‹ Des Ruptures Tendineuses Sus-RotuliennesChapitre 26 sur 43 · OBSERVATION XVII. — LAMARE PICQUOT · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII. — LAMARE PICQUOT

J. de Malgaigne.

Le 12 avril 1839, M. Pasquier, âgé de 72 ans, d’une constitution fort robuste, montait rapidement un sol incliné. Le pied droit glissa en arrière, et la jambe gauche se trouva supporter toute la résistance du corps. La chute fut immédiate, et M. Pasquier éprouva, au genou gauche, la sensation d’un coup violent reçu sur cette partie. Impossibilité de se relever.

M. Pasquier fut porté chez lui, où je fus appelé peu d’instants après l'évènement. 1

La rotule gauche était intacte; mais, au lieu de rencontrer le tendon de l’extenseur de la jambe attaché au bord supérieur de cet 05, il existait, immédiatement au-dessus de la rotule, une dépression dans laquelle on pouvait placer les extrémités de deux doigts de la main. Le blessé ne ressentait aucune douleur à la partie lésée.

J'appliquai un bandage roulé sur toute la longueur du membre, que je plaçai, bien soutenu par une longue attelle, sur un plan incliné, de manière que le pied fût élevé de 25 centimètres de plus que le pli de laine.

Dans cette position, les extenseurs de la jambe étaient dans un état de relâchement complet et la compression, exercée sur la cuisse que le bandage roulé diminuait beaucoup la dimension dela dépression dont il est fait mention plus haut. — Le bandage roulé fut réappliqué chaque fois qu’il se relâchait.

Après 50 jours passés dans cette position, je fis leverle malade, et étant debout, il exerça facilement quelques mouvements bornés du genou; cette manœuvre fut répétée les jours suivants, sans fléchir beancoup la jambe.

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Le G0e jour, il fit quelques pas en s'appuyant sur des béquilles, qui, peu de jours après, furent remplacées par un bâton.

Pendant longtemps, M. Pasquier ressentit de la faiblesse dans le membre pelvien gauche,surtout quand il descendait un terrain en pente. Aprésent la marche est aussi libre qu'avant l'accident.

OBSERVATION XVIII.— LAMARE-PICQUOT. — J! de Malgaigne 1845

Le 17 octobre 1841, M. Irouside, anglais, descendait rapidement l’escalier d’un hôtel de Caen, un pied lui glissa et il tomba brusquement sur lui-même, sans pouvoir se relever.

M. le d' Duvard fut appelé immédiatement, et reconnut une rupture du tendon des extenseurs de la jambe: il appliqua à la hâte un appareil pour maintenir lajambe dans un état d’extension; puis le blessé fut placé sur le coussin du coupé d’une grande voiture et arriva à Honfleur dans l'après-midi.

Je constatai une dépression de plus d’un doigt de largeur audessus du bord supérieur de la rotule gauche, non-lésée : cette dépression augmentait beaucoup en largeur dansles mouvements de flexion de la jambe ; ceux d'extension étaient impossibles.

Le même appareil, mentionné dans l'observation précédente fut appliqué.

Le 60e jour M. Irouside commença à marcher avec des béquilles, auxquelles on substitua bientôt une canne.

La souplesse tarda à revenir dans le membre ; toutefois, dès le mois d’avril M. Irouside ne se servit plus de canne.

Présentement M. Irouside demeure à Paris. C’est de lui que je tiens tous les détails relatifs à son accident. It ajoute que le Dr Duvard lui écrivit, dans le temps, pour connaître les suites de l’accident et les moyens de traitement employés, attendu que

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les auteurs, et Astley Cooper même donnaient peu de renseignements satisfaisants sur ce cas de chirurgie.

OBSERVATION XIX. — Roux. — Annales de Thérapeutiques

1846, p. 103, cité par Benit

Un jeune homme, âgé de 23 ans, cordonnier, de bonne constitution, descendait un escalier, quand le tendon de sa botte fut retenu dans le trou d'une marche; il a perdu l’équilibre et a fait de violents efforts pour ne pas tomber. Durant ces efforts, il a perçu un claquement, un sentiment de rupture dans les dèux genoux successivement, et il est tombé ; mais il ne peut se rappeler dans quelle posture étaient son tronc et ses membres au moment de la rupture. Impossibilité de se tenir debout. Transporté à l'hôtel Dieu, salle Sainte-Marthe. Genoux gonflés, comme hydrartiques ; renflements au-dessus des rotules ; rotules saines, mouvements très larges de latéralité; chute si le malade veut se tenir debout. On a facilement constaté la rupture des ? tendons, qui s’est opérée au niveau des 2 rotules; un écartement de plusieurs centimètres existait entre les rotules et le bout rétracté des tendons. M. Roux fait placer les 2 membres sur un plan incliné, comme pour les fractures transversales de la rotule ; bandage unisasnt.

