus petits que la seconde.

La rhubarbe hongroise n’a pas de forme bien déterminée : elle est diversement constituée et n’est pas percée. Les morceaux sont le plus souvent longs, épais et lourds, un peu tournés ou tordus, longs de 2 à 6 pouces, gros de 1/3 de pouce à 1 ou 2 pouces ; pourvus de longs sillons colorés en jaune verdâtre. Sur une coupe transversale on aperçoit à 1/3 de ligne où à 1 ligne de la périphérie un anneau d’un brun sombre luisant comme de la résine. Du centre des morceaux se dirigent vers la périphérie des veines très nombreuses d’un brun rouge séparées par de petites veines blanches. La surface coupée apparaît avec une couleur brun rouge ; celte couleur s’accentue encore quand on mouille la racine avec de l’eau : son odeur est semblable à celle de la rhubarbe chinoise : sa saveur est un peu moins amère, elle croque faiblement sous la dent. I.a poudre et la teinture ont une teinte beaucoup plus sombre que celle de la rhubarbe de Moscovie.

Rhubarbe de Bielitz.

MM. Wiggers et Schoff parlent encore d’une troisième sorte commerciale de rhubarbe vendue en Autriche ; je veux parler de la rhubarbe

de Bielitz fournie par le Rheumaustralie qui fut importé en petite quantité des Indes Orientales sur le sol autrichien. D’après M. SchrofiF, cette

sorte qui est destinée à disparaître du commerce se présente généralement en morceaux bien mondés, râpés, non percés, rarement inégaux en longueur et en grosseur, couverts d’une poussière jaune clair : le plus souvent les morceaux sont oblongs, pointillés et marbrés légèrement en rouge brun. Leur longueur varie de 3 à 6 pouces et leur grosseur est de 1/3 de pouce à 3 pouces. La partie centrale des morceaux est poreuse, spongieuse, cédant facilement sous l’ongle. Quelques morceaux sont plus compacts et peuvent être comparés à la meilleure rhubarbe française. Les veines de la partie centrale légèrement colorées en rouge brun prennent en s’approchant de la périphérie une couleur brun sombre. L’odeur de cette rhubarbe est peu prononcée : sa saveur est semblable à celle de la rhubarbe chinoise : elle croque plus fort sous la dent que toutes les autres espèces indigènes.

En comparant ces descriptions avec celles des rhubarbes françaises nous constatons une très grande analogie entre les rhubarbes françaises et celles qui sont cultivées sur le sol autrichien. Chez toutes ces racines en effet nous retrouvons sur la coupe transversale un aspect radié et nous voyons les lignes rayonnantes coupées à quelque distance du bord par un cercle brun.

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