CHAPITRE XV
Il exécuta le projet de César, et fit avec succès la guerre aux Parthes. Tout autre aurait succombé dans une entreprise où les dangers étaient toujours présents et les ressources éloignées, ou il fallait absolument vaincre, et ou il netait pas sûr de ne pas périr après avoir vaincu.
La difficulté consistait et dans la situation des deux empires, et dans la manière de faire la guerre des deux peuples. Prenait-on le chemin de l'Arménie, vers les sources du Tigre et de l'Euphrate ; on trouvait un pays montueux et difficile, ou l'on ne pouvait mener de convois ; de façon que l'année était derni-ruinée avant d'arriver eu Médie'. Entrait-on plus bas vers le midi , par Nisibe , on trouvait un désert affreux qui séparait les deux empires. Voulaiton passer plus bas encore, et aller par la Mésopotamie , on traversait un pays en partie incuite , en partie submergé : et le Tigre et lEuphrate allant du nord au midi, on ne pouvaitpénétrer dans le pays sans quitter ces fleuves, ni guère quitter ces fleuves sans périr.
Quant à la manière de faire la guerre des deux nations, la force des Romains consistait dans leur infanterie, la plus forte, la plus ferme, et la mieux disciplinée du monde.
Les Parthes n'avaient point d'infanterie, mais une caNalerie admirable : ils combattaient de loin, et hors de la portée des armes romaines; le javelot pouvait rarement les atteindre; leurs armes étaient l'arc et des flèches redoutables ; ils assiégeaient une armée plutôt qu'ils ne la combattaient : inutilement poursuivis, parce que chez eux fuir c'était combattre , ils faisaient retirer les peuples a mesure
■ Le pays ne fournissait pas d'assez grands arbres pour faire des machines pour assiéger les places. { Plitaroie, rie d'.-intnine. )