Albert Delon 9

OBSERVATION XX. — RENOUARD. — Gazette médicale 184

M. Raffard, âgé de 59 ans, d’une bonne santé, accidentellement sujet autrefois à quelques atteintes de goutte et de rhumatisme, heurta du pied contre une poutre et manqua tomber la tête en avant. Dans l'effort qu'il fit pour se retenir, il éprouva une vive douleur aux 2 genoux ; un instant après il sentit ses jambes plier sous lui, se laissa choir et ne put se relever. On le trouva les jambes dans la flexion forcée. On le replaça, non sans peine, dans Pextension ce qui le soulagea beaucoup. Il fut porté dans son lit. L'accident était arrivé le 12 août 1836. Deux jours après, le blessé ne sentant aucune douleur, se crut guéri et voulut se lever; mais ayant essayé de faire quelques pas il tomba de nouveau et ne put se relever seul. Un médecin étant venu au bout de G jours maintint l'extension complète du membre inférieur au moyen de bandes et d'attelles: de temps en tempsil levait l'appareil pour faire exécuter quelques légers mouvements.

Après deux mois de repos au lit il y avait peu de progrès vers la guérison. Le malade se fit transporter en voiture à Paris, dont sa résidence était éloignée de 127 lieux. M. Renouard constata alors que le commencement des muscles droit antérieur et triceps fémoral avait été rompu aux deux cuisses, juste au niveau de son insertion à la rotule. Le bout supérieur était distant de la rotule de environ 3 centimètres. Si le malade étant sur son séant et le membre dans l'extension complète on repoussait d’une main la rotule en haut, tandis que de l’autre on refoulait en bas fe tendon rompu, l'écartement diminuait de plus de moitié, mais aussitôt les mains retirées, les parties reprenaient leur position pace vide .qui les sépare n'a pas un demi-centimètre de largeur.

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primitive. L’écartement paraissait avoir plus de profondeur du côté gauche que du droit.

Le malade étant assis ou couché sur un plan horizontal, si on lui commandait de lever une jambe tendue, cela lui était de toute impossibilité pour la gauche. Il parvenait à élever la droite de quelques centimètres. Il fléchissait à volonté la jambe, mais ne pouvait l’étendre. Enfin il était incapable de se tenir un moment debout tout seul.

Aucun bandage ne put parvenir à mettre en contact le bout du tendon rompu et la rotule. On jugea au moins inutile d'essayer, dans ce but, la suture ; il fallut se borner à tenir les parties autant rapprochées que possible, en plaçant les membres pelviens d’une extension continue. Le droit fat maintenu au moyen d'une bande roulée et de 2 petites attelles, le gauche qui était le plus malade au moyen d’un appareil fabriqué sur les indications de M. Jobert (l’auteur n’en donn: point la description). Il permettait de découvrir le membre pour y faire des frictions stimulantes.

Cinq mois et demi en tout après l'accident on enleva l'appareil. Le malade était en état de se promener dans la chambre avec deux béquilles, il restait même debout quelque temps sans aucun appui. Enfin l’amélioration augmenta peu à peu, si bien qu'au bout de 6 autres mois, il reprit ses longues promenades à pied, en s’aidant toutefois d’une canne surtout pour monter les

escaliers.

MODE SPÉCIAL DE RÉUNION. — Lorsque le blessé étendait la jambe sur la cuisse, on voyait se dessiner sous la peau deux cordes qui partant de chaque angle supérieur de la rotule montaient parallèlement l’une à Pautre et allaient se perdre dans les lèvres aux 2 côtés du tendon rompu. Ces cordons sous-cutanés, d’abord minés, très-grêles et distants l’un de l’autre de toute la largeur de la rotule se sont fortifiés et élargis peu à peu en se rapprochant de la ligne médiane du membre. Aujourd’hui les -

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