SYMPTOMES
Les ruptures extrapéritonéales de la vessie se caractérisent par des symplômes généraux moins accentués que les ruptures intrapérilonéales. Ces symptômes généraux dépendent moins de la rupture que de la violence du traumatismeel des complications qui peuvent accompagner les lésions vésicales. Etudions-les d’abord ; nous verrons ensuite les signes locaux.
Symptômes généraux. — Ce sont éeux du shock : le blessé est pâle, avec les lèvres cyanosées ; les veux sont excavés, le pouls est petit, rapide; le corps se cuû- vre d’une sueur profuse, les extrémités se refroidissent et le thermomètre dénote un abaissement de la température. Gubler attribuait ces Symptômes au périlonisme qui se rencontre dans tous les traumatismes importants de l'abdomen, au début desquels il domine toute la scène. Parfois, après l'accident, le blessé est à Lerre sans pouvoir se relever; il est agité ou dans un étal d'anéantissement et de prostration. Quelques malades ont la sensation d'une rupture abdominale.
Plus souvent les sujets ressentent une douleur vio-
HPOBTEL
lente mais peuvent se lever, faire quelques pas. Certains ont pu rentrer chez eux à pied après avoir fait quelquefois plusieurs kilomètres, et les accidents ne paraissent éclater que quelques heures plus tard sans traumatisme nouveau. Bartels, Furbury semblent admettre que, en pareil cas, la rupture se fait en deux temps, mais Phypethèse de Tuffier paraît plus vraisemblable : il s'agirait dé rupture secondaire d'adhérences préservatrices.
Symptômes locaux. — Le blessé accuse une douleur violente à l'hypogastre ou au périnée suivant l’action du traumatisme. La région pubienne est particulièrement sensible; [a moindre approche pour examen détermine un mouvement de défense. Cette douleur augmente au fur et à mesure que l'infiltration d'urine s'accentue. Les troubles urinaires sont {rès marqués. Les besoins d'uriner sont très fréquents etimpérieux : ils ne sont satisfaits que par lémission de quelques gouttes d'urine sanguinolente. L’hématurie est la règle; elle est plus ou moins abondante, parfois elle manque même à la première miction (Obs, 1).
En somme, dysurie, hématurie, douleurs vives sont le tableau habituel de la rupture vésicale. La miction spontanée se rétablit plus ou moins rapidement (14° heure dans l'obs. D). La force de projection de l'urine est sensiblement diminuée du fait de la lésion pariétale. A l’examen, on voit la région hypogastrique soulevée, distendue, globuleuse, Cet aspect est nettement arrêté au niveau de lombilic. Dans la région pubienne, dans la région périnéale, on voit souvent une vaste ecchymose, indice d'une fracture du pubis. Mais parfois lecchymose est tardive, apparaît autour de l’ombilie, s'élend progressivement (Obs. 1). Elle traduit une hémor-
CE S'y
ragie vésicale où dans la loge de Retzius, apparue à fa
paroi cutanée en suivant la voie de l'ouraque. Le palper perçoil une forte contracture de la paroi avec empâtement, mais c'est un œdème dur ne gardant pas l'empreinte di doigt, prédominant à la région sus-pelvienne, limité par un triangle à sommet ombilical, à bords parallèles aux artères ombilicales. La percussion de cette région est male pendant les premiers jours: plus tard, sous l'influence d'une infection putride, des gaz peuvent se former et la percussion donne une sonorité de tambour, Dans les fosses iliaques il y a parfois matité par épanchement. Le toucher rectal dénote une infiltration sur ses parois latérales. |
Le cathétérisme urétral est facile, il ne donne issue qu'à une minime quantité d'urine teintée de sang, mais il ne vide pas (ou exceptionnellement) le globe hypogastrique qui aurait pu être interprété comme vésical.
Le malade abandonné à lui-même, l’évolution est différente suivant l’état des urines, suivant le degré de la rupture vésicale. Avec des urines infectées, les symptômes deviennent rapidement alarmants, la septico-pyémie en est la conséquence. Avec des urines saines, il va une période de latence qui peut être très longue. Le sujet présente un état fébrile peu élevé qui est interprété comme une fièvre de résorplion, leechymose étant la preuve de l’hémorragie. Puis, au bout de 6, 8 jours, parfois 14 (Obs. 1) éclate un frisson qui annonce la formation du phlegmon. Ce phlegmon se propage, ilest diffus ; l'état général s'aggrave rapidement et la mort survient. Ou bien la barrière s'établit, le phlegmon devient abeès qui peu à peu se fraye un chemin vers la peau de l'abdomen ou vers le péritoine. Parfois Ta guérison survient sans formation d'abcès. La ruplure est
— 28 — = minime, l'infiltration est légère, très limitée ; elle se résorbe spontanément. Tels sont les cas de Drapier, de Delamarre, de Sieur. Ces faits-là sont fort rares, et il
ne faut pas compter sur pareille éventualité en présence
d'une rupture. Plus souvent, en dehors de toute inter-
vention, l’évolution spontanée de la rupture extrapéritonéale est la mort, tantôt avecles signes d'intoxication urineuse aiguë, tantôt avec ceux d’une péritonile par propagation, plus rarement au milieu des désordres de la seplicémie chronique. Se
Ilest presque inutile d'ajouter que, indépendamment des divers symptômes que nous venons de mentionner, on constate encore ceux qui dépendent des fractures du bassin si fréquentes en pareil cas.