DIAGNOSTIC
Le diagnostic, en général facile, se fonde sur les commémoralifs, les résultats du cathétérisme et l'apparition de Ia périlonite ou des complications urineuses. Il importe de le faire précocement, alors que l'infection n’a pas encore gagné tous lesinterstices périvésicaux, interstices d'un abord chirurgical difficile et souvent incomplet. On ne confondra pas la rupture vésicale avec la rupture de Purètre. Le diagnostie est délicat, lorsque la rupture portant sur le bas-fond vésical a été occasionnée par une chute à califourchon (Obs. Mollière). On dit bien que dans le premier cas le cathétérisme est facile, impossible dans le second.
Mais c'est un élément de diagnostic pen recommandable, puisqu'il expose aux fausses routes, et aux propagations d'infection urineuse. Dans ce cas le diagnostic se fera à l'intervention. L'essentiel sera d’avoir établi Ta rupture d'un point de l'arbre urinaire el décidé l'urgence de l'intervention.
On fera aussi le diagnostic différentiel d'avec la contusion de l'abdomen, où les symptômes vésicaux manquent entièremént. Cependant on peut avoir des difficultés de
Ha) deux sortes: — ou bien il y a simple contusion abdominaleetl'on croit àune rupture qui n'existe pas, parce qu'un cathétérisme ne ramène pas d'urine: c'est que le blessé avait uriné immédiatement avant l'accident; la marche des symplômes ne tarde pas d’ailleurs à mettre sur la voie du diagnostic ; — ou bien la rupture exisle, mais sa symplomatologie est fruste (Obs. 1), n'y a pas d'hématurie, la dysurie est à peine marquée et ne dure que quelques heures ; la douleur abdominaled’autre part est intense avec un pouls et une respiralion qui ne sont pas alarmants * on pense alors à une contusion simple, d’où la nécessité d'examen complémentaire. Cliniquementest très importante cette saillie régulièrement globuleuse et
douloureuse de la région hypogastrique, saillie qui est:
mate à la percussion, faible, superficielle.
L'ecchymose périombilicale à elle aussi une grande valeur diagnostique, puisqu'elle apparaît là après avoir cheminé le long des gaines qui se rendent à l’ombihe et tout particulièrement celle de l’ouraque. |
La cystoscopie pourra être un élément précieux, indiquant non seulement la lésion, mais son siège, ses dimensions. Malheureusement elle n’est pas à la portée de tous les praticiens. Privé du cystoscope, le clinicien ayant porté le diagnostic de rupture vésicale doit reconnaître dès le début si la solution de continuité est intra ou extrapéritonéale, Cette distinction est de la plus haute importance au point de vue pratique.
La confusion est d'autant plus à craindre que les symplômes initiaux peuvent être, à quelques nuances près, les mêmes, el que les signes locaux, notamment ceux fournis par le cathétérisme, sont souvent identiques. [n’est assurément pas facile d'affirmer que le bec de la sonde, après avoir dépassé les limites de la
RSR vessie, se lrouve dans le péritoine ou dans le tissu cel-' lulaire pelvien ; c'est d'ailleurs une recherche dangereuse à faire; or, si l'on veut intervenir-en temps Opportun, il est indispensable de poser nettement ce diagnoslc, en l'absence duquel toute intervention opératoire risquerail d'être incomplète el insuffisante. La présence des signes de Morel, l’instantanéité de réplétion de la vessie, l'évacuation constante d’une égale quantité, sera en faveur d'une rupture intrapéritonéale.
À dessein nous avons jusqu'ici passé sous silence certains moyens d'investigation qui sont plutôt dangereux qu'utiles: nous voulons parler de l'insufflation d'air ou de l'injection de liquide antiseptique dans la vessie. Calot, Mac Cormac, Keen proposent de faire des injections d'air stérilisé. Guyon préconise l'injection d'eau boriquée. Si la vessie est saine, elle se distend rapidement et forme à lhypogastre le globe classique ; si elle est rompue, le globe apparait peu où point, le liquide fusant par la rupture-et s'infiltrant dans les parties voisines. Tuffier considère ces explorations comme dangereuses, et, de plus, les résultats sont inconstants: nous n'en voulons pour preuve que l’intéressante observation rapportée par Bryant dans laquelle le liquide injecté ressortait Lotalement par la sonde bien qu'il existat une rupture intrapéritonéale. ;
En somme, par un examen minutieux on peut arriver à établir le diagnostic précoce de rupture extrapéritonéale. Les signes principaux en sont: l'impossibilité d’uriner, l'hématurie ou du moins la présence de sang dans la vessie, le cathétérisme facile, la saillie globuleuse de lhypogastre, lecchymose périombilicale, l'absence des signes de Morel.
De la précocité de ce diagnostic dépendra souvent le
suëcès de l'intervention. Il est incontestable que le pronostié des ruplures extra n’est pas aussi sombre que celui des rupturés intrapéritonéales. Le «Gui pérsecta vésica lethale » d'Hippocrate n’est pas exact dans cette variélé anatomique. Mais la mort survient souvent par le mécanisme que nous avons indiqué. Follin et Duplay indiquent une mortalité de 73 p. 100. Le chiffre est aujourd'hui moins élevé, grâce aux progrès de lantisepsie, grâce surtout à la précocilé de l'intervention,