‹ Des Ruptures Tendineuses Sus-RotuliennesChapitre 24 sur 43 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

M. DEMEAUXx (service de M. Velpeau), Guz. méd. 1842

En 1838, un homme de 72 ans, terrassier, entra à la Charité ; il était tombé d’un échafaudage dans un fossé de 15 pieds.de pro- . fondeur. Il avait fait pour se retirer de vains efforts. Au moment de sa chute, il sentit un craquement dans la cuisse gauche; il éprouva une vive douleur; il assure qu'aucun corps contondant n’a porté pendant sa chute sur la cuisse affectée; il ne peut la soulever, il se fait transporter immédiatement à l’hôpital où il est examiné une heure après l'accident. Voici l'état du malade :

Pas de traces de contusions sur aucune partie du corps, si ce n’est aux mains et à l’avant-bras gauche, où il y avait quelques petites déchirures. L’articulation du genou gauche examinée avec soin ne présente aucune altération; la rotule présente une mobilité anormale; mais on constate facilement qu’elle est intacte à trois travers de doigt, au-dessus on voit une dépression transversale. La moindre pression exercée dans ce point détermine une vive douleur. On reconnait facilement, du côté de la rotule surtout un fragment de tendon dontla rupture est bien nette; la partie supérieure du même tendon présente, au contraire, une interruption moins nette. Le malade ne peut soulever la jambe ; mais si on la soulève, elle n’éprouve aucune douleur. On applique un bandage imbibé d’un liquide résolutif. Le lendemain, la région est violacée ; il y a un peu de tuméfaction, mais pas de douleur. On applique un appareil dextriné depuis larégion des orteils, jusqu’au-dessus des trochanters. Le membre était dans l’extension. Le malade à gardé le lit vingt jours, après quoi il a pu se lever et marcher avec des béquilles. Le trente-cinquième

Sons à er

jour lappareil à été enlevé; alors on trouve toute la cuisse violacée ; il n’y avait point de dépression au niveau de la rupture, pas de douleurs. Le malade a pu marcher avec des béquilles, se tenir sur sa jambe entourée d’un bandage simple. Au bout de 45 jours, le malade est sorti de l’hôpital, marchant sans béquilles.

Page 